Un drone provoque un incendie près d’une centrale nucléaire aux Emirats
DUBAI, 17 mai (Reuters) – Une frappe de drone a déclenché un incendie à proximité d’une centrale nucléaire des Emirats arabes unis dimanche, ont annoncé les autorités émiraties plus de cinq semaines après la trêve entre les Etats-Unis et l’Iran.
Dans un message sur son réseau Truth Social, Donald Trump a réitéré ses menaces contre Téhéran. « Pour l’Iran, le temps presse, et ils feraient mieux de se bouger, VITE, ou il ne restera plus rien d’eux. LE TEMPS EST COMPTÉ », a déclaré le président américain.
Selon le site d’information Axios, Donald Trump réunira mardi ses conseillers de sécurité nationale pour discuter des options d’action militaire concernant l’Iran.
Les autorités des Emirats arabes unis ont dit enquêter sur l’origine de la frappe qui a touché un générateur électrique situé à l’extérieur de l’enceinte de la centrale nucléaire de Barakah, dans la région d’Al Dhafra, et provoqué un début d’incendie.
Elles ont souligné que les Émirats étaient pleinement en droit de répondre à de telles « attaques terroristes ».
Un conseiller diplomatique du président émirati Mohamed ben Zayed Al Nahyan a déclaré qu’il s’agissait d’une dangereuse escalade, qu’elle soit perpétrée par « l’auteur principal » ou par l’un de ses mandataires.
Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a déclaré que deux autres drones lancés de la « frontière ouest » avaient été neutralisés « avec succès », sans plus de détails.
Aucune victime n’a été signalée, selon l’Autorité fédérale de la régulation nucléaire qui a également rassuré sur les niveaux radiologiques, confirmant que les systèmes essentiels de la centrale nucléaire fonctionnaient normalement.
Les Emirats arabes unis ont fait face à plusieurs attaques de missiles et de drones depuis le début du conflit entre l’Iran d’une part et les Etats-Unis et Israël d’autre part.
Certaines de ces attaques originaires d’Iran ont visé des infrastructures maritimes et énergétiques, selon les autorités émiraties.
L’AIEA VIGILANTE
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a rapporté que les Emirats arabes unis avaient assuré que les niveaux de radiation de la centrale nucléaire restaient normaux à la suite de l’incident.
« L’AIEA suit avec attention la situation et est en contact constant avec les autorités des Emirats arabes unis et se tient prête à fournir de l’assistance si besoin », a déclaré l’agence onusienne.
Plus de cinq semaines après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu fragile, aucun accord entre Washington et Téhéran ne semble se dessiner tant les exigences américaines et iraniennes restent très éloignées malgré les efforts diplomatiques déployés pour mettre fin à la guerre et rouvrir le détroit d’Ormuz.
Washington exige de Téhéran qu’il démantèle son programme nucléaire et lève son emprise sur le détroit. L’Iran réclame des réparations de guerre, la levée du blocus américain des ports iraniens et un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban, où Israël combat le Hezbollah, soutenu par l’Iran, malgré une trêve officielle avec l’Etat libanais.
Donald Trump, qui s’est entretenu cette semaine avec le président chinois Xi Jinping sans obtenir de la Chine l’assurance qu’elle contribuerait à la résolution du conflit, menace régulièrement de reprendre les attaques si l’Iran n’accepte pas d’accord.
Un porte-parole des forces armées iraniennes, Abolfazl Shekarchi, a déclaré dimanche que si les menaces de Trump étaient mises à exécution, les États-Unis seraient « confrontés à des scénarios nouveaux, agressifs et surprenants, et s’enfonceraient dans un bourbier qu’ils auraient eux-mêmes créé ».
(Rédigé par Tala Ramadan, avec les bureaux de Reuters; version française Zhifan Liu et Jean-Stéphane Brosse)
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