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Cameroun: l’hôpital central de Yaoundé au cœur d’un nouveau scandale concernant le trafic d’organes humains

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Mise, plus d’une fois, en cause pour des affaires de mutilations d’organes humains sur les cadavres, cette formation hospitalière a été prise d’assaut le vendredi 25 septembre 2021 par une famille, venue s’indigner du prélèvement des organes du jeune Ahissi Mengue Hilaire, à la morgue de cet hôpital.

Une scène susceptible à créer une émeute s’est produite à l’hôpital central de Yaoundé́ (HCY). Un groupe de personnes enragées avec le corps du jeune Ahissi Mengue Hilaire, à moitié nue, gisait dans un cercueil devant le cabinet de travail du patron du directeur général de cette formation sanitaire.

La famille veut comprendre pourquoi le défunt a des blessures au niveau du ventre mais aussi au dos. Car selon sa fratrie, « Ahissi a été conduit dans cet hôpital le dimanche 12 septembre car il avait reçu un coup de couteau dans le bas du côté́ droit. Ce même jour, il a été́ opéré́ après radio et échographie d’après le médecin en service ce jour-là̀. Une deuxième opération a été́ programmée quelques jours après…(..)… il est sorti fatigué et saignait abondamment, avec des bandages sur tout le corps. Il a glissé du lit et est décédé dimanche alors qu’il était bandé. ».

« Nous voulions comprendre pourquoi il saignait autant, pourquoi son corps avait été pansé partout et, surtout, pourquoi il avait été mis à la morgue avec tous ses pansements », explique sa sœur aînée. Une curiosité à laquelle la famille n’a pu obtenir des réponses des responsables hospitaliers.

Face à cette tumulte, il a fallu l’intervention manu militari des forces de maintien de l’ordre pour calmer les esprits et éviter le pire. Puis débarqué sur place, le procureur de la République, prescrivit la procédure à suivre. Il va demander que « le corps sera retourné à la morgue sous scellés. La famille déposera une plainte formelle afin que le procureur ordonne une autopsie. Tout le monde sera entendu pour que la lumière soit faite sur cette question…(..)…Mais en attendant, la solution n’est pas d’agir par la force », a-t-il conseillé, exhortant la famille à faire preuve de calme et de patience.

L’attente des procédures légales a ouvert le boulevard à des commentaires interminables. Curieusement, ce n’est pas la première fois que l’hôpital central de Yaoundé est cité dans une affaire (réelle ou suspectée) de trafic d’organes.

L’hôpital central de Yaoundé s’en défend

Le mardi 28 septembre 2021, invité au journal de 13 h à la Radio nationale, le directeur général de l’hôpital central de Yaoundé (HCY) est revenu de fond en comble sur l’incident survenu dans la structure hospitalière qu’il dirige le 25 septembre 2021.

« C’est une histoire macabre, terrible, qui traumatise tout le personnel de l’Hôpital central de Yaoundé en commençant par moi-même », a indiqué le professeur Pierre Joseph Fouda. Expliquant le début de l’affaire, il soutiendra que le patient en question était arrivé à l’hôpital central de Yaoundé, le 10 septembre 2021, après avoir été poignardé. Il est revenu le 14 avec une infection abdominale. C’est ainsi qu’il a été opéré, a-t- il renseigné.

À l’en croire, la première opération s’était bien passée. Mais après 48 heures, le chef des urgences constate que les tissus de la peau sont infectés. Ce qui a nécessité une deuxième intervention au bloc opératoire. Le professeur Pierre Joseph Fouda précise que tout ce qui a été fait, c’était dans l’optique de sauver le patient. « Finalement, le malade décède parce que c’était une infection généralisée », a-t-il soutenu.

« Ce n’est pas scandaleux d’avoir ouvert le ventre »

S’agissant des interrogations sur les images montrant le malade finalement décédé, blessé au dos et qui se retrouve avec le ventre ouvert, il se justifie par la méthode utilisée.

« Quand le couteau part, il ne s’arrête sur la peau et le muscle. Il est allé blessé le gros intestin à l’intérieur. On ne peut réparer ces lésions qu’en opérant au niveau du ventre. Il n’y a pas une autre façon d’opérer quel que soit l’hôpital où on se trouve ou le pays où on se trouve. Ce n’est pas scandaleux d’avoir ouvert le ventre. C’est ce qu’il fallait faire », a indiqué le professeur Fouda.

Pour lui, « Ce qui a été fait a été fait dans les règles de l’art ». Seulement, il regrette donc que des gens profitent de l’occasion pour monter une cabale contre sa personne pourtant, en tant qu’ainé du métier, il ne saurait se livrer aux pratiques dont il est soupçonné.

En conclusion, il souhaite « que la famille amène son médecin légiste pour faire éclater la vérité sur cette affaire ».

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