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L’Etat défend sa stratégie face à l’extension de la dermatose nodulaire

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PARIS, 12 décembre (Reuters) – Le gouvernement français, confronté à une nouvelle vague de colère des éleveurs, a défendu vendredi sa stratégie face à l’extension de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), soulignant que l’abattage des bovins touchés était la seule solution pour éviter la mort d’au moins « 1,5 million » de bêtes.

La dermatose nodulaire contagieuse, une maladie virale qui n’est pas contagieuse pour l’homme et se transmet entre bovins ou par la piqûre d’une mouche ou d’un taon, a été détectée pour la première fois en France le 29 juin dernier, dans un élevage de Savoie où plus de 70 bovins ont été abattus.

A ce jour, le ministère de l’Agriculture, qui a déjà consacré six millions d’euros à la crise, recense une centaine de foyers d’infection dans les départements de Savoie, Haute-Savoie, Ain, Rhône, Jura, Pyrénées-Orientales, Doubs, Ariège et Hautes-Pyrénées.

En Ariège, ce sont quelque 200 vaches d’une exploitation des Bordes-sur-Arize qui ont été euthanasiées vendredi par les services vétérinaires sous la protection de gendarmes, au lendemain de heurts entre agriculteurs et forces de l’ordre. Un cas de dermatose avait été signalé mardi dans le troupeau.

Un représentant de la Coordination rurale Occitanie a déclaré vendredi sur BFM TV qu’un nouveau foyer de la maladie avait été découvert à Touille (Haute-Garonne).

Des rassemblements et blocages, avec notamment déversement de lisier, pneus incendiés, se sont déroulés jeudi dans l’Aveyron, le Cantal, le Puy-de-Dôme, l’Hérault, ou encore la Haute-Garonne. Des perturbations demeuraient vendredi sur des axes routiers, notamment l’A64 entre Toulouse