Trump a reçu la cheffe de l’opposition vénézuélienne à la Maison blanche
WASHINGTON, 15 janvier (Reuters) – Donald Trump a reçu jeudi à la Maison blanche la cheffe de file de l’opposition vénézuélienne Maria Corina Machado, une rencontre qui pourrait peser dans la façon dont le président américain conçoit l’avenir politique du Venezuela, qu’il entend redessiner, après que Washington a mené ce mois-ci des frappes contre Caracas pour capturer le président Nicolas Maduro.
Un déjeuner était prévu à la Maison blanche pour ce qui constituait la première rencontre entre Donald Trump et Maria Corina Machado, qui ne s’étaient plus entretenus depuis un échange téléphonique le 10 octobre dernier, jour de l’annonce de l’attribution à Machado du prix Nobel de la paix.
Maria Corina Machado a déclaré à l’issue de cette rencontre avoir remis sa médaille du prix Nobel de la paix à Donald Trump, sans que l’on ne sache dans l’immédiat si le président américain l’a acceptée. Trump convoite de longue date cette récompense.
S’exprimant devant les journalistes, la cheffe de file de l’opposition vénézuélienne a dit vouloir par ce geste saluer l’engagement de Donald Trump à la liberté du peuple vénézuélien.
Après avoir fui en décembre le Venezuela, où elle est visée depuis une décennie par une interdiction de voyage imposée par le gouvernement de Nicolas Maduro et vivait dans la clandestinité, Maria Corina Machado cherche à avoir l’oreille du président américain et à s’assurer qu’elle jouera à l’avenir un rôle dans la gouvernance du pays d’Amérique latine.
Maria Corina Machado a décrit sa rencontre avec Donald Trump comme « excellente », sans effectuer de commentaire sur la teneur des discussions, qui semblent avoir duré un peu plus d’une heure. Elle s’est ensuite entretenue au Capitole avec plus d’une dizaine de sénateurs républicains et démocrates.
Pendant que se déroulait le déjeuner à la Maison blanche, la porte-parole de la présidence américaine a déclaré que Donald Trump avait été impatient de rencontrer l’opposante vénézuélienne, « une voix courageuse pour de nombreux Vénézuéliens », a-t-elle dit.
Karoline Leavitt a cependant ajouté que Donald Trump n’avait pas changé d’avis sur le fait que Maria Corina Machado n’était pas la personne idoine pour diriger le Venezuela à court terme.
TRUMP FAIT L’ÉLOGE DE LA PRÉSIDENTE INTÉRIMAIRE
Depuis la capture par l’armée américaine de Nicolas Maduro, dont la réélection à la présidence vénézuélienne avait été contestée par des puissances occidentales, un éventail d’opposants vénézuéliens, de membres de la diaspora et de politiciens aux Etats-Unis et dans la région ont exprimé leur espoir de voir le Venezuela opérer une transition démocratique.
Mais, pour l’heure, Donald Trump rejette l’hypothèse de la tenue d’élections à court terme, disant que Washington va contrôler le pays pour se focaliser sur sa reconstruction économique et garantir aux Etats-Unis un accès à ses vastes ressources pétrolières. Washington a annoncé un accord en ce sens avec le gouvernement intérimaire à Caracas.
Au lendemain de l’opération militaire du 3 janvier pour capturer Nicolas Maduro, le président américain a exprimé des doutes sur la capacité de Maria Corina Machado à gouverner le Venezuela, déclarant aux journalistes que celle-ci ne bénéficiait « ni de soutien, ni de respect » dans le pays.
Le chef de la Maison blanche a en revanche fait l’éloge à plusieurs reprises de Delcy Rodriguez, vice-présidente de Nicolas Maduro nommée plus tôt ce mois-ci présidente intérimaire du Venezuela. « Il est très facile de discuter avec elle », a-t-il dit mercredi dans une interview à Reuters.
Maria Corina Machado avait été interdite de se présenter à l’élection présidentielle vénézuélienne de 2024 par une décision de la plus haute juridiction du pays, composée d’alliés de Nicolas Maduro. Des observateurs internationaux ont à l’époque dit penser qu’Edmundo Gonzalez, éminent opposant à Maduro soutenu par Machado, avait remporté le scrutin.
Parmi les potentiels sujets de discussion lors du déjeuner à la Maison blanche figurait le prix Nobel de la paix, tant désiré par Donald Trump. Alors que Maria Corina Machado avait évoqué par le passé l’idée de remettre sa médaille au président américain, le comité du Nobel avait rappelé que le prix ne pouvait pas être transféré ou partagé.
Donald Trump avait nié mercredi vouloir que Maria Corina Machado lui offre son prix. « Non. Elle a remporté le prix Nobel de la paix », a-t-il dit à Reuters.
(Nandita Bose, Steve Holland et Gram Slattery; version française Jean Terzian)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.


