La Chine en quête de nouvelles mesures de relance face à Trump et au risque de déflation
par Kevin Yao
PEKIN (Reuters) – Le Premier ministre chinois Li Qiang va dévoiler devant l’Assemblée nationale populaire, réunie à partir de mercredi en session annuelle à Pékin, de nouvelles mesures de relance pour éloigner le spectre de la déflation en Chine et faire face à la nouvelle guerre commerciale déclenchée par Donald Trump.
Devant les quelque 3.000 membres du Parlement rassemblés pour une semaine environ, le chef de l’exécutif chinois devrait à nouveau fixer pour le pays un objectif de croissance ambitieux proche de celui de 2024 (+5%), atteint au prix d’un effort tardif de l’Etat, et annoncer un déficit budgétaire en hausse à 4% du produit intérieur brut et une émission de dette record.
Une partie de ces ressources devrait notamment contribuer au financement de primes pour l’achat de véhicules électriques et d’appareils électroménagers, entre autres biens.
La pression est forte sur les autorités chinoises pour mettre en oeuvre des politiques visant à stimuler la consommation afin de réduire la dépendance de la deuxième puissance économique mondiale à l’égard des exportations et de l’investissement.
D’autant que les nouveaux droits de douane annoncés par l’administration américaine menacent d’ébranler le secteur industriel et d’accroître la vulnérabilité d’une économie déjà fragilisée par la faiblesse de la demande intérieure et les difficultés de l’immobilier.
Les économistes plaident ainsi pour que le gouvernement imagine une réorganisation profonde de la répartition des richesses afin de bâtir, par le biais de mesures fiscales, foncières ou financières, un filet de protection sociale plus solide.
« Les pressions déflationnistes se renforcent dans un contexte extérieur défavorable », estime Eswar Prasad, professeur à l’Université de Cornell aux Etats-Unis et ancien directeur des études sur la Chine au Fonds monétaire international (FMI). « Stimuler la consommation des ménages est une priorité absolue. »
« Les mécanismes ponctuels peuvent être utiles à la marge mais des mesures durables pour soutenir les revenus sont essentielles », ajoute-t-il.
PRIORITÉS CONCURRENTES
Le taux de croissance annoncé l’an dernier par la Chine a beau avoir été l’un des plus élevés au monde, l’excédent commercial a beau s’établir annuellement à un millier de milliards de dollars, de nombreux habitants se plaignent d’un marché du travail instable et des réductions de coûts et de salaires auxquelles procèdent les entreprises pour rester compétitives à l’export.
Les producteurs chinois, confrontés à une faible demande intérieure et au protectionnisme croissant des Etats-Unis, où ils écoulent chaque année plus de 400 milliards de dollars de biens, n’ont pas d’autre choix que de chercher de nouveaux marchés à l’étranger.
Mais ils redoutent que cette dynamique ne renforce la guerre des prix, ce qui affecterait leurs marges, et n’incite les autres pays à dresser de nouvelles barrières commerciales pour protéger leurs industries nationales.
Depuis la pandémie de COVID-19, la Chine a axé son effort de croissance sur ce qu’elle nomme les « nouvelles forces productives » plutôt que sur son marché de 1,4 milliard de consommateurs, subventionnant les nouvelles technologies dans l’espoir de réduire l’écart avec les Etats-Unis.
Des fabricants de véhicules électriques comme BYD ou la plateforme d’intelligence artificielle Deepseek ont ainsi fait les gros titres de la presse mondiale.
Mais pour Alicia Garcia-Herrero, économiste en charge de l’Asie-Pacifique chez Natixis, cet effort d’innovation et la relance de la demande sont des « priorités concurrentes » et la recherche d’un équilibre entre les deux sera « capital pour que la Chine évite une stagnation prolongée à l’image de celle qu’a connue le Japon ».
« Les effets concrets de cette innovation au service de la croissance, notamment grâce à une productivité accrue, ne sont pas encore visibles », souligne-t-elle.
« Même si la politique industrielle et le progrès technologique sont importants, la Chine doit remédier à ses déséquilibres structurels. »
(Avec la contribution de David Kirton à Shenzhen, rédigé par Marius Zaharia; Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Blandine Hénault)
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