La reine de la variété soviétique dénonce la guerre de Poutine en Ukraine
par Guy Faulconbridge
LONDRES (Reuters) – Alla Pougatcheva, reine de la musique pop soviétique, a dénoncé dimanche la guerre du président Vladimir Poutine en Ukraine qui, selon elle, tue des soldats pour des objectifs illusoires, accable la population et fait de la Russie un paria mondial.
Depuis l’invasion du 24 février, la Russie a pris des mesures de répression contre la dissidence, en infligeant des amendes aux artistes qui font des commentaires anti-guerre. La télévision d’État présente les auteurs de ces critiques comme des traîtres à la patrie.
Alla Pougatcheva, 73 ans, icône soviétique puis post-soviétique – qui est probablement la femme la plus célèbre de Russie -, a demandé à Moscou de la classer elle aussi comme « agent étranger » après que son mari, Maxim Galkin, comédien de télévision de 46 ans, a été inscrit sur la liste de l’État le 16 septembre.
« Je vous demande de m’inclure dans les rangs des agents étrangers de mon pays bien-aimé car je suis solidaire de mon mari », a déclaré Alla Pougatcheva sur la réseau Instagram, interdit en Russie.
Alla Pougatcheva a ajouté que son mari était un patriote qui voulait un pays prospère, la paix, la liberté et la « fin de la mort de nos garçons pour des objectifs illusoires ».
La Russie, a-t-elle déclaré, est en train de devenir un « paria » tandis que la vie de sa population est durement éprouvée par le conflit. Alla Pougatcheva n’a pas utilisé le mot « guerre » mais a clairement exprimé sa désapprobation à l’encontre de ce que le Kremlin qualifie d’opération militaire spéciale.
Une telle critique la part de l’une des plus grandes célébrités de Russie – connue à travers les générations pour des succès tels que la chanson « Million Scarlet Roses » (1982) et le film « La femme qui chante » (1978) – est rare et potentiellement dangereuse aujourd’hui.
Les propos d’Alla Pougatcheva illustrent également le niveau d’inquiétude de l’élite russe au sujet de la guerre.
(Reportage Guy Faulconbridge, version française Benjamin Mallet)
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