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Macron dramatise l’enjeu des législatives et appelle au « sursaut républicain »

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PARIS (Reuters) – Emmanuel Macron est intervenu mardi dans la campagne pour le second tour des élections législatives avec l’espoir de conjurer une nouvelle flambée d’abstention au second tour et de s’assurer « une majorité solide » pour mener à bien son second quinquennat.

Le chef de l’Etat, qui ne s’était pas publiquement exprimé sur le sujet depuis le résultat en demi-teinte de la coalition « Ensemble » dimanche au premier tour, a dramatisé l’enjeu en délivrant une allocution solennelle sur le tarmac de l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne) avant son départ pour la Roumanie.

Une prise de parole ajoutée tardivement à son agenda alors que l’exécutif s’inquiète du risque d’une majorité relative à la chambre basse qui entraverait la marche des réformes et l’exposerait à des alliances politiques de circonstance face à une opposition forte emmenée par la Nupes de Jean-Luc Mélenchon.

« Je vous demande de donner une majorité solide au pays », a-t-il déclaré.

Emmanuel Macron a dit mesurer les « doutes », « angoisses », « peurs », « inquiétudes », « difficultés » exprimées lors du premier tour des élections législatives, marqué par une abstention record de 52,49%. Il a estimé que « les mois à venir » seraient « difficiles », évoquant notamment l’envolée du coût de la vie.

« Je respecte chaque voix, chaque sensibilité », a-t-il souligné.

« RIEN NE SERAIT PIRE »

Mais, a-t-il développé dans un argumentaire alarmiste désormais rodé, « face aux crises qui ne manqueront pas de survenir, rien ne serait pire que de nous perdre dans l’immobilisme, dans les blocages, dans les postures. » Il a dit redouter un « désordre » national et invité au « sursaut républicain ».

Elisabeth Borne avait mobilisé mardi matin les représentants de la majorité dans les mêmes termes, pour une dernière ligne droite « de combat » face au « risque de blocage du pays » que constituerait à ses yeux une percée de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes).

Emmanuel Macron avait jusqu’à présent laissé la Première ministre, qui n’a pas d’expérience électorale, en première ligne.

Elle a réuni mardi matin au QG d’Ensemble, à Paris, les principaux représentants de la confédération pour de nouveau préciser sa « stratégie de combat », a rapporté son entourage.

Une stratégie qui vise prioritairement à brandir la menace d’une Assemblée nationale instable livrée aux troupes de Jean-Luc Mélenchon, qui n’a pas renoncé à imposer une cohabitation au chef de l’Etat, même si les projections en sièges des instituts de sondage écartent cette perspective.

« Il s’agira de rappeler ce que sont nos opposants : le désordre, l’explosion des taxes, une écologie de la décroissance et des interdits », a-t-elle déclaré, selon des propos relayés par son entourage.

« Il s’agira d’avertir sur le risque de blocage du pays, alors même qu’il y a la guerre aux portes de l’Europe et que nous devons être forts et stables pour y faire face », a-t-elle ajouté.

« LE CHAOS, C’EST LUI »

Aux tenants présumés du « désordre », les caciques de la majorité, qui se déploient sur le terrain, opposent la nécessité de « députés utiles ».

« Seuls les députés de la majorité pourront être des voix fortes et des relais utiles à Paris pour leurs territoires », a martelé Elisabeth Borne, qui se présente dans le Calvados.

L’ancien Premier ministre Edouard Philippe, le président de l’Assemblée nationale sortante Richard Ferrand, les ministres Olivier Dussopt, Olivia Grégoire, Stanislas Guerini ou encore Franck Riester, notamment, participaient à la réunion.

Dans une interview publiée mardi dans Le Figaro, Edouard Philippe, président d' »Horizons », met en garde contre une « France ingouvernable », parlant de « folie » et d' »aventure » si la coalition présidentielle, dont le score est en recul par rapport au scrutin présidentiel, venait à échouer dimanche.

Au total, 572 circonscriptions sur 577 restent en jeu, avec une majorité absolue fixée à 289 sièges.

Jean-Luc Mélenchon a tourné en dérision l’intervention présidentielle, signe à ses yeux de fébrilité, voire de panique.

« Le coup de l’allocution sur le tarmac est raté après tant d’autres. J’ose à peine dire que ca fait réchauffé compte tenu de la température. Ce sketch à la Trump pour mettre en garde contre l’ennemi de l’intérieur est le symbole d’une époque », écrit le chef de file de La France insoumise sur son blog.

Dans une interview au Parisien diffusée avant l’allocution, il dénonçait la décision d’Emmanuel Macron de se rendre en Roumanie et en Moldavie, alors que la guerre en Ukraine continue de faire rage.

« Pendant trois jours, il n’y a donc plus de pilote dans l’avion politique macroniste. Donc, après avoir anesthésié la campagne en refusant tout débat, il voyait le deuxième tour comme une formalité administrative… Quel mépris ! », déclarait-il.

Pour le chef de file de La France insoumise, « la violence des propos » à son égard est « un signal de détresse de nos adversaires ».

« Le chaos, c’est lui », souligne-t-il.

(Reportage Elizabeth Pineau, Jean-Stéphane Brosse, Nicolas Delame, rédigé par Sophie Louet)

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