Le rendement de l’OAT à dix ans en passe d’enregistrer sa plus forte hausse trimestrielle depuis 1987
(RPT mot manquant 9e para)
par Alun John
LONDRES, 30 septembre (Reuters) – Le rendement des obligations françaises à dix ans devrait enregistrer ce mercredi sa plus forte hausse trimestrielle depuis près de 40 ans et sa plus importante progression mensuelle en près de quatre ans, soulignant l’ampleur de la vague de cession de ces créances observée en septembre à l’échelle mondiale.
Même si les rendements souverains de la zone euro reculent mercredi après les sommets atteints en début de semaine, le reflux reste limité par les nouveaux chiffres de l’inflation publiés en France, en Allemagne et en Italie.
Les rendements obligataires ont bondi ce mois-ci dans la perspective d’un durcissement monétaire de la part des grandes banques centrales sur fond de flambée des coûts de l’énergie, alimentant les craintes d’une inflation hors de contrôle.
L’essor de l’intelligence artificielle (IA), qui stimule la croissance économique, a également conduit les investisseurs à se préparer à des taux d’intérêt durablement élevés.
A ces facteurs en cours dans le monde, s’ajoute le déficit budgétaire galopant de la France qui pourrait ne pas se résorber dans un avenir prochain alors que l’élection présidentielle, prévue en avril et mai, donne lieu à une surenchère de promesses de dépenses de la part des candidats.
Le rendement de l’OAT française à dix ans frôle désormais les 5% et a touché mercredi en séance 4,8349%, proche du pic de 18 ans atteint mardi.. Il a progressé au total, à ce stade, de 61 points de base (pdb) sur l’ensemble du mois septembre, sa plus forte hausse mensuelle depuis fin 2022. La prime demandée par les investisseurs pour l’OAT à dix ans est ainsi nettement supérieure à celle exigée pour les obligations équivalentes des autres grands pays de la zone euro.
Sur une base plus élargie, le rendement de l’OAT à dix ans a progressé de 113 points de base depuis début juillet, ce qui représente sa plus forte hausse trimestrielle depuis 1987.
EMPRUNT DE €340 MILLIARDS EN 2027
Cela commence à peser sur la marge de manœuvre du gouvernement qui doit présenter jeudi un projet de loi de finances avec 54 milliards d’euros d’effort de redressement des comptes.
Pour couvrir un déficit budgétaire très élevé, l’Agence France Trésor a annoncé mardi que la France allait émettre l’an prochain 340 milliards d’euros d’obligations à moyen et long terme, un montant record.
La charge de la dette devrait désormais être supérieure de cinq milliards d’euros en 2026 et de sept milliards d’euros en 2027 par rapport aux montants prévus il y a un an.
« La hausse des taux d’intérêt devient donc une source de détérioration budgétaire, rendant encore plus difficile la stabilisation de la dette publique », a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING.
Le « spread », c’est-à-dire l’écart entre les coûts d’emprunt à dix ans de la France et de l’Allemagne, s’affiche désormais à 124 points de base, le niveau le plus élevé depuis 2012.
« Une amélioration de la situation au Moyen-Orient et un recul des prix de l’énergie pourraient faire baisser les taux d’intérêt européens. Mais en l’absence d’une amélioration politique ou budgétaire en France, les chances d’un resserrement significatif de cet écart semblent limitées », a prévenu Charlotte de Montpellier.
Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, reculait mercredi de 4,5 points de base, à 3,56%, s’éloignant de la zone des 3,65% atteinte lundi, son plus haut niveau depuis 2009.
Il a néanmoins, à ce stade, progressé de 26 points de base sur le mois de septembre.
L’INFLATION TEMPÈRE L’OPTIMISME
La stabilisation des cours du pétrole, même s’ils restent des niveaux élevés, ainsi que la réticence des banquiers centraux à se plier aux anticipations du marché quant à des hausses rapides et soutenues des taux directeurs, ont contribué récemment à apaiser un peu les opérateurs.
Selon les analystes, certains rééquilibrages de fin de trimestre ont peut-être également joué un rôle.
Aux Etats-Unis, le président de Fed de New York, John Williams, a déclaré mardi que la banque centrale américaine disposait du temps pour évaluer les données économiques avant de procéder à un éventuel relèvement supplémentaire de ses taux directeurs. Cela a incité les traders à revoir à la baisse leurs anticipations d’un renchérissement du coût du crédit en octobre.
En zone euro, Peter Kazimir, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a déclaré que l’institution de Francfort disposait également d’une marge de manœuvre sur les taux, reprenant ainsi dans les grandes lignes les propos tenus lundi par la présidente de la BCE, Christine Lagarde.
Les rendements européens à court terme, notamment ceux à deux ans, plus sensibles à la politique de la BCE, ont baissé davantage que ceux à dix ans. Le rendement du Bund à deux ans cédait mercredi 6,8 points de base, à 3,20%.
Les données préliminaires sur l’inflation publiées ce mercredi dans plusieurs pays européens, en attendant celles vendredi de l’ensemble du bloc monétaire, ont montré que la pression sur la BCE pourrait continuer à s’accentuer.
L’inflation allemande, calculée selon les normes européennes (IPCH), a ainsi accéléré plus que prévu, à +3,3% sur un an en septembre, tandis qu’en France elle est ressortie à 3,4% en rythme annuel, son niveau le plus élevé depuis janvier 2024. En Italie, l’indice des prix à la consommation a grimpé à 41% sur un an.
(Reportage Alun John; version française Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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