Birmanie: Réduction de peine pour Aung San Suu Kyi, qui pourrait échapper à la prison
(Reuters) – La junte militaire birmane a partiellement gracié l’ancienne dirigeante civile du pays, Aung San Suu Kyi, peu après sa condamnation lundi à quatre ans de prison pour atteinte aux règles sur la gestion de l’épidémie de COVID-19, rapporte la télévision d’Etat.
La peine infligée à Aung San Suu Kyi à l’issue d’un procès dénoncé comme « politique » par la communauté internationale a été ramenée à deux ans de prison, selon MRTV.
L’ancienne dirigeante birmane, âgée de 76 ans, ainsi que le président déchu Win Myint, lui aussi condamné par la justice à quatre ans de prison, effectueront leur peine dans le lieu tenu secret où ils sont actuellement détenus, précise la télévision officielle, ce qui laisse penser qu’ils n’iront pas en prison.
Il s’agit de la première condamnation infligée par la justice birmane à la lauréate du prix Nobel de la paix 1991, cible d’une dizaines de procédures depuis le coup d’Etat militaire du 1er février dernier.
Aung San Suu Kyi est notamment accusée de corruption, d’infraction à la législation concernant les secrets d’Etat, d’atteinte à la réglementation sur les télécommunications, autant de charges dont les peines cumulées pourraient se traduire par plus de 100 ans de prison.
Les audiences se tiennent à huis clos dans la capitale birmane Naypyitaw. Ni la junte, ni la presse officielle ne communiquent des informations sur les procès visant Aung San Suu Kyi, dont les avocats ont interdiction de s’exprimer en public ou auprès des médias.
La junte n’a fourni aucune information sur le lieu de détention de la dirigeante déchue.
La condamnation d’Aung San Suu Kyi a été largement critiquée par la communauté internationale.
La Haute commissaire des Nations unies aux droits humains, Michelle Bachelet, a appelé dans un communiqué à sa libération immédiate.
Cette décision, « à l’issue d’un simulacre de procès, avec des délibérations secrètes d’un tribunal sous le contrôle des militaires n’est rien d’autre qu’un acte politique », note-t-elle dans un communiqué diffusé par ses services.
Berit Reiss-Andersen, présidente du comité Nobel norvégien, qui décerne le prix Nobel de la paix, a également jugé que le processus judiciaire n’avait « aucune crédibilité ».
WASHINGTON ET BRUXELLES DÉNONCENT
Critiquant une condamnation « injuste », le secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken a dénoncé dans un communiqué de nouveaux « affronts faits à la démocratie et la justice » en Birmanie.
Le Haut représentant de l’Union européenne (UE) pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a lui aussi dénoncé dans un communiqué une décision « fondée sur des considérations politiques », en appelant à « la libération immédiate et inconditionnelle de l’ensemble des prisonniers politiques et des personnes détenues arbitrairement depuis le coup d’Etat militaire » du 1er février dernier.
« Les charges étaient absurdes, conçues comme des représailles à l’encontre de dirigeants populaires. Donc le verdict de culpabilité et les peines de prison ne sont pas surprenants », a jugé Richard Horsey, spécialiste de la Birmanie au sein du cercle de réflexion International Crisis Group.
Amnesty International a qualifié de « fallacieuses » les charges pesant contre Aung San Suu Kyi et a jugé que cette peine d’emprisonnement n’était que le dernier exemple en date de la détermination de la junte à éliminer toute opposition politique et à étouffer les libertés.
« La décision grotesque et corrompue du tribunal s’intègre dans un schéma dévastateur de condamnations arbitraires qui ont vu plus de 1.300 personnes être tuées et des milliers d’autres être arrêtées depuis le coup d’Etat », a observé dans un communiqué Ming Yu Hah, le vice-directeur régional de l’organisation de défense des droits humains.
La Birmanie est plongée dans la crise depuis que l’armée a pris le pouvoir au détriment du gouvernement démocratiquement élu d’Aung San Suu Kyi.
La dirigeante déchue a alors été placée en détention, de même que la plupart des dirigeants de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Les autres membres de la LND sont en exil ou dans la clandestinité et aucun porte-parole du parti n’était joignable dans l’immédiat.
La contestation locale du coup d’Etat a été sévèrement réprimée, accentuant les inquiétudes de la communauté internationale sur l’arrêt des timides tentatives de réformes engagées après des décennies de régime militaire.
(Rédigé par Martin Petty, Ed Davies et Robert Birsel, version française Jean Terzian, Myriam Rivet et Tangi Salaün, édité par Jean-Michel Bélot et Matthieu Protard)
Dans un paysage médiatique marqué par le mensonge, les fake news, les calomnies et les attaques contre les Evangéliques, le Journal Chrétien se positionne comme le média de la vérité qui propose une information indépendante et fiable, non biaisée par des intérêts d'actionnariat ou publicitaires.
Un service de presse reconnu par l'Etat
Le Journal Chrétien est un service de presse en ligne bénéficiant d’un agrément de la Commission paritaire des publications et agences de presse du Ministère de la Culture. Il est membre du Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne (SPIIL), un syndicat professionnel français créé en afin de défendre les intérêts professionnels des éditeurs de presse en ligne indépendants. Il fait partie des sources d'information officielles de Google actualités dans tous les pays francophones. Dans un paysage médiatique marqué par le mensonge et les fake news et les calomnies, le Journal Chrétien se positionne comme le média de la vérité qui passe l'information au tamis de l'Évangile. Nos journalistes et correspondants essaient de s'approcher de la vérité des faits avec beaucoup d'humilité. Le professionnalisme des experts impliqués dans le Journal Chrétien garantit une procédure de sélection de grande qualité et un suivi des projets très rigoureux.Quand les pasteurs et leurs églises sont victimes de dénonciations calomnieuses, le Journal Chrétien mène des investigations pour rétablir la vérité.
En plus de son activité éditoriale remarquable, le Journal Chrétien est l’éditeur de Bible.audio, une vaste plateforme de ressources bibliques comprenant une vingtaine de traductions bibliques, la Bible audio, la Bible interlinéaire, le comparateur de versions, la concordance biblique, les commentaires bibliques, les dictionnaires bibliques et les lexiques bibliques.
Il dispose également d'une chaîne de télévision chrétienne dénommée Chrétiens TV, qui diffuse ses programmes sur le canal 246 de la Freebox en France. Elle s’adresse à tous ceux qui souhaitent nourrir leur réflexion, leur foi ou simplement découvrir des programmes porteurs de sens et de bienveillance.

