Cameroun : Pst François D. E. Ananga face au verdict scientifique, son « Baume François » recalé
Le Laboratoire National de Control de Qualité des Médicaments et d’Expertise (LANACOME) a officiellement recalé le célèbre remède traditionnel « Baume Francois ». Malgré une démarche de normalisation entamée par son promoteur, le verdict des analyses en laboratoire interdit désormais ce produit phare de la pharmacopée locale dans les circuits officiels.
C’est un coup de tonnerre dans le secteur de la médecine traditionnelle au Cameroun. Le « Baume François », une solution thérapeutique artisanale massivement consommée dans le pays et dans la sous-région, vient de perdre sa bataille pour la légitimité scientifique. L’annonce a été actée à la suite des conclusions d’analyses toxicologiques et microbiologiques rigoureuses rendues publiques en début de mois par LANACOME. Pour le fabricant et les millions d’utilisateurs de ce produit, le verdict est sans appel : le baume est impropre à la consommation humaine.
L’échec de la normalisation pour François Désiré Ekouma Ananga
À la tête de la société François Santé Sarl, le pasteur François Désiré Ekouma Ananga incarnait pourtant une nouvelle génération de tradipraticiens désireux de sortir de l’informel. Conscient des exigences de sécurité sanitaire, le promoteur avait lui-même initié une démarche volontaire de normalisation. Un partenariat stratégique avait même été signé avec le LANACOME afin d’auditer ses sites de production, d’analyser les composants du produit et de standardiser sa formulation.
L’objectif affiché par François Désiré Ekouma Ananga était clair : transformer son remède populaire en Médicament Traditionnel Amélioré (MTA) doté d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) en bonne et due forme. Malheureusement, les résultats des examens de laboratoire ont douché ces ambitions. Les critères de conformité et de sécurité publique indispensables pour valider un produit de santé n’ont pas été atteints.
Un problème de santé publique et de sécurité sanitaire
Le verdict du LANACOME repose sur des protocoles scientifiques stricts qui évaluent la toxicité, la stabilité et la pureté microbiologique des produits de santé. Dans le cas du Baume François, les analyses ont révélé des non-conformités majeures qui représentent un risque potentiel pour la population. En l’absence de validation, les autorités rappellent que la consommation ou l’application de ce produit expose les usagers à des effets secondaires imprévisibles.
Cette décision remet sur le devant de la scène le débat complexe de la cohabitation entre médecine moderne et pharmacopée traditionnelle en Afrique. Au Cameroun, plus de 80 % de la population recours régulièrement aux plantes médicinales. Cependant, l’absence de dosage précis et les conditions d’hygiène lors de la fabrication artisanale restent les principaux points de friction avec le corps médical scientifique.
Un coup d’arrêt économique pour une formule à succès
Au-delà de l’aspect sanitaire, cette interdiction porte un coup très dur au modèle économique développé par Pasteur François Désiré Ekouma Ananga dont la réaction après ce camouflé reste encore attendue. En quelques années, le Baume François s’était imposé dans les foyers, les gares routières et les marchés populaires, porté par un marketing communautaire agressif et l’aura spirituelle de son créateur.
Aujourd’hui, l’absence de certification scientifique bloque définitivement l’accès du produit aux pharmacies et aux réseaux de distribution officiels. Les stocks actuels se retrouvent saisis ou interdits de vente. Pour François Santé Sarl, l’avenir dépendra de sa capacité à revoir entièrement sa copie, à modifier sa formulation et à assainir sa chaîne de production pour espérer, un jour, solliciter une nouvelle expertise.
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