GB-Starmer, dans la tourmente avec l’affaire Mandelson, se défend devant le Parlement
LONDRES, 20 avril (Reuters) – Le Premier ministre britannique Keir Starmer a accablé lundi des responsables du ministère des Affaires étrangères au sujet de l’obtention par Peter Mandelson du poste d’ambassadeur aux Etats-Unis, réaffirmant devant le Parlement qu’ils avaient dissimulé des informations qui auraient empêché sa nomination.
Depuis quelques mois, le locataire du 10 Downing Street est fragilisé par les révélations sur les liens entre le déinquant sexuel Jeffrey Epstein et Peter Mandelson, figure du Parti travailliste, et il venu s’en expliquer devant le Parlement.
Il a répété qu’il ne savait pas que Peter Mandelson, 72 ans, avait eu des liens avec Jeffrey Epstein et qu’il n’avait pas été averti que le premier, limogé de son poste d’ambassadeur en septembre dernier, n’avait pas satisfait au contrôle préalable de ses antécédents en raison de ses liens avec l’homme d’affaires américain.
Ce dernier s’est suicidé en prison en 2019 avant son procès pour trafic sexuel de mineurs.
« Il est tout simplement inconcevable que, tout au long de cette affaire, des responsables du ministère des Affaires étrangères aient jugé bon de cacher ces informations aux ministres les plus haut placés de notre gouvernement », a déclaré Keir Starmer devant le Parlement.
Il a ajouté qu’il n’aurait jamais nommé Peter Mandelson s’il avait su que ce dernier n’avait pas passé la procédure de contrôle de sécurité.
A la suite de la publication par le département américain de la Justice de millions de documents liés à Jeffrey Epstein, dont certains suggérant que Peter Mandelson aurait transmis au financier américain des informations sur de possibles ventes d’actifs britanniques, Keir Starmer a présenté en février dernier ses « excuses » aux victimes d’Epstein et déploré les « mensonges » de Mandelson, excluant alors de démissionner.
Plusieurs membres de son équipe gouvernementale ont quitté leurs fonctions, tandis que des critiques ont fusé dans les rangs mêmes du Labour où a été déplorée l’absence de discernement du Premier ministre, dont la cote de popularité a plongé, loin du raz-de-marée électoral de l’été 2024.
Le scandale a été relancé par des informations jeudi du quotidien The Guardian selon lesquelles Peter Mandelson n’avait pas satisfait au contrôle de ses antécédents avant sa nomination comme ambassadeur, annoncée en décembre 2024 et effective deux mois plus tard.
Un haut représentant du ministère des Affaires étrangères, Olly Robbins, a été limogé dans la foulée jeudi. Robbins doit être entendu mardi par une commission parlementaire.
« SORDIDE ET HONTEUX »
Keir Starmer s’était déjà dit furieux vendredi de ne pas avoir été averti, avant la semaine dernière, du couac dans le contrôle des antécédents de Peter Mandelson – des explications jugées invraisemblables par l’opposition. Il avait assuré au Parlement, après le limogeage de Peter Mandelson, que toutes les procédures adéquates avaient été suivies avant sa nomination, sans déclencher à l’époque une quelconque « alerte ».
Mais les opposants de Keir Starmer accusent celui-ci d’avoir menti et d’être incompétent, estimant qu’il n’est plus possible que le dirigeant travailliste reste au pouvoir.
Ed Davey, chef de file des libéraux-démocrates, a reproché au Premier ministre d’avoir fait une « erreur de jugement catastrophique », tandis que Kemi Badenoch, à la tête de l’opposition conservatrice, a déclaré que Keir Starmer avait tout au mieux été imprudemment négligent.
« C’est une affaire sordide et honteuse pour vous et votre parti, et pour ce pays », a écrit Kemi Badenoch dans une lettre adressée dimanche au Premier ministre.
« Non seulement vous avez endommagé notre relation avec les Etats-Unis et offensé les victimes du pédophile Jeffrey Epstein, mais en plus vous avez nui à notre sécurité nationale en accordant le plus important poste diplomatique à un individu jugé ‘hautement préoccupant’ par les services de sécurité », a-t-elle ajouté.
(Elizabeth Piper, Muvija M et Alistair Smout; version française Jean Terzian et Benoit Van Overstraeten)
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