Le Bénin secoué par une crise socio-politique
L’année 2019 a été marquée au Bénin par une crise socio-politique tendue générée par l’organisation des élections législatives du 28 avril dernier, consécutives à la mise en œuvre de la nouvelle charte des partis politiques et du code électoral.
Afin d’assainir le système partisan en cours au Bénin depuis le processus de renouveau démocratique de février 1990, caractérisé par la floraison des partis politiques (plus de 200 formations pour une population de 11 millions d’habitants), la 7e législature du Parlement béninois a adopté en septembre 2018 une nouvelle charte des partis politiques et un nouveau code électoral.
Toutefois, l’application de ces lois pour les législatives d’avril 2019 a engendré l’exclusion de près d’une dizaine de formations politiques. Pour protester contre leur exclusion du processus électoral, les leaders de ces formations ont appelé leurs militants à boycotter le scrutin législatif du 28 avril 2019.
En outre, de violentes manifestations des forces politiques d’opposition ont éclaté à moins de 72 heures du scrutin dans plusieurs villes du pays, notamment dans les localités du Centre et du Nord, et se sont poursuivies le jour même du vote.
Le 30 avril dernier, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a publié les grandes tendances du scrutin, qui donnaient gagnants les deux partis politiques soutenant le pouvoir du président Patrice Talon, le parti du Bloc républicain (BR) et l’Union progressiste (UP).
A la suite de cette publication, l’ancien chef d’Etat béninois, Boni Yayi, président d’honneur des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), a appelé les jeunes béninois à descendre dans la rue pour protester contre les résultats du scrutin.
« Si ces événements des mois d’avril, de mai et juin n’ont pas remis en cause le processus démocratique de notre pays, encore moins son édifice républicain, ils auront néanmoins révélé une certaine inadéquation entre l’idéal unanimement partagé et notre capacité à nous adapter tous aux exigences de cet idéal », a indiqué le président béninois Patrice Talon, à l’ouverture du dialogue politique qu’il a convoqué le 10 août en vue de rechercher des compromis aux questions politiques électorales.
Ces assises politiques ont permis aux délégués des huit formations politiques de la majorité et de l’opposition de proposer la révision de cinq textes, notamment le Code électoral, la Charte des partis politiques et le statut de l’opposition, la loi sur le financement public des partis politiques et une loi d’amnistie relative aux événements d’avril, mai et juin 2019 liés aux élections législatives.
Ces recommandations prises en compte par le Parlement ont débouché le 1er novembre sur la modification de la Constitution pour favoriser l’intégration de ces mesures législatives en vue de décrisper la situation socio-politique qui règne dans le pays depuis les législatives d’avril 2019.
Ainsi, le texte amendé comporte nombre d’innovations, notamment la création d’un poste de vice-président élu en duo avec le président de la République à la majorité absolue des suffrages au scrutin à deux tours, l’abolition de la peine de mort, la promotion des femmes au Parlement à travers une meilleure représentation, et l’organisation d’élections générales à partir de l’année 2026.
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