Le conflit avec l’Iran freine le tourisme à Chypre et en Grèce
par Michele Kambas
LIMASSOL, Chypre, 26 mars (Reuters) – Le conflit avec l’Iran entraîne une augmentation des annulations de séjours touristiques et une chute des nouvelles réservations à Chypre, ainsi qu’en Grèce et en Turquie dans une moindre mesure, l’économie de ces pays de la Méditerranée orientale dépendant fortement des visiteurs estivaux.
Les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l’Iran le 28 février, alors même que le secteur touristique chypriote reprenait du service après l’hiver. Puis, le 2 mars, tandis que l’Iran lançait une série de contre-attaques, un drone a frappé une base militaire britannique sur l’île, déclenchant une vague d’annulations de réservations touristiques.
La baisse des réservations est le dernier signe en date des répercussions généralisées de la guerre au Moyen-Orient, qui vont de la perturbation des flux pétroliers aux annulations massives de vols, en passant par la détérioration des perspectives économiques à l’échelle mondiale.
Les taux d’annulation quotidiens pour les locations de courte durée à Chypre ont grimpé en flèche, passant d’environ 15% avant le conflit à près de 100% dans les jours qui ont suivi, selon les données de la société américaine AirDNA, qui suit ces réservations. Ce chiffre a depuis baissé, mais s’établissait encore à environ 45% au 21 mars.
La Grèce et la Turquie ont également connu de légères hausses des taux d’annulation, selon les données.
L’Association des hôteliers de Chypre a enregistré une baisse de près de 40% des réservations en mars et une baisse similaire en avril, a déclaré à Reuters le directeur général de l’association, Christos Angelides.
« Depuis le 1er mars, (…) nous avons reçu de nombreuses annulations », a dit Nicholas Aristou, directeur commercial de Muskita Hotels à Limassol, gérant deux hôtels de luxe.
Nicholas Aristou espère que ce ralentissement ne se prolongera pas à l’été : « Nous devons préserver les mois de haute saison pour être sûrs de pouvoir redresser la situation d’ici le mois de mai, sinon la destination sera en difficulté. »
La guerre au Moyen-Orient pèse sur les prévisions de croissance de Chypre. Cette semaine, la Banque centrale de Chypre a revu à la baisse ses prévisions de croissance économique pour 2026, les ramenant de 3,0% à 2,7%, en partant du principe que le conflit durerait environ deux mois.
Les compagnies aériennes low-cost telles qu’EasyJet et Jet2 indiquent que la demande pour Chypre et la Turquie a diminué et s’est déplacée vers des destinations de la Méditerranée occidentale comme l’Espagne.
LA GRÈCE ÉGALEMENT IMPACTÉE
En Grèce, où l’économie repose sur le tourisme estival, l’impact se fait également ressentir.
Aegean Airlines, la principale compagnie aérienne du pays, a enregistré une baisse à deux chiffres des réservations estivales en provenance d’Israël et des pays du Golfe vers la Grèce depuis le début du conflit avec l’Iran, a déclaré jeudi un porte-parole.
George Vernicos, secrétaire général de la confédération grecque du tourisme SETE, a déclaré qu’il y avait eu un ralentissement des pré-réservations. Cette tendance a toutefois été partiellement compensée par une ruée vers les réservations de vols avant que la hausse des prix du pétrole n’ait un impact sur le coût des billets d’avion.
George Vernicos a indiqué qu’il y avait eu une baisse de la demande provenant des principaux marchés de la Grèce, à savoir l’Europe du Nord et les États-Unis.
« Nous sommes dans une phase d’attente », a-t-il déclaré à Reuters. « Il y a une certaine prudence, mais l’année se présente toujours sous de bons auspices, notamment parce que la dynamique était déjà très forte avant le début de la guerre. »
(Avec la contribution de Renee Maltezou, Angeliki Koutantou et Edward McAllister à Athènes; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)
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