Feuilleton du Brexit
LONDRES (Reuters) – Boris Johnson va tenter au cours des dix prochains jours de faire adopter par le parlement britannique les actes législatifs nécessaires à la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne dans le cadre de l’accord conclu avec les 27 autres pays de l’UE, sous peine de devoir renoncer à sa promesse d’un Brexit le 31 octobre quoi qu’il arrive.
Lundi, le Premier ministre britannique n’a pas pu obtenir un vote des députés sur l’accord lui-même en raison de l’adoption samedi d’un amendement nécessitant au préalable que cet accord soit transposé dans la loi britannique.
Boris Johnson reste pour l’instant fidèle à son objectif d’une sortie de l’UE le 31 octobre, malgré la lettre qu’il a dû adresser à Bruxelles pour solliciter contre son gré un nouveau report, mais il va lui falloir obtenir tous les votes nécessaires de la Chambre des communes et de la Chambre des Lords dans un délai de 10 jours.
Plus de trois ans après le vote favorable des Britanniques à une sortie de l’Union européenne, on ignore toujours comment ce Brexit se déroulera, voire s’il aura lieu.
Voici quelques éléments sur la suite possible des événements:
LA LÉGISLATION SUR LE BREXIT
Le Withdrawal Agreement Bill (WAB) est un acte législatif retranscrivant dans la loi britannique les termes de l’accord sur le Brexit conclu entre Boris Johnson et les Vingt-Sept. Il doit franchir plusieurs étapes dans chacune des deux chambres du parlement avant d’avoir force de loi.
MARDI: DEUXIÈME LECTURE
La séance fournira aux parlementaires l’occasion de débattre pour la première fois du principe de ce texte.
Le débat sera suivi d’un vote, que le gouvernement doit remporter pour passer à l’étape suivante. Ce vote est attendu à 18h00 GMT (20h00 en France).
Le gouvernement conservateur pense disposer d’une majorité même si le Parti travailliste et d’autres formations devraient voter contre.
MARDI: DÉBAT SUR LE CALENDRIER
Le gouvernement devra ensuite préciser son calendrier législatif et le faire adopter par les parlementaires.
Cette étape pourrait être décisive. Le vote aura lieu après 18h00 GMT.
Boris Johnson veut boucler le processus législatif à temps pour une sortie de l’UE le 31 octobre mais certains parmi les élus qui soutiennent en principe l’accord conclu avec l’UE sont réticents à l’idée d’examiner si rapidement un texte aussi fondamental.
Il pourrait suffire qu’une poignée d’entre eux s’opposent au calendrier défendu par Boris Johnson pour que ce dernier perde la courte majorité dont il pense disposer.
Si le parlement n’approuve pas son calendrier, les chances de Boris Johnson de faire aboutir le Brexit le 31 octobre pourraient bien être réduites à néant.
MARDI: DÉBUT DU DÉBAT SUR LES AMENDEMENTS
A ce stade de la procédure, les parlementaires commencent l’examen des amendements éventuellement proposés à la législation sur le Brexit.
Ce devrait être l’occasion de savoir s’il existe une majorité d’élus en faveur d’un nouveau référendum sur le Brexit ou désireuse de contraindre le gouvernement à rechercher une union douanière avec l’UE dans le cadre de la relation future entre la Grande-Bretagne et les Vingt-Sept.
Pour le gouvernement, les négociations avec l’UE sont terminées et tout amendement adopté par le parlement modifiant la structure de l’accord entraînera de nouveaux problèmes.
Le gouvernement propose trois heures de débat mardi après le vote sur le calendrier et douze heures supplémentaires mercredi à partir de 12h00 GMT.
L’examen des amendements portant sur un second référendum aurait lieu mercredi.
JEUDI: TROISIÈME LECTURE
Si le texte législatif sort intact des étapes précédentes, le parlement aura l’occasion d’en débattre à nouveau et d’effectuer des modifications avant un vote définitif et son transfert à la Chambre des Lords.
Le gouvernement propose huit heures de débat jeudi, probablement pas avant 09h30 GMT.
VENDREDI: CHAMBRE DES LORDS
La chambre haute du parlement britannique va à son tour s’emparer du texte législatif sur le Brexit, avec possibilité de l’amender. La procédure se déroule en plusieurs étapes avec différents tours de vote.
Il n’y a pas de calendrier défini et les délais sont en général établis par consensus entre les partis.
Les travaux des Lords devraient durer plusieurs jours et tout changement de leur part devra ensuite être approuvé par la Chambre des Communes pour que le texte soit finalisé.
LA RÉPONSE DES EUROPÉENS
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé samedi en fin de soirée qu’il allait entamer des consultations avec les dirigeants des Vingt-Sept sur la question d’un nouveau délai à accorder aux Britanniques.
A l’issue d’une réunion des ambassadeurs des 27 Etats membres organisée à la hâte dimanche matin, des diplomates ont indiqué que l’UE allait temporiser. « Nous souhaitons avoir plus de clarté à la fin de la semaine, en espérant que d’ici là nous verrons également comment les choses évoluent à Londres », a dit l’un d’eux.
« Le pire du Brexit, ce n’est pas le no-deal mais l’incertitude qui se prolonge », a quant à elle estimé lundi matin la secrétaire d’Etat française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, sur l’antenne de BFM TV, ajoutant qu’on ne pouvait toujours pas exclure un Brexit le 31 octobre.
DES ÉLECTIONS ?
Tant les conservateurs de Boris Johnson, qui n’a plus de majorité aux Communes, que l’opposition travailliste disent vouloir de nouvelles élections. Mais le chef de file du Labour, Jeremy Corbyn, refuse de bouger sur ce front tant que le risque d’un Brexit sans accord ne sera pas écarté.
« Des élections sont inévitables du fait de l’arithmétique actuelle du parlement, parce que nous devons briser cette impasse. La question du calendrier relève de Jeremy Corbyn (…) mais il est inévitable que tôt ou tard, la situation débouche sur des élections générales », a dit Keir Starmer, porte-parole du Parti travailliste sur le Brexit.
(Avec Michael Holden et Paul Sandle; Marine Pennetier, Henri-Pierre André, Jean-Philippe Lefief, Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey pour le service français)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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