Lecornu annonce la préparation d’une loi d’urgence agricole
PARIS, 13 janvier (Reuters) – Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mardi la préparation d’une loi d’urgence agricole qui devrait être examinée par le Parlement avant l’été, alors que des centaines de tracteurs sont entrés dans Paris pour protester contre l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur.
« J’ai demandé à la ministre (de l’Agriculture) Annie Genevard de préparer pour le salon de l’agriculture une loi d’urgence agricole autour de plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production », a indiqué le chef du gouvernement sur le réseau social X.
Sébastien Lecornu ajoute que des simplifications supplémentaires pourraient être prises dans les prochaines semaines.
Le plan de 300 millions d’euros pour aider les agriculteurs et simplifier leur travail annoncé la semaine dernière par Annie Genevard sera en outre « complété par un volet fiscal dès ce soir », rappelle Sébastien Lecornu.
« Ce plan fiscal et budgétaire du gouvernement sera déposé ce soir par voie d’amendement. Il est désormais soumis au vote du Parlement », dit-il, précisant toutefois qu' »il ne pourra entrer en vigueur qu’avec l’adoption d’un budget ».
Ces annonces ont été jugées insuffisantes par la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), principal syndicat agricole français, qui a annoncé rester toute la nuit près de l’Assemblée nationale.
« Les annonces, vu des responsables, sont des avancées, mais vu des agriculteurs, elles n’apparaissent pas comme suffisantes, donc à l’unanimité ils ont décidé de rester ici jusqu’à ce qu’on puisse entamer d’autres négociations avec le gouvernement », a déclaré le vice-président de la FNSEA, Damien Greffin, au micro de BFM TV.
Plus tôt dans la journée, plusieurs centaines de tracteurs sont entrés dans Paris mardi matin pour protester contre l’accord avec le Mercosur, approuvé la semaine dernière par une majorité d’Etats membres de l’UE malgré l’opposition de la France.
DES TRACTEURS DANS PARIS
Selon la préfecture de police de Paris, quelque 350 tracteurs venus notamment d’Île-de-France et du nord de la France ont été recensés au total en direction de Paris. Un convoi s’est dirigé vers l’Arc de Triomphe, en haut des Champs-Elysées, tandis qu’un autre est arrivé devant l’Assemblée nationale, en plein coeur de la capitale.
La manifestation est organisée par la FNSEA qui entend maintenir la pression avant le vote du Parlement européen sur l’accord avec le marché commun sud-américain le 20 janvier.
« (L’accord avec) le Mercosur a été signé alors que le Parlement européen n’a pas été consulté. Ça conduit à une importation de produits d’origine étrangère qu’on sait pertinemment produire en France, et qui ne respectent pas les normes que l’on nous impose à nous », a déclaré Damien Greffin.
« Pendant ce temps-là, on tergiverse depuis des mois pour avoir un budget, donc aucun de nos sujets agricoles de compétitivité, de prix, de normes n’avance (…) On perd un temps monstre pendant que d’autres pays galopent. »
Damien Greffin a dit que les agriculteurs français manifesteraient également devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier.
Au-delà de l’accord avec le Mercosur, les agriculteurs dénoncent la « surtransposition » des normes environnementales et sanitaires européennes dans la loi française, et réclament à hauts cris une dérégulation.
« Aujourd’hui, on a une déconnexion entre ce que demandent nos agriculteurs et ce qu’on laisse entrer dans l’Europe (…). Les règles sont en totale inadéquation avec les réalités du terrain. On a besoin d’avoir de la souplesse, on a besoin de travailler avec du vivant », a déclaré à Reuters Guillaume Lefort, céréalier et responsable de la FNSEA dans la Seine-et-Marne, en région parisienne.
Un autre syndicat agricole, la Coordination Rurale, avait déjà fait descendre des tracteurs sous la Tour Eiffel et l’Arc de Triomphe jeudi lors d’une manifestation surprise.
(Reportage de Gus Trompiz, Sybille de la Hamaide, Benoit Tessier, avec la contribution d’Elizabeth Pineau ; rédigé par Tangi Salaün et Camille Raynaud, édité par Bertrand Boucey)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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