Macron reconnaît la volonté de changement du pays, dit la gauche reçue à l’Elysée
par Elizabeth Pineau
PARIS (Reuters) – Emmanuel Macron a pris acte de la volonté de changement exprimée lors des élections législatives, ont estimé les membres de la coalition de gauche Nouveau Front populaire (NFP), reçus vendredi à l’Elysée dans le cadre de consultations préalables à la nomination d’un nouveau Premier ministre.
Arrivés à leur suite, les ténors du camp présidentiel n’ont pas commenté devant la presse leur entretien d’environ deux heures avec le chef de l’Etat mais le Premier ministre démissionnaire, Gabriel Attal, a affirmé dans un message aux députés de son groupe qu’ils étaient « prêts à soutenir un gouvernement qui n’est pas seulement l’émanation de notre parti ou de notre bloc ».
Le camp présidentiel, et Les Républicains (LR) à sa suite, ont toutefois réaffirmé à Emmanuel Macron qu’ils censureraient tout gouvernement comprenant des ministres issus de La France insoumise (LFI), l’une des principales composantes du NFP.
La série d’auditions des forces politiques lancée vendredi par le président de la République doit permettre de trouver, selon les termes de l’Elysée, une hypothétique « majorité la plus large et la plus stable possibles » dans une Assemblée nationale éclatée depuis les scrutins des 30 juin et 7 juillet.
« Nous sommes satisfaits du fait que le président de la République a reconnu qu’un message avait été envoyé par les Français lors des dernières élections, et que ce message c’est le souhait d’un changement d’orientation politique », a déclaré à sa sortie de l’Elysée Lucie Castets, candidate désignée par le NFP pour Matignon.
Au terme de près d’une heure et demie de discussions que Lucie Castets a qualifiées de « très riches », le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, a indiqué que le nom du nouveau Premier ministre serait annoncé sans tarder. Le président « n’a pas annoncé une date précise mais il a dit que ce serait rapide » a-t-il déclaré.
La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a émis le souhait que ce soit chose faite mardi, soit au lendemain de la fin des consultations de l’Elysée et à la veille de l’ouverture des Jeux paralympiques de Paris.
A ses yeux comme à ceux de ses partenaires, le nom de Lucie Castets s’impose pour succéder à Gabriel Attal. « Ce n’est pas la peine d’essayer de nous donner d’autres noms », a-t-elle dit. « Nous sommes un bloc solide et solidaire. »
« LARGE SPECTRE DE SENSIBILITÉS »
A l’issue des législatives, le NFP représente la plus importante formation à l’Assemblée avec 193 députés, très loin cependant de la majorité absolue de 289 parlementaires. L’alliance reste unie même si des frictions se font régulièrement jour, notamment au sein du PS où certains refusent l’alliance avec LFI.
Arrivés en ordre dispersé, les membres du « bloc central » représentant le camp présidentiel, où figure notamment l’ancien Premier ministre et fondateur d’Horizons Edouard Philippe ainsi que le Premier ministre démissionnaire devenu président du groupe Ensemble pour la République au Palais-Bourbon Gabriel Attal, n’étaient guère diserts à leur sortie.
« C’était une bonne réunion », a dit Edouard Philippe.
Dans un message envoyé plus tard aux députés du groupe Ensemble pour la République qu’il préside, et que Reuters a consulté, Gabriel Attal appelle de ses voeux « un gouvernement représentant un large spectre de sensibilités de la gauche à la droite républicaines, qui permettrait probablement d’avancer dans l’intérêt des français ».
Le Premier ministre démissionnaire dit aussi avoir évoqué les thèmes « pouvant faire l’objet de consensus larges », comme la protection de l’enfance, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, le grand âge ou encore les « libertés nouvelles accordées aux collectivités locales ».
DIALOGUE « LOYAL, SINCÈRE, UTILE »
Peu après le camp présidentiel, les députés Annie Genevard et Laurent Wauquiez ainsi que le sénateur Bruno Retailleau arrivaient par le jardin pour discuter à leur tour avec le chef de l’Etat.
A leur sortie, tous trois ont rappelé leur refus d’une coalition gouvernementale tout en voulant être constructifs.
« S’il y a des lois qui sont positives, évidemment qu’on sera capables de les soutenir », a dit Laurent Wauquiez à la presse.
Ils ont aussi rappelé leur opposition à la présence de ministres LFI dans le futur gouvernement, qui déclencherait une motion de censure de leur part.
Lundi, ce sera au tour des chefs de file du Rassemblement national, Jordan Bardella et Marine Le Pen, et de leur allié Eric Ciotti, d’être consultés par Emmanuel Macron, qui verra aussi les présidents de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et du Sénat, Gérard Larcher.
Sans dévoiler les intentions du chef de l’Etat, son entourage insiste sur l’importance d’un dialogue « loyal, sincère et utile » de façon à trouver in fine une majorité « stable » capable de survivre à d’éventuelles motions de censure.
Des noms ont circulé pour remplacer Gabriel Attal à Matignon dont ceux de l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, du président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand et du maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) Karim Bouamrane.
Aucune équation ne semble pour l’instant tomber juste quant aux alliances potentielles au Palais-Bourbon.
En attendant la nomination du nouveau locataire de Matignon, les ministres démissionnaires du gouvernement Attal gèrent les affaires courantes et préparent le budget 2025 appelé à être débattu à la rentrée.
(Reportage Elizabeth Pineau, édité par Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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