L’Ukraine dit avoir remis aux USA un projet d’accord sur ses ressources en minerais
par Tom Balmforth et Jonathan Landay
KYIV (Reuters) – L’Ukraine a remis vendredi aux Etats-Unis ses propositions en vue d’un accord bilatéral sur ses ressources en minerais après avoir finalisé son travail sur le projet, Kyiv cherchant à s’assurer du soutien de Donald Trump alors que le président américain tente de mettre rapidement fin à la guerre avec la Russie.
Selon deux sources au sein de la délégation ukrainienne présente à la conférence de Munich sur la sécurité, la partie américaine a demandé jusqu’à 16h00 GMT pour examiner le projet d’accord, tandis que le président ukrainien Volodimir Zelensky et le vice-président américain JD Vance devaient se rencontrer vendredi en marge de la conférence.
L’Ukraine s’est déclarée prête à conclure un accord pour ouvrir ses vastes ressources en minerais aux investissements américains.
Interrogé sur la possibilité d’un accord sur les minerais entre Washington et Kyiv vendredi, JD Vance a répondu : « Nous verrons bien. »
Les minerais en question incluraient notamment les terres rares, ainsi que le titane, l’uranium et le lithium.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, s’est rendu mercredi à Kyiv et l’Ukraine s’est vu présenter un projet élaboré par les États-Unis. Volodimir Zelensky a déclaré que Kyiv l’étudierait en vue de parvenir à un accord à Munich.
Scott Bessent a déclaré vendredi à Fox Business Network que le plan de l’administration Trump pour mettre fin à la guerre lierait l’économie de Kyiv à celle des États-Unis, ces derniers devant apporter leurs « meilleures pratiques » en matière de privatisations.
« Cela commence en partie par une plus grande imbrication de l’économie ukrainienne avec celle des États-Unis, et par la garantie que les contribuables américains reçoivent un retour sur l’argent qu’ils investissent », a-t-il dit.
On ignore pour l’heure le contenu de l’accord envisagé et si le projet américain inclut des dispositions de sécurité pour l’Ukraine, que Kyiv veut obtenir pour se protéger contre une éventuelle nouvelle invasion dans le cadre d’une négociation qui mettrait un terme à la guerre avec la Russie.
ZELENSKY SE DIT INQUIET DE LA PROPOSITION AMÉRICAINE-SOURCES
Donald Trump, qui n’a pas précisé jusqu’à présent si l’aide militaire américaine à Kyiv serait maintenue, a déclaré qu’il visait 500 milliards de dollars de terres rares en provenance d’Ukraine et que le soutien de Washington devait être « sécurisé ».
Lors d’une réunion de 1h30 avec un groupe bipartisan de sénateurs américains à Munich, Volodimir Zelensky a exprimé son inquiétude quant à la proposition américaine d’investir dans les minerais ukrainiens, selon trois sources ayant connaissance de sa présentation.
« Il avait le sentiment qu’on lui demandait de manière déraisonnable de signer quelque chose qu’il n’avait pas eu l’occasion de lire », a déclaré l’une des sources, sous couvert d’anonymat. « Je ne pense pas qu’il ait apprécié qu’on lui donne un document à prendre ou à laisser. »
Volodimir Zelensky a discuté de sa propre proposition d’accord minier avec les États-Unis, a ajouté la source, précisant que cette proposition avait été rédigée de manière à se conformer à la constitution ukrainienne.
Deux autres sources ont qualifié la proposition présentée par Scott Bessent d' »unilatérale ».
Le sénateur démocrate Brian Schatz, interrogé après la réunion, a déclaré qu’il était « juste » de dire que Volodimir Zelensky jugeait la proposition américaine comme étant unilatérale.
Il a ajouté que la proposition de Donald Trump devait être « peaufinée », sans vouloir entrer dans les détails.
Volodimir Zelensky a exposé les contours d’un accord dans une interview accordée à Reuters la semaine dernière, dévoilant une carte montrant de nombreux gisements de minerais et affirmant qu’il proposait un partenariat mutuellement bénéfique pour les développer conjointement et non pas les « donner ».
(Reportage de Tom Balmforth à Kyiv et Jonathan Landay à Munich; avec Makini Brice à Paris, version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)
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