Madrid accentue ses critiques envers Israël et les USA malgré les menaces de Trump
par David Latona et Emma Pinedo
MADRID, 9 avril (Reuters) – L’Espagne a fermement condamné jeudi les frappes israéliennes au Liban, réitérant ses virulentes critiques à l’encontre des campagnes militaires menée par Israël et les Etats-Unis, malgré les menaces de Donald Trump de sanctionner les alliés de l’Otan qui ne se montrent pas coopératifs.
L’opposition de l’Espagne au conflit avec l’Iran a tendu un peu plus encore ses relations avec Washington, des personnalités du mouvement « MAGA » (Make America Great Again) pressant le président américain de sévir contre Madrid.
Dans une allocution devant les députés, le ministre des Affaires étrangères Jose Manuel Albares a qualifié le conflit d’attaque contre la civilisation, faisant écho aux critiques cinglantes formulées par le Premier ministre Pedro Sanchez à l’encontre de la décision de Donald Trump de cibler la République islamique.
« Nous sommes confrontés à la plus grande attaque contre la civilisation fondée sur les idéaux humanistes de la raison, de la paix, de la compréhension et du droit universel, face à l’abus de pouvoir, à la force brute et à l’arbitraire », a déclaré Jose Manuel Albares.
« Les prophètes de la guerre et de la violence cherchent à revenir aux valeurs et aux pratiques des moments les plus sombres de l’Histoire », a ajouté le ministre, accusant Israël de violer le droit international et le cessez-le-feu de deux semaines tout juste négocié, après que l’Etat hébreu a lancé mercredi une vague massive de frappes aériennes contre le Liban qui ont tué plus de 250 personnes.
Pedro Sanchez, qui s’est imposé comme l’un des principaux opposants à la guerre, avait précédemment fermé l’espace aérien espagnol à tout avion impliqué dans le conflit, qu’il a qualifié d’imprudent et d’illégal.
Mercredi soir, le Premier ministre a réitéré son appel à ce que l’Union européenne dénonce son accord d’association avec Israël, la pressant de mettre fin à « l’impunité des actions criminelles » de l’Etat hébreu.
SANCHEZ DÉNONCE « LE MÉPRIS » DE NETANYAHU
Dans un message publié sur X, il a dénoncé « le mépris » « intolérable » du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « pour la vie et le droit international ».
Mercredi également, l’Espagne et l’Italie ont chacune convoqué des représentants israéliens pour protester contre des incidents distincts ayant impliqué des Casques bleus de l’Onu au Liban. Madrid a indiqué qu’un membre espagnol de la Finul avait été détenu injustement par Tsahal.
Les relations entre l’Espagne et les États-Unis se sont nettement dégradées l’an dernier lorsque Madrid a rejeté la demande de Donald Trump visant à ce que les alliés de l’Otan augmentent leurs dépenses de défense pour le porter à 5% de leurs PIB, ce qui a conduit le président américain à menacer de suspendre le commerce entre les deux pays.
En début de semaine, Jose Manuel Albares a déclaré que le fait que Trump envisage publiquement de se retirer de l’alliance incitait les pays européens à envisager d’autres dispositions en matière de sécurité.
En Espagne, la position du gouvernement reste largement soutenue, les sondages montrant qu’une majorité écrasante rejette la guerre. Selon des enquêtes récentes, le Parti socialiste de Pedro Sanchez bénéficie d’un regain de popularité auprès des électeurs tandis que le parti d’extrême droite Vox, qui a soutenu les États-Unis et Israël, voit sa cote baisser.
Si Pedro Sanchez s’est félicité du cessez-le-feu négocié par le Pakistan, il a également déclaré – en référence à l’administration américaine – que l’Espagne « n’applaudirait pas ceux qui mettent le feu au monde simplement parce qu’ils se présentent avec un seau ».
Jose Manuel Albares a en outre annoncé jeudi que l’Espagne rouvrirait son ambassade à Téhéran dans l’espoir de parvenir à la paix dans la région, une décision qualifiée de « honte éternelle » par son homologue israélien, Gideon Saar.
(Reportage de David Latona et Emma Pinedo, version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)
Un service de presse reconnu par l'Etat
Le Journal Chrétien est un service de presse en ligne bénéficiant d’un agrément de la Commission paritaire des publications et agences de presse du Ministère de la Culture. Il est membre du Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne (SPIIL), un syndicat professionnel français créé en afin de défendre les intérêts professionnels des éditeurs de presse en ligne indépendants. Il fait partie des sources d'information officielles de Google actualités dans tous les pays francophones. Dans un paysage médiatique marqué par le mensonge et les fake news et les calomnies, le Journal Chrétien se positionne comme le média de la vérité qui passe l'information au tamis de l'Évangile. Nos journalistes et correspondants essaient de s'approcher de la vérité des faits avec beaucoup d'humilité. Le professionnalisme des experts impliqués dans le Journal Chrétien garantit une procédure de sélection de grande qualité et un suivi des projets très rigoureux.Quand les pasteurs et leurs églises sont victimes de dénonciations calomnieuses, le Journal Chrétien mène des investigations pour rétablir la vérité.
En plus de son activité éditoriale remarquable, le Journal Chrétien est l’éditeur de Bible.audio, une vaste plateforme de ressources bibliques comprenant une vingtaine de traductions bibliques, la Bible audio, la Bible interlinéaire, le comparateur de versions, la concordance biblique, les commentaires bibliques, les dictionnaires bibliques et les lexiques bibliques.
Il dispose également d'une chaîne de télévision chrétienne dénommée Chrétiens TV, qui diffuse ses programmes sur le canal 246 de la Freebox en France. Elle s’adresse à tous ceux qui souhaitent nourrir leur réflexion, leur foi ou simplement découvrir des programmes porteurs de sens et de bienveillance.

