Australie-Les assaillants de Bondi Beach inspirés par l’EI, dit la police
par Christine Chen
SYDNEY, 16 décembre (Reuters) – Les deux auteurs présumés de la fusillade perpétrée dimanche sur la plage de Bondi, à Sydney, lors de la célébration de la fête juive de Hanoukka, qui a coûté la vie à 15 personnes sans compter l’un des tireurs, semblent avoir été inspirés par l’Etat islamique (EI), a déclaré mardi la police australienne.
Les deux hommes – un père et son fils – s’étaient rendus le mois dernier aux Philippines, a également indiqué la police, ajoutant enquêter sur les raisons de ce déplacement.
Ils ont atterri à Manille puis rejoint la ville de Davao, sur l’île de Mindanao, le 1er novembre, ont précisé par la suite les services de l’immigration philippins. Ils ont quitté l’archipel le 28 novembre, selon les autorités de Manille.
Le père, Sajid Akram, 50 ans, abattu dimanche par la police australienne, voyageait avec un passeport indien. Son fils, Naveed Akram, 24 ans, hospitalisé dans un état grave après avoir été blessé par balle par les forces de l’ordre, avait un passeport australien.
Des réseaux liés à l’organisation de l’Etat islamique restent actifs aux Philippines, principalement via des cellules présentes sur l’île de Mindanao, même si l’influence du groupe islamiste a été largement endiguée par l’action des forces de sécurité ces dernières années.
« Les premiers éléments suggèrent une attaque terroriste inspirée de l’Etat islamique, qui aurait été commise par un père et son fils », a déclaré la cheffe de la police fédérale australienne, Krissy Barrett, lors d’une conférence de presse.
« Ces agissements présumés sont ceux de personnes s’étant alignées sur une organisation terroriste, non pas une religion », a-t-elle ajouté.
Un véhicule enregistré au nom du plus jeune suspect contenait des engins explosifs et deux drapeaux artisanaux associés à l’EI, a également confirmé la police.
COLLECTE DE FONDS POUR AHMED AL AHMED
Vingt-cinq rescapés de la tuerie étaient hospitalisés mardi dans plusieurs établissements de Sydney, selon les autorités.
L’ambassadeur d’Israël en Australie, Amir Maimon, s’est rendu mardi sur la plage de Bondi, rouverte mais désertée. Il a demandé au gouvernement australien de prendre toutes les mesures pour renforcer la sécurité de la communauté juive en Australie.
« Seuls les Australiens de confession juive sont obligés de vénérer leur Dieu entre des portes closes, avec des caméras de surveillance, des vigiles », a-t-il déploré devant la presse.
A la suite d’une série d’incidents antisémites au cours des seize derniers mois, les services de renseignement australiens ont placé l’antisémitisme en tête de leurs priorités.
Le Premier ministre travailliste Anthony Albanese « aurait dû faire beaucoup plus pour lutter contre l’antisémitisme », a estimé l’ancien Premier ministre libéral australien John Howard.
Le gouvernement fédéral réexamine la législation sur les armes à feu, la police ayant révélé que Sajid Akram possédait un permis de port d’armes – depuis 2023 et non 2015 comme indiqué précédemment -, et six armes enregistrées.
Salué pour son acte héroïque, Ahmed al Ahmed, un musulman âgé de 43 ans, père de deux enfants, qui a réussi à désarmer l’un des tireurs avant d’être blessé par balle, est hospitalisé à Sydney.
Une campagne de collecte de fonds lancée à son profit a déjà permis de récolter jusqu’ici plus de 1,9 million de dollars australiens (1,07 million d’euros).
RADICALISATION
D’anciennes vidéos montrant Naveed Akram, alors âgé de 17 ans, en 2019, ont resurgi sur internet. Dans l’une d’elles, posté par un groupe communautaire musulman basé à Sydney, le Street Dawah Movement, on peut voir le jeune homme exhortant deux autres adolescents à prier plus fréquemment. Une autre le montre sous la pluie, sur le quai d’une gare de la banlieue de Sydney, invitant à répandre la parole de l’islam.
« Nous sommes horrifiés par ses actes et consternés par son comportement criminel », a déclaré le Street Dawah Movement dans un communiqué, ajoutant que Naveed Akram avait participé à plusieurs événements en 2019 mais n’était pas membre de l’organisation.
A l’époque, le jeune homme avait fait l’objet d’une enquête des services de renseignement qui n’avaient pas conclu à sa radicalisation.
Naveed Akram avait obtenu en 2022 un certificat de récitation coranique auprès d’un institut de langues, comme le montre une photo supprimée depuis.
« Tous ceux qui récitent le Coran ne le comprennent pas ou ne vivent pas selon ses enseignements, et malheureusement, cela semble être le cas ici », a déclaré le directeur de cet institut, Adam Ismail, dans un message vidéo diffusé lundi soir.
« Je condamne sans hésitation cet acte de violence. »
La manière dont les deux suspects se sont radicalisés reste à ce stade un mystère pour les policiers australiens. « Nous enquêtons activement sur les antécédents des deux personnes », a déclaré lundi aux journalistes Mal Lanyon, commissaire de police de Nouvelle-Galles du Sud. « À ce stade, nous en savons très peu sur eux », a-t-il dit.
(Christine Chen et Renju Jose, avec la contribution de Kirsty Needham, Byron Kaye et Alasdair Pal à Sydney et de Karen Lema à Manille; version française Jean Terzian et Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault)
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