Au moins deux morts dans d’une série d’accrochages frontaliers entre Tadjikistan et Kirghizistan
BICHKEK (Reuters) – Des coups de feu ont été échangés mercredi à trois reprises à la frontière entre les républiques du Tadjikistan et du Kirghizistan, en Asie centrale, tuant au moins deux personnes, rapportent les autorités des deux pays.
Ces accrochages entre les deux anciennes républiques soviétiques alliées de la Russie, qui interviennent dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine ainsi que par la récente escalade des tensions entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, ont commencé après que les gardes-frontières kirghizes ont accusé les Tadjiks de prendre position sur une partie non délimitée de la frontière.
Le Kirghizistan et le Tadjikistan, qui abritent tous les deux des bases militaires russes, se querellent régulièrement pour des questions frontalières.
Selon le Tadjikistan, les gardes-frontières kirghizes ont ouvert le feu sans provocation sur un avant-poste tadjik.
Des sources de sécurité tadjikes ont déclaré que deux gardes-frontières avaient été tués et que 11 personnes, dont cinq civils, avaient été blessés de leur côté de la frontière.
Le Kirghizistan a indiqué pour sa part qu’au moins deux de ses soldats et deux civils avaient été blessés, et que des tirs avaient également été échangés dans deux autres zones de la province frontalière de Batken.
Le ministère russe des Affaires étrangères a exhorté les deux pays à « ramener la situation sur la scène politique et diplomatique et à prévenir conjointement toute forme de provocation ».
Le service des gardes-frontières kirghizes a déclaré que des pourparlers visant à mettre fin aux hostilités étaient en cours.
Ces accrochages surviennent à la veille d’un sommet en Ouzbékistan de l’Organisation de Shanghai pour la coopération, qui regroupe notamment la Russie, la Chine et l’Inde. Les dirigeants kirghize et tadjik ainsi que le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping sont notamment attendus à cette réunion.
(Reportage Olga Dzyubenko à BIshkek et Nazarali Pirnazarov à Dushanbe, rédigé par Olzhas Auyezov ; version française Elena Vardon et Diana Mandiá, édité par Jean-Stéphane Brosse et Kate Entringer)
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