Cambodge et Thaïlande échangent des tirs, Donald Trump plaide pour un cessez-le-feu
par Artorn Pookasook et Chantha Lach
SISAKET, Thaïlande/PHNOM PENH (Reuters) – Ont de nouveau échangé des tirs d’artillerie, quelques heures après que le président américain Donald Trump a déclaré que les dirigeants des deux pays s’étaient engagés à oeuvrer en faveur d’un cessez-le-feu.
Phnom Penh a affirmé soutenir pleinement l’appel de Donald Trump à une cessation immédiate des hostilités. Bangkok a salué l’initiative américaine, tout en précisant qu’aucune négociation ne pourrait débuter tant que le Cambodge viserait des civils – une accusation réfutée par Phnom Penh.
« Notre condition est que nous ne voulons pas de pays tiers, mais nous remercions le président Donald Trump pour son attention », a déclaré le Premier ministre par intérim de Thaïlande Phumtham Wechayachai à la presse avant de se rendre dans les zones frontalières.
« Nous avons proposé une rencontre bilatérale entre nos ministres des Affaires étrangères pour définir les conditions d’un cessez-le-feu et du retrait des troupes et des armes à longue portée », a-t-il ajouté.
Le Cambodge a accusé la Thaïlande d’avoir déclenché les hostilités dimanche matin et affirmé que les forces thaïlandaises se mobilisaient le long de la frontière. La Thaïlande a indiqué avoir répliqué à des attaques cambodgiennes.
« J’ai clairement fait savoir au président Donald Donald Trump que le Cambodge acceptait sa proposition de cessez-le-feu immédiat et inconditionnel entre les deux forces armées », a écrit le Premier ministre cambodgien Hun Manet sur Facebook, ajoutant avoir également accepté une proposition antérieure de la Malaisie.
LES CIVILS RÉCLAMENT LA PAIX
Quatre jours après le début des affrontements les plus violents depuis plus d’une décennie entre les deux voisins d’Asie du Sud-Est, le bilan dépassait les 30 morts, dont 13 civils en Thaïlande et huit au Cambodge. Plus de 200.000 personnes ont été évacuées des zones frontalières, selon les autorités des deux pays.
Le ministère cambodgien de la Défense a accusé la Thaïlande d’avoir mené des bombardements et des assauts terrestres dimanche matin en plusieurs points de la frontière, visant notamment des complexes de temples historiques.
« Pour moi, ce serait formidable si la Thaïlande acceptait d’arrêter les combats afin que les deux pays puissent vivre en paix », a déclaré à Reuters Sreung Nita, étudiante à Phnom Penh.
L’armée thaïlandaise a affirmé que les forces cambodgiennes avaient tiré dans plusieurs zones, notamment près de domiciles civils, et mobilisaient des lance-roquettes à longue portée. Le gouverneur de la province de Surin a indiqué à Reuters que des obus d’artillerie avaient été tirés dans la région.
« Les soldats continueront à faire leur travail à plein régime – les Thaïlandais ne doivent pas s’inquiéter – jusqu’à ce que le gouvernement parvienne à un accord clair garantissant l’absence de danger pour la population et la préservation des intérêts du pays afin d’instaurer la paix que nous souhaitons », a déclaré Phumtham.
Dans la province thaïlandaise de Sisaket, des journalistes de Reuters ont entendu des tirs d’artillerie tout au long de la journée de dimanche, sans pouvoir déterminer de quel côté de la frontière ils provenaient.
« Si un cessez-le-feu est conclu, les choses iront mieux », a confié à Reuters Thavorn Toosawan, habitant de Sisaket. « C’est une bonne chose que l’Amérique insiste sur le cessez-le-feu, car cela pourrait apporter la paix. »
TRUMP A PARLÉ AUX DEUX DIRIGEANTS
Samedi, Donald Donald Trump a déclaré avoir parlé avec les Premiers ministres de Thaïlande et du Cambodge, qui auraient accepté de se rencontrer immédiatement pour négocier un cessez-le-feu afin de mettre fin aux combats entamés jeudi. Bangkok et Phnom Penh s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités.
« Les deux parties souhaitent un cessez-le-feu immédiat et la paix », a écrit Donald Trump sur les réseaux sociaux, ajoutant que les négociations tarifaires avec les deux pays étaient suspendues tant que les combats se poursuivaient.
Les tensions ont éclaté fin mai après la mort d’un soldat cambodgien lors d’un accrochage. Les deux armées ont renforcé leur présence à la frontière, plongeant la fragile coalition gouvernementale thaïlandaise dans une crise diplomatique majeure.
La Thaïlande et le Cambodge se disputent depuis des décennies plusieurs points contestés le long de leur frontière terrestre de 817 km, notamment autour des temples hindous anciens de Ta Moan Thom et du complexe du XIe siècle de Preah Vihear.
Preah Vihear a été attribué au Cambodge par la Cour internationale de justice en 1962, mais les tensions ont ressurgi en 2008 lorsque Phnom Penh a tenté de l’inscrire au patrimoine mondial de l’UNESCO.
En juin, le Cambodge a annoncé avoir saisi la Cour internationale pour régler ses différends avec la Thaïlande, qui affirme ne jamais avoir reconnu la juridiction de la cour et privilégier une approche bilatérale.
(Shoon Naing à Artorn Pookasook à Sisaket, Panarat Thepgumpanat, Panu Wongcha-um, Chayut Setboonsarng, Panarat Thepgumpanat et Juarawee Kittisilpa à Bangkok, Chantha Lach et Zaw Naing Oo à Phnom Penh; version française Nicolas Delame)
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