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Corée du Sud: Le mandat d’arrêt visant Yoon Suk-yeol n’a pas pu être exécuté

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par Eduardo Baptista, Hyunsu Yim et Joyce Lee

SEOUL (Reuters) – Les enquêteurs sud-coréens n’ont pas pu procéder vendredi à l’arrestation de l’ancien président Yoon Suk-yeol, des membres du service de sécurité présidentiel et des militaires s’y étant opposé au cours d’un face-à-face tendu de six heures à l’intérieur de sa résidence à Séoul.

Yoon Suk-yeol, qui avait imposé début décembre la loi martiale avant de se rétracter, est visé par une enquête au pénal pour des accusations de tentative d’insurrection. Il a été destitué et suspendu de ses fonctions au mois de décembre.

« Il a été jugé qu’il était virtuellement impossible d’exécuter le mandat d’arrêt en raison de l’impasse actuelle », indique dans un communiqué le Bureau de lutte contre la corruption dédié aux responsables de haut rang (CIO).

Les enquêteurs du CIO et la police ont également fait face à des centaines de partisans de Yoon Suk-yeol qui s’étaient rassemblés à l’aube près de sa résidence vendredi, promettant de d’empêcher cette arrestation « au péril de leur vie ».

Les responsables du CIO se sont rendus à la résidence de Yoon Suk-yeol à 07h00 vendredi (22h00 GMT jeudi) et ont patienté avant de pénétrer à pied dans le complexe.

Une fois à l’intérieur de l’enceinte, le CIO et la police ont été pris à partie par des membres du Service de sécurité présidentielle (PSS), ainsi que par des troupes détachées à la sécurité présidentielle, a précisé un responsable du CIO à la presse.

Plus de 200 agents et soldats du PSS ont bloqué les officiers et la police du CIO, a-t-il ajouté. Une altercation a eu lieu et des agents du PSS semblaient porter des armes à feu, mais aucune arme n’a été dégainée, a-t-il précisé.

Yoon Suk-yeol n’a pas été aperçu lors de cet affrontement, a-t-il ajouté.

Le ministère sud-coréen de la Défense a déclaré que les troupes étaient sous le contrôle du PSS.

Le CIO a mis fin à la tentative d’arrestation de Yoon Suk-yeol vers 13h30 en raison des inquiétudes sur la sécurité de son personnel. Il a dit « regretter profondément » que Yoon Suk-yeol n’ait pas obtempéré.

OBSTRUCTION ?

Le CIO a également fait savoir qu’il réfléchissait aux mesures à prendre désormais. La police, qui fait partie de l’équipe d’enquête conjointe, a désigné le chef du PSS et son adjoint comme suspects dans le cadre d’une affaire au pénal pour obstruction à l’exercice d’une fonction officielle et les a convoqués pour un interrogatoire samedi, a rapporté l’agence de presse Yonhap.

L’insurrection est l’un des rares chefs d’accusation ne permettant pas au président sud-coréen de faire valoir son immunité.

Le mandat d’arrêt à l’encontre de Yoon Suk-yeol, approuvé par un tribunal mardi après qu’il a ignoré plusieurs convocations, est valable jusqu’au 6 janvier.

Dans un communiqué publié après la suspension de l’opération en vue de l’arrestation de Yoon Suk-yeol, l’équipe juridique de l’ancien président a déclaré que le CIO n’était pas habilité à enquêter sur l’insurrection et qu’il était regrettable que l’institution ait tenté d’exécuter un mandat illégal dans une zone sensible sur le plan de la sécurité.

Le bureau présidentiel a par ailleurs déposé une plainte au pénal contre trois radiodiffuseurs et propriétaires de chaînes YouTube pour avoir filmé sans autorisation la résidence présidentielle, estimant qu’il s’agit d’un « site sécurisé directement lié à la sécurité nationale ».

Le mandat actuel ne donne aux enquêteurs que 48 heures pour détenir Yoon Suk-yeol après son arrestation. Les enquêteurs doivent ensuite décider s’ils demandent un mandat de détention ou s’ils le libèrent.

Selon Kim Seon-taek, professeur de droit à l’université de Corée, le fait de cibler les dirigeants du PSS pourrait permettre aux enquêteurs de saper la capacité de résistance du service afin qu’ils puissent tenter à nouveau d’exécuter le mandat à l’encontre de l’ex-président.

Il serait préférable, selon lui, que le président en exercice Choi Sang-mok exerce son pouvoir d’ordonner au PSS de coopérer. Le CIO a déclaré par la suite qu’il demanderait à Choi Sang-mok de donner cet ordre.

(Reportage Joyce Lee, Eduardo Baptista, Hyunsu Yim, Dogyun Kim et Josh Smith; rédigé par Josh Smith et Jack Kim; version française Camille Raynaud et Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)

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