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Burkina Faso : « Soyons des artisans de paix », Dr Vincent N. ILBOUDO, président de la FEME

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Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et humanitaires, la Fédération des Églises et Missions Évangéliques du Burkina Faso (FEME) poursuit son engagement en faveur de la paix, du vivre-ensemble et du développement holistique. À l’occasion d’un entretien accordé au Journal Chrétien le mercredi 14 janvier 2026 au siège de l’institution à Ouagadougou, son président, le Dr Vincent Noaga Ilboudo, revient sur la mission de la Fédération, ses actions concrètes, le projet de l’Université Koinonia et les perspectives sous son leadership.

Q : Dr Vincent Noaga Ilboudo, bonjour et merci d’avoir accepté notre invitation. Pour nos lecteurs, pouvez-vous présenter brièvement la FEME, sa mission, sa vision et son envergure dans le paysage religieux burkinabè ?

R : Merci pour cette opportunité. La Fédération des Églises et Missions Évangéliques du Burkina Faso est une association de dénominations chrétiennes évangéliques. Fondée en 1961 par cinq missions, elle regroupe aujourd’hui quatorze dénominations travaillant ensemble au sein de la Fédération.

La FEME est une structure faîtière majeure dans notre pays. Elle œuvre à l’unité, à la fraternité et à la solidarité entre ses membres. Sur le plan organisationnel, elle est dirigée par un Bureau exécutif national de sept membres, chargé de la gestion quotidienne, sous l’orientation d’un Comité directeur composé des présidents de dénominations et des directeurs de missions.

Notre mission fondamentale est d’unir les évangéliques du Burkina Faso autour d’une vision holistique, qui combine annonce de l’Évangile et développement socio-économique.

Q : Vous avez été récemment élu président de la FEME. Quel est votre sentiment face à cette responsabilité et comment envisagez-vous votre mandat ?

R : C’est une grande responsabilité et un honneur pour moi de servir notre Fédération. Être élu président signifie que l’on me confie la coordination et l’orientation de toutes nos missions et dénominations. Je considère ce mandat comme un appel au service, avec l’objectif de renforcer l’unité, la cohésion et l’efficacité de nos actions au service de l’Église et de la société burkinabè. Je m’engage à travailler main dans la main avec les membres du Bureau exécutif et du Comité directeur pour continuer à bâtir une FEME solide et engagée.

 » Je considère mon mandat comme un appel au service, avec l’objectif de renforcer l’unité, la cohésion et l’efficacité de nos actions au service de l’Église et de la société burkinabè. « 

Q : Quelles valeurs fondatrices guident la FEME et comment renforcent-elles la cohésion entre vos membres ?

R : La Fédération repose sur trois valeurs essentielles : fraternité, unité et solidarité. À sa création, en 1961, dans le prolongement de la Fédération des Églises protestantes d’Afrique occidentale, les missions évangéliques ont ressenti le besoin de s’unir pour parler d’une même voix.

Après les indépendances, la Haute-Volta a poursuivi cette logique fédérative. Ces valeurs historiques demeurent le socle de notre action et nous permettent de travailler ensemble pour des projets communs au service du pays.

Q : Dans le contexte d’insécurité actuel, quel rôle joue la FEME pour promouvoir la paix et le vivre-ensemble ?

R : La paix, la réconciliation et la cohésion sociale font partie intégrante de l’ADN de la FEME depuis sa création. Nous portons en permanence des messages de paix et de coexistence pacifique entre individus et communautés.

Nous croyons que la paix est un don de Dieu, et nous prions pour qu’elle habite les cœurs afin qu’elle se traduise concrètement dans les relations interpersonnelles et intercommunautaires. En tant que structure faîtière, nous contribuons activement à la recherche de solutions pacifiques et sommes régulièrement consultés par les autorités dans la résolution des crises.

Q : Pouvez-vous citer des actions concrètes menées en faveur des populations vulnérables, notamment les personnes déplacées internes, les veuves et les orphelins ?

