Les pays du Golfe souhaitent que les USA neutralisent la menace iranienne-sources
par Samia Nakhoul
DUBAÏ, 16 mars (Reuters) – Les pays du Golfe étaient réticents à l’entrée en guerre des États-Unis contre l’Iran, mais certains d’entre eux pressent désormais Washington de neutraliser pour de bon la menace iranienne alors que les attaques contre leurs infrastructures pétrolières et le blocage du détroit d’Ormuz exposent la vulnérabilité de leurs économies, ont déclaré trois sources du Golfe à Reuters.
Dans le même temps, ces sources ainsi que cinq diplomates occidentaux et arabes ont déclaré que Washington faisait pression sur les pays du Golfe pour qu’ils entrent en guerre contre Téhéran aux côtés des États-Unis et d’Israël.
Selon trois de ces diplomates, Donald Trump voudrait ainsi démontrer que sa campagne militaire bénéficie d’un soutien régional et renforcer sa légitimité tant au niveau national qu’international.
« Il y a un sentiment largement répandu dans le Golfe selon lequel l’Iran a franchi toutes les lignes rouges avec chacun des pays du Golfe », souligne Abdoulaziz Sager, président du Gulf Research Center basé à Ryad et bon connaisseur du pouvoir saoudien.
« Au début, nous nous sommes opposés à la guerre. Mais dès qu’ils (les Iraniens) ont commencé à nous frapper, ils sont devenus des ennemis. Il n’y a pas d’autre façon de les qualifier », ajoute-t-il.
Téhéran a lancé des attaques de missiles et de drones contre des bases militaires américaines mais aussi des infrastructures civiles dans six pays du Golfe, tout en bloquant le détroit d’Ormuz par lequel transite en temps normal un cinquième du pétrole mondial.
AFFAIBLIR DURABLEMENT L’IRAN
Surpris par ces attaques, les pays du Golfe craignent désormais que l’Iran ne prenne en otage cette voie maritime vitale à chaque crise dans la région s’il ressort de la guerre avec les moyens de reconstituer son arsenal.
Selon une source du Golfe, les pétromonarchies de la région sont parvenues à la conclusion que la meilleure issue pour elles serait un affaiblissement durable des capacités militaires de Téhéran.
L’Iran, à majorité chiite, a souvent considéré ses voisins arabes sunnites du Golfe – qui hébergent des bases militaires américaines – avec une profonde méfiance, même si les relations avec le Qatar et Oman ont généralement été moins tendues.
Mais les attaques des deux dernières semaines vont bien au-delà des dégâts matériels occasionnés par les drones. Elles ont remis en question l’image de stabilité et de sécurité durement acquise par les pays du Golfe, qui leur a permis de développer le commerce et le tourisme pour réduire leur dépendance aux exportations d’hydrocarbures.
Face à cette menace considérée comme vitale, la tentation est grande de s’en débarrasser. « Si les Américains se retirent avant que la mission ne soit accomplie, nous devrons affronter l’Iran seuls », estime Abdoulaziz Sager.
En réponse aux questions sur ces préoccupations, la Maison blanche a déclaré que Washington était en train de « réduire à néant la capacité (de l’Iran) à utiliser ces armes ou à en produire davantage » et que Donald Trump était « en contact étroit avec nos partenaires au Moyen-Orient ».
Parmi les pays du Golfe, seuls les Émirats arabes unis ont pris position. Ils ont déclaré qu’ils « ne cherchaient pas à être entraînés dans des conflits ou une escalade », tout en affirmant leur droit à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour garantir leur sécurité.
RISQUE D’ESCALADE INCONTRÔLABLE
Selon des sources dans la région, aucune pétromonarchie n’agira seule contre l’Iran, seule une intervention collective des six membres du Conseil de coopération du Golfe – Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes uni, Koweït, Oman et Qatar – étant envisageable, bien que très improbable faute de consensus, leurs dirigeants craignant de déclencher un conflit plus large et incontrôlable.
Si le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé la semaine dernière que ces pays étaient prêts à « passer à l’offensive » contre Téhéran, ces derniers n’en ont affiché aucune intention pour le moment, évoquant simplement des postures défensives face aux attaques iraniennes.
Pour Abdoulaziz Sager, un changement d’échelle des attaques iraniennes – par exemple une attaque contre une installation pétrolière majeure ou une usine de dessalement, ou encore une attaque particulièrement meurtrière – pourrait en revanche contraindre le royaume à riposter. « Dans ce cas, l’Arabie saoudite n’aurait d’autre choix que d’intervenir », dit-il.
Au fond, les pays du Golfe sont confrontés à un dilemme stratégique, souligne Fawaz Gerges, de la London School of Economics : trouver un équilibre entre la menace immédiate d’attaques iraniennes et le risque bien plus grand d’être entraînés dans une guerre menée par les États-Unis et Israël.
Leur participation au conflit ne changerait pas grand-chose au rapport de force militaire, très favorable à Washington et Tel-Aviv, tout en les exposant à des risques accrus de représailles aux conséquences imprévisibles.
(Avec la contribution d’Alexander Cornwell à Jérusalem et de Parisa Hafezi à Dubaï ; version française Tangi Salaün, édité par Blandine Hénault)
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