Un budget sur la bonne voie, mais encore trop déficitaire – Montchalin
PARIS (Reuters) -La copie budgétaire présentée en l’état par le Parlement « va dans la bonne voie » mais « doit encore être équilibrée », juge la ministre de l’Action et des Comptes publics Amélie de Montchalin dans une interview au Parisien-Dimanche.
« On est aux alentours de 5% du PIB alors qu’on devrait être sous les 5% », dit-elle à propos du déficit public. « Notre objectif reste 4,7% », rappelle-t-elle, contre 5,4% pour 2025.
La France se fixe comme objectif de passer sous les 3% de déficit d’ici 2029, afin de respecter ses engagements européens. « Ce n’est pas un fétichisme! Tous les efforts qu’on ne fera pas en 2026, il faudra les réaliser en 2027, 2028, 2029 », avertit Amélie de Montchalin.
Concernant le budget de la Sécurité sociale, « il est impossible d’imaginer un déficit (…) au-dessus des 20 milliards d’euros », souligne encore la ministre.
La copie actuelle du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale), partiellement rendue par l’Assemblée nationale, qui sera examinée à partir de mercredi par le Sénat en séance publique, creuserait le déficit à plus de 24 milliards d’euros selon le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.
« Il est difficile d’imaginer qu’on puisse dégeler toutes les retraites et toutes les prestations sociales », avance Amélie de Montchalin, qui juge qu' »à partir d’un certain niveau de pension, il pourrait y avoir une contribution plus grande à l’effort national ».
Le gel des retraites et prestations pour 2026, qui figurait dans la copie initiale du gouvernement de Sébastien Lecornu, a été supprimé en première lecture par l’Assemblée nationale mais rétabli samedi par la commission des Affaires sociales du Sénat.
Celle-ci a également annulé la suspension de la réforme des retraites votée mercredi par les députés.
Amélie de Montchalin veut toutefois croire que cette concession majeure du gouvernement au Parti socialiste pour éviter la censure et assurer sa survie sera maintenue.
« Il y aura une suspension de cette réforme s’il y a un vote sur le budget. C’est très simple ! J’ai une très grande confiance dans les sénateurs et le président [Gérard] Larcher, le premier, pour oeuvrer au compromis ». Ils « entendent la demande des Français qu’on se mette d’accord », assure-t-elle.
Depuis que le PLFSS a été transmis au Sénat, les députés ont repris l’examen du PLF, le budget de l’Etat, sur lequel ils doivent voter d’ici au 23 novembre. Le texte sera ensuite examiné par la chambre haute, avant une probable navette parlementaire.
(Jean-Stéphane Brosse)
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