Au Venezuela, le président Nicolas Maduro capturé par l’armée américaine
Donald Trump a annoncé samedi la capture et l’expulsion de son pays par les forces américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro, que le chef de la Maison blanche accuse depuis des mois de se maintenir illégalement au pouvoir et de favoriser le trafic de drogue.
Nicolas Maduro a été capturé par les troupes d’élite des forces spéciales américaines, a précisé un responsable américain.
Le gouvernement vénézuélien ne sait pas où se trouve Nicolas Maduro ni son épouse Cilia Flores, a déclaré la vice-présidente Delcy Rodriguez dans un enregistrement audio diffusé à la télévision d’État.
« Nous exigeons une preuve immédiate de la vie du président Nicolas Maduro et de la première combattante Cilia Flores », a-t-elle ajouté.
Les États-Unis n’ont pas procédé à une intervention aussi directe en Amérique latine depuis l’invasion du Panama en 1989 pour destituer le chef militaire Manuel Noriega.
« Les États-Unis d’Amérique ont mené avec succès une frappe à grande échelle contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolas Maduro, qui a été, avec son épouse, capturé et expulsé du pays », peut-on lire dans un message de Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Donald Trump a déclaré au New York Times que l’opération au Venezuela avait fait l’objet d’une « bonne planification ».
Le sénateur républicain Mike Lee a déclaré que le secrétaire d’État Marco Rubio lui avait dit que Nicolas Maduro avait été arrêté par les forces américaines pour être jugé aux États-Unis.
Marco Rubio « ne prévoit aucune autre action au Venezuela maintenant que Maduro est sous la garde des États-Unis », a écrit Mike Lee sur X après s’être entretenu par téléphone avec le chef de la diplomatie américaine.
Les États-Unis ont accusé Maduro de diriger un « narco-État » et de truquer les élections. Le dirigeant vénézuélien, qui a succédé à Hugo Chavez au pouvoir en 2013, a déclaré que Washington souhaitait prendre le contrôle de ses réserves de pétrole, les plus importantes au monde.
L’IRAN DÉNONCE UNE « AGRESSION ILLÉGALE »
Samedi matin, le Venezuela a décrété « l’état d’urgence nationale » et dénoncé une « agression militaire » des États-Unis après les multiples explosions survenues dans la capitale Caracas et d’autres régions du pays.
Outre la capitale, des attaques ont eu lieu dans les États de Miranda, Aragua et La Guaira, peut-on lire dans un communiqué du gouvernement.
Les réactions internationales à l’opération américaine ont été nombreuses.
L’Iran, allié du Venezuela, a dénoncé une « violation flagrante de sa souveraineté nationale et de [l’] intégrité territoriale » du Venezuela.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a appelé le Conseil de sécurité de l’Onu à « agir immédiatement pour mettre fin à cette agression illégale » et à demander des comptes aux responsables.
Dans un message sur X, le président colombien Gustavo Petro a lui aussi demandé une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu.
La Russie a condamné un « acte d’agression armée » commis par les Etats-Unis contre le Venezuela.
« Dans la situation actuelle, il est important (…) d’éviter une nouvelle escalade et de se concentrer sur la recherche d’une issue à la situation par le dialogue », peut-on lire dans un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.
En Europe, le ministère des Affaires étrangères espagnol a appelé à « la désescalade, la modération et le respect du droit international » au Venezuela.
Berlin a fait part de sa « grande préoccupation » et dit surveiller la situation de près, tout comme Rome qui a dit s’inquiéter en particulier pour ses quelque 160.000 ressortissants présents au Venezuela.
(Reportage d’Idrees Ali à Washington avec bureaux de Reuters ; version française Elizabeth Pineau)
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