Taïwan continue de rechercher des disparus après le passage du typhon Ragasa
HUALIEN, Taïwan (Reuters) – Les autorités taïwanaises continuaient de rechercher jeudi 33 personnes portées disparues après le passage du super-typhon Ragasa, qui a provoqué la rupture d’un lac de barrage à Hualie et entraîné la mort de 14 habitants, chiffre révisé à la baisse après un premier bilan de 17 morts.
Le pays est pourtant habitué aux typhons et dispose de procédures d’évacuation bien rodées, en particulier sur la côte est, montagneuse et peu peuplée. Les victimes sont surtout des personnes âgées qui n’ont pas pu se mettre à l’abris dans les étages de leur maison.
« Au-delà du deuil, nous devons comprendre pourquoi la majorité des décès a eu lieu au rez-de-chaussée », a déclaré le Premier ministre Cho Jung-tai, promettant une révision des protocoles d’évacuation.
Dans les campagnes, le vieillissement démographique est marqué, les jeunes partant en ville. Beaucoup de victimes souffraient de problèmes de mobilité, a précisé un responsable local.
Le fossé numérique a aussi joué : certains habitants, peu familiers avec les téléphones portables, n’ont pas pris au sérieux les messages d’alerte.
Chang Chih-hsiung, représentant de la jeunesse de la tribu Amis, a souligné que les briefings du chef de village n’avaient pas suffi à convaincre. Certains quartiers avaient été totalement évacués et n’ont finalement pas été touchés, tandis que d’autres, où les habitants avaient simplement gagné les étages supérieurs, ont subi le pire des crues.
À Dama, en revanche, l’ordre d’évacuation obligatoire a permis d’éviter des pertes humaines. Mais ailleurs, beaucoup ont cru qu’une « évacuation verticale » suffirait.
Les inondations ont aussi détruit une route principale, un pont a été emporté, ne laissant que ses piliers visibles au milieu de la rivière. Des images de drones montrent également des maisons encerclées par la boue.
Le lac, formé après de précédents glissements de terrain, reste sous surveillance. L’option d’utiliser des explosifs pour le drainer a été écartée, jugée trop risquée.
« L’alerte rouge est toujours en vigueur. Évitez la rivière », a averti le ministre de l’Agriculture Chen Junne-jih.
(Reportage Yimou Lee, Fabian Hamacher et Ann Wang, rédigé par Ben Blanchard ; version française Noémie Naudin, édité par Kate Entringer)
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