R : Face à l’insécurité, le Burkina Faso traverse une crise humanitaire majeure, avec plus de deux millions de personnes déplacées. L’Église n’est pas restée indifférente.

Au niveau des Églises locales, des dénominations et de la Fédération, des actions ont été entreprises pour venir en aide aux plus vulnérables. En décembre dernier, avec l’appui de l’Association des Évangéliques d’Afrique (AEA), nous avons distribué une aide d’une valeur de plus de 30 millions de francs CFA, composée de vivres et de kits scolaires, pour des personnes déplacées, des veuves et des orphelins à Bobo-Dioulasso, Fada N’Gourma, Kaya et aux environs de Ouagadougou.

Q : La FEME porte un projet structurant : l’Université Koinonia. Quelle est sa vision et où en est son développement ?

R : L’Université Koinonia est née de la volonté de la FEME de contribuer à l’offre éducative nationale. Même si l’État déploie des efforts, il ne peut à lui seul répondre à tous les besoins. L’Église a voulu prendre sa part. Le projet est en cours de construction. Pour l’heure, nous opérons dans des locaux loués, assez restreints. L’objectif est de construire notre propre campus ; les plans sont déjà établis. C’est un projet d’envergure qui s’adresse à tout Burkinabè et au-delà, à toute personne désireuse de se former efficacement à un métier. Nous lançons un appel aux personnes de bonne volonté pour nous aider à concrétiser cette vision éducative.

Q : Comment la FEME assure-t-elle une gouvernance responsable et éthique, et quelle place occupe la formation au leadership chrétien ?

R : La bonne gouvernance est une valeur biblique fondamentale. Le leadership chrétien doit être un leadership serviteur, à l’image du Christ, visant à faire grandir et développer les individus, et non à les dominer.

Nos dénominations disposent d’écoles de formation théologique et pastorale où ces thématiques sont abordées pour former des responsables compétents et intègres. Par ailleurs, l’Alliance des Femmes Évangéliques et l’Union de la Jeunesse Évangélique participent pleinement à la mise en œuvre de notre vision.

Q : Quelles sont vos priorités pour renforcer l’impact spirituel et social de la FEME ?

R : Nous souhaitons consolider et amplifier l’action de nos structures opérationnelles, notamment l’Office de Développement des Églises (ODE), actif depuis plus de cinquante ans au développement socio-économique des populations, sans distinction de religion. Notre vision est que ces moteurs de développement continuent d’influencer positivement le Burkina Faso par des projets pertinents. La formation et la valorisation des initiatives locales, portées par les femmes et les jeunes, restent centrales.

Q : Quel message d’espérance souhaitez-vous adresser aux Burkinabè et aux fidèles ?

R : J’appelle chaque chrétien et chaque citoyen à devenir un artisan de paix. Cela commence dans le cœur et la famille, avant de se traduire dans les relations sociales et communautaires. Le vivre-ensemble est une nécessité pour le bien-être de tous, au-delà de nos obédiences. Comme le rappelle l’Écriture : « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Matthieu 5,9). Chacun doit également soutenir l’œuvre de Dieu, par son engagement personnel et ses ressources.

Q : Quel message adressez-vous aux lecteurs et partenaires pour soutenir le Journal Chrétien et Chrétiens TV ?

R : Je félicite le Journal Chrétien et Chrétiens TV comme instruments de communication essentiel au développement de l’œuvre évangélique. J’encourage vivement chacun, où qu’il soit, à soutenir financièrement cette initiative qui édifie l’Église à travers le monde. Comme on le dit, ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.

Q : Votre mot de clôture ?

R : Je vous remercie pour cet entretien et vous encourage à persévérer dans votre travail. Prions que Dieu pourvoie à tous les besoins de cette œuvre. Main dans la main, dans l’unité et la collaboration, nous pouvons accomplir davantage pour Sa gloire.

Pour le Journal Chrétien,

Entretien réalisé par Emmanuel LANKOANDE.

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