Liban: Un rapport d’audit relève des fautes dans la gestion de la banque centrale
BEYROUTH (Reuters) – Un rapport d’audit de la banque centrale du Liban recommande vivement de prendre des mesures pour atténuer les risques liés aux « fautes professionnelles » commises au sein de l’institution et indique que l’ancien gouverneur avait un pouvoir discrétionnaire « illimité » lorsqu’il a mis en oeuvre des politiques d’ingénierie financière coûteuses.
L’audit, réalisé par le cabinet comptable Alvarez & Marsal (A&M), a également trouvé des preuves que des « commissions illégitimes » d’un montant de 111 millions de dollars (101,26 millions d’euros) ont été versées à partir d’un compte de la banque centrale entre 2015 et 2020.
L’audit, dont une copie a été examinée par Reuters, couvre une période allant de 2015 à 2020.
L’ancien gouverneur Riad Salamé, qui a démissionné le mois dernier, a défendu sa politique dans des commentaires écrits à Reuters.
Le service de communication de la banque centrale a déclaré à Reuters que « les parties concernées ne sont plus à la banque ».
Fares Gemayel, conseiller média du Premier ministre intérimaire Najib Mikati, s’est refusé à tout commentaire.
L’audit d’A&M fait état d’un « manque de bonne gouvernance et de gestion des risques » au sein de la banque centrale, également connue sous le nom de Banque du Liban, et appelle à une amélioration de la surveillance.
Dans des commentaires écrits adressés à Reuters, Riad Salamé a déclaré que la qualification de mauvaise conduite était « arbitraire » et que la banque centrale avait agi conformément à la loi.
L’ingénierie financière de la banque a siphonné les dollars des banques locales à des taux d’intérêt élevés à partir de 2015 pour aider à financer l’État lourdement endetté. L’audit indique que la BDL a dissimulé des pertes d’un montant de 76 milliards de dollars grâce à l’ingénierie financière.
L’audit indique que la banque centrale a déclaré des bénéfices chaque année en transférant des coûts dans son bilan, même au cours d’années « où les pertes réelles s’élevaient à plusieurs milliards de dollars ».
Riad Salamé a déclaré qu’il n’y avait « aucune dissimulation » des pertes. Elles étaient publiées et conformes à la procédure comptable approuvée par le conseil central et communiquée au gouvernement, a-t-il ajouté.
(Reportage Maya Gebeily et Laila Bassam ; avec la contribution de Tom Perry ; version française Augustin Turpin, édité par Kate Entringer)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.



