Exercices militaires de la Russie, peu optimiste après les discussions avec les USA
par Dmitry Antonov et Tom Balmforth
MOSCOU (Reuters) – La Russie a effectué mardi des exercices militaires avec des chars d’assaut près de la frontière avec l’Ukraine après avoir exprimé son manque d’optimisme sur l’issue des discussions engagées avec les Etats-Unis, dont Washington espèrent qu’elles permettront de lever le risque d’invasion russe de l’Ukraine.
Alors que les responsables américains ont demandé la veille à Genève à leurs homologues russes de retirer les quelque 100.000 soldats que Moscou aurait déployés près de la frontière ukrainienne, le ministère russe de la Défense a annoncé qu’environ 3.000 soldats avaient entamé mardi des exercices militaires dans quatre régions du sud-ouest de la Russie.
Ces manoeuvres laissent penser que le Kremlin n’a aucunement l’intention d’alléger la pression militaire qui a poussé les Etats-Unis à ouvrir des pourparlers, lors desquels Moscou a réitéré ses demandes de garanties sécuritaires de la part de l’Occident.
S’il a noté que les discussions de lundi ont été ouvertes, directes et substantielles, le porte-parole du Kremlin a déclaré qu’il n’y avait aucun motif réel d’optimisme et que la Russie était intéressée seulement par des résultats.
« Il n’y a là aucune date butoir explicite, personne n’en fixe. Il y a simplement la position russe selon laquelle nous ne nous satisferons pas que ce processus traîne en longueur de manière infinie », a dit Dimitri Peskov.
La situation sera plus claire à l’issue des discussions auxquelles Moscou prendra part cette semaine avec l’Otan puis avec l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a-t-il ajouté.
A Washington, une haute représentante du département d’Etat américain a dit être « déçue » d’entendre que le Kremlin n’avait trouvé aucune raison d’être optimiste.
Victoria Nuland a ajouté devant les journalistes que les Etats-Unis voulaient que les échanges « constructifs » de points de vue se poursuivent.
« VISIONS OPPOSÉES »
La Russie, qui nie tout projet d’attaque contre l’Ukraine et dit avoir le droit de déployer comme elle l’entend des soldats sur son propre territoire, demande à l’Otan de lui garantir qu’elle ne s’élargira pas à l’Est et veut que l’Alliance retire de la région tout système d’armement offensif.
Moscou veut aussi que les Etats-Unis et leurs alliés rejettent l’hypothèse d’une adhésion de l’Ukraine à l’Otan, ce que Washington refuse. L’Alliance transatlantique a promis en 2008 d’intégrer un jour l’Ukraine.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a déclaré à l’issue des premières discussions à Genève que les deux camps avaient « par certains aspects des visions opposées ». « Pour nous, il est absolument obligatoire de garantir que l’Ukraine ne devienne jamais, jamais, jamais membre de l’Otan », a-t-il dit aux journalistes.
La numéro deux du département d’Etat américain Wendy Sherman a pour sa part déclaré: « Nous avons été fermes (…) dans le rejet de propositions en termes de sécurité qui ne sont tout simplement pas des bases de discussion pour les Etats-Unis. »
D’après les agences de presse russes RIA et Interfax, les Etats-Unis se sont engagés à répondre par écrit la semaine prochaine aux exigences de la Russie.
L’Otan dit ne pas avoir de projet d’intégration de l’Ukraine à court terme, mais elle rejette l’idée que la Russie puisse de fait s’arroger un droit de veto sur son éventuel élargissement.
Cette position de l’Alliance a été soulignée mardi par le ministre ukrainien des Affaires étrangères.
« La Russie n’a pas le droit de voter sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan. C’est une ligne rouge que ne franchiront ni l’Ukraine ni nos partenaires », a dit Dimitro Kouleba à un organe de presse local, reprenant le terme de « ligne rouge » employé par le président russe Vladimir Poutine pour décrire la position de Moscou concernant une possible adhésion de l’Ukraine à l’Otan.
Au cours de deux entretiens le mois dernier, le président américain Joe Biden a prévenu Vladimir Poutine qu’une agression russe de l’Ukraine amènerait les Etats-Unis à imposer des sanctions sans précédent contre la Russie. Le président russe a répondu que Washington commettrait une grave erreur qui entraînerait une rupture complète des relations.
(Reportage Dmitry Antonov et Tom Balmforth, avec Gabrielle Tétrault-Farber à Moscou et Pavel Polityuk à Kiev; version française Bertrand Boucey et Jean Terzian)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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