Scholz pense que la France n’a pas enterré le projet de gazoduc transpyrénéen
LA COROGNE/BERLIN (Reuters) – Le chancelier allemand Olaf Scholz a déclaré mercredi qu’il n’avait pas le sentiment que Paris avait enterré le projet de gazoduc entre l’Espagne et la France, et souligné que l’Europe avait besoin de davantage d’interconnexions énergétiques pour se passer des hydrocarbures russes.
« Nous n’avons pas l’impression que cela a été écarté », a dit le chef du gouvernement allemand à l’issue d’un entretien avec son homologue espagnol Pedro Sanchez à La Corogne, dans le nord de l’Espagne.
« Certaines connections ne sont peut-être pas rentables tous les jours, mais elles peuvent le devenir », a-t-il ajouté, alors que le président français Emmanuel Macron s’est dit à plusieurs reprises peu convaincu que le projet de gazoduc transpyrénéen MidCat (Midi-Catalogne) soit la réponse à l’urgence énergétique du moment.
Lancé en 2013, le projet MidCat (Midi-Catalogne), qui devait relier une ville au nord de Barcelone à Barbaira, dans l’Aude, a été suspendu en 2019, jugé trop coûteux et dommageable pour l’environnement, mais Madrid et Berlin n’ont pas renoncé à sa construction.
« Nous continuerons tous deux à faire pression en faveur d’une capacité d’interconnexion plus élevée de la péninsule ibérique afin de renforcer sa contribution à la sécurité de l’approvisionnement de l’ensemble de l’UE », lit-on dans leur projet de plan d’action commun consulté par Reuters avant la rencontre entre Olaf Scholz et Pedro Sanchez.
« La construction d’un gazoduc à hydrogène suffisamment grand pour traverser les Pyrénées et être opérationnel d’ici 2025 est d’une importance capitale pour atteindre un marché intérieur de l’énergie véritablement solide au sein de l’UE, accélérer la transition écologique et renforcer l’autonomie stratégique de l’UE », poursuit le document.
Outre l’hydrogène, le gazoduc Midcat pourrait permettre d’acheminer du gaz naturel algérien ou du gaz naturel liquéfié (GNL) vers le nord de l’Europe, disent ses promoteurs.
(Reportage Kirsti Knolle, version française Diana Mandiá et Tangi Salaün)
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