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Union européenne: Le coronavirus a rendu encore plus difficile le recours à l’avortement

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Les services d’assistance téléphonique européens ont constaté une forte augmentation du nombre d’appels pendant la pandémie, qui a rendu encore plus difficile le recours des femmes à l’avortement.

Bien que l’avortement soit légal dans la plupart des pays européens, les femmes ont eu beaucoup de mal à obtenir des rendez-vous médicaux en raison de l’afflux de malades du coronavirus dans les hôpitaux publics.

Dans un pays comme la Pologne, où le droit à l’avortement est très limité, les femmes n’ont pas eu non plus la possibilité de se rendre à l’étranger pour interrompre une grossesse non désirée, car la crise sanitaire a cloué au sol les avions et s’est traduite par une fermeture des frontières.

L’envoi de pilules abortives par la poste, une pratique courante parmi les ONG qui cherchent à aider des femmes habitant dans des endroits difficiles d’accès, est devenu également très compliquée en raison de l’allongement des délais de livraison pendant la crise sanitaire.

Lorsqu’elle a appris sa grossesse en avril, Ania, mère de deux enfants habitant Varsovie, a décidé que ce n’était pas le bon moment pour en avoir un troisième.

« Sans la pandémie, je serais allée dans un autre pays, en Slovaquie ou en République tchèque », a ajouté Ania qui avait déjà fait deux fausses couches par le passé et qui a finalement réussi à interrompre sa grossesse avec l’aide de l’ONG Women on Web.

Ania fait partie des milliers de Polonais qui ont manifesté contre l’interdiction quasi-totale de l’IVG dans ce pays catholique.

 

« DANGEREUX »

« Abortion Without Borders », une ligne d’assistance téléphonique polonaise lancée en décembre 2019, a reçu près de 2.300 appels cette année, une forte hausse liée à la pandémie.

Les Maltaises ont été les plus touchées alors que cet État insulaire reste le seul pays d’Europe interdisant l’avortement.

L’aéroport a été fermé pendant des mois à cause de la crise sanitaire, a rappelé Mara Clarke, responsable de l’ONG britannique Abortion Support Network, qui aide les femmes à avorter à l’étranger.

Les appels vers la ligne d’assistance de cette ONG ont presque doublé, passant de 44 en 2019 à 83 en 2020.

En Roumanie, où l’avortement est légal dans un délai de 14 semaines, certaines femmes ont eu du mal à y accéder, le gouvernement considérant cet acte comme une « procédure non essentielle », selon les groupes de défense des droits des femmes.

L’ONG roumaine FILIA a déclaré en avril que seuls 11% des 112 hôpitaux publics interrogés pratiquaient des avortements, et aucun dans la capitale Bucarest.

Marie Stopes International, une association à but non lucratif fournissant des services de contraception et d’avortement, estime que la pandémie et par conséquent la surcharge des services de santé entraînera encore 2,7 millions d’avortements dangereux dans le monde.

Certains gouvernements ont pris des mesures pour s’attaquer à ce problème, comme en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles où les femmes peuvent désormais prendre des pilules abortives à la maison au lieu d’aller à l’hôpital et effectuer certaines consultations en ligne.

Malgré ces avancées, les groupes de défense des droits estiment que beaucoup d’autres femmes seront confrontés à ce problème dans les mois qui viennent en raison des dommages économiques causés par la pandémie.

« La moitié des grossesses ne sont pas planifiées », a rappelé Mara Clarke, selon laquelle beaucoup de couples vont décider de ne pas avoir d’enfants en raison du contexte économique.

(Catarina Demony, Justyna Pawlak, version française Anait Miridzhanian, édité par Jean-Michel Bélot)

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