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Les transporteurs cherchent des précisions sur la réouverture du détroit d’Ormuz

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SINGAPOUR, 8 avril (Reuters) – Les transporteurs cherchant à relancer le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz sont en quête de précisions sur les aspects logistiques, tandis que les raffineurs se renseignent de leur côté sur des nouvelles cargaisons de brut, suite à l’accord de cessez-le-feu conclu mercredi entre les États-Unis et l’Iran.

La plupart des pétroliers et de méthaniers bloqués par la guerre déclenchée le 28 février sont toujours immobilisés à l’intérieur du golfe Persique, selon les données de LSEG Shipping, quelques heures après l’annonce par le président Donald Trump de ce cessez-le-feu de 15 jours.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas ​Araqchi, a précisé que si les ‌attaques contre l’Iran cessaient, Téhéran mettrait fin à ses contre-attaques et assurerait un passage sûr à travers ​le détroit d’Ormuz en coordination avec ses ⁠forces armées « et en tenant dûment compte des contraintes techniques ».

Selon le service de suivi des navires Kpler, quelque 187 pétroliers transportant un total de ‌172 millions de barils de pétrole brut et ‌de produits raffinés se trouvaient dans le détroit mardi.

Avec plus de 1.000 navires de haute mer bloqués dans le Golfe, il faudrait probablement plus de deux semaines pour résorber le retard accumulé, même dans des conditions normales, a expliqué Daejin Lee, directeur mondial de la recherche chez Fertmax FZCO.

« Une fenêtre de 14 jours est tout simplement trop courte pour rétablir le ​niveau de confiance nécessaire afin de dissiper pleinement la prime d’incertitude intégrée, en particulier pour les routes de chargement du golfe Persique », a-t-il précisé.

Daejin Lee a ajouté que les détails restaient flous, notamment sur les démarches à suivre par les navires et affréteurs pour obtenir le passage. « De nombreux armateurs de premier plan pourraient attendre plusieurs jours pour s’assurer que le cessez-le-feu tient avant d’engager leurs navires », a-t-il ajouté.

Jakob Larsen, directeur de la sûreté et de la sécurité de l’association maritime Bimco, a déclaré que le secteur attendait des précisions techniques de la part des États-Unis et de l’Iran. « Quitter le Golfe sans coordination préalable avec les États-Unis et l’Iran comporterait un ⁠risque accru et ne serait pas conseillé », a-t-il averti.

PRUDENCE DES ARMATEURS

En réponse aux attaques américaines et israéliennes déclenchées le 28 février, l’Iran a bloqué de fait le détroit d’Ormuz, la voie maritime par laquelle ⁠transitent 20% des cargaisons mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié, faisant flamber les prix de l’énergie et secouant les économies et les marchés.

Le cessez-le-feu, annoncé environ 90 minutes avant l’échéance fixée par Donald Trump pour la réouverture du détroit, a entraîné une chute des prix du pétrole.

Deux courtiers maritimes ont conseillé aux armateurs de rester dans l’expectative avant d’autoriser leurs navires à entrer dans le Golfe.

Les demandes de très grands pétroliers de type VLCC pour charger du brut du Moyen-Orient à destination de l’Asie ont bondi mercredi, les raffineurs asiatiques, notamment Reliance Industries, Indian Oil Corp, Nghi Son Refinery and ⁠Petrochemical et ‌CNOOC, ainsi que l’Abu Dhabi National Oil Co, Glencore et TotalEnergies, étant à la recherche de navires, ont indiqué trois sources du secteur maritime.

Glencore et ⁠TotalEnergies ont refusé de commenter. Les autres sociétés mentionnées n’ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires.

Le groupe maritime danois Maersk a déclaré ​que le cessez-le-feu pourrait créer certaines ​opportunités de transit, mais qu’il ne garantissait pas encore une sécurité suffisante pour reprendre des opérations normales.

« Pour l’instant, nous adoptons une approche prudente et n’apportons aucun changement à nos services spécifiques », a déclaré ​le groupe dans un communiqué adressé à Reuters.

Le groupe utilise également un système de « land-bridge » via les ports de Djeddah en Arabie Saoudite, Salalah et Sohar à Oman, et Khor Fakkan aux Émirats arabes unis pour acheminer les cargaisons par voie terrestre avant de les transférer vers ‌leurs destinations finales dans le Golfe.

«  Nous continuerons à ​suivre de près l’évolution de la situation et à fournir des mises à jour à mesure qu’une plus grande clarté se dégagera dans les heures et jours à venir  », a conclu le groupe.

COORDINATION INTERNATIONALE

Le ​ministère indonésien des Affaires étrangères a déclaré qu’il travaillait avec les autorités iraniennes pour assurer le passage de deux navires de Pertamina bloqués dans le Golfe.

« Plusieurs questions techniques font l’objet d’un suivi afin de garantir un passage en toute sécurité, notamment l’assurance et la préparation des équipages », a déclaré le porte-parole du ministère, Vahd Nabyl Achmad Mulachela.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé l’espoir que toutes les parties fassent des efforts conjoints pour faciliter une reprise rapide du commerce normal via le détroit, tandis que le Premier ministre japonais Sanae Takaichi a tenu des entretiens avec le président iranien.

Les économies asiatiques, principales acheteuses du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz, ont été particulièrement touchées par la ⁠perturbation.

« Nous pensons que les pétroliers et le pétrole à destination des pays proches de l’Iran seront les premiers à transiter », a déclaré Anoop Singh, responsable mondial de la recherche maritime chez Oil Brokerage.

« La plupart des pétroliers de brut seront autorisés à passer », a-t-il ajouté, précisant qu’il s’attendait à ce que plus de 50 VLCC et environ ​15 pétroliers de type Suezmax puissent sortir.

(Reportage Jeslyn Lerh, Siyi Liu, Bernadette Christina, Stine Jacobsen, Nidhi Verma, Ahmad Ghaddar ​et Florence Tan, version française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)

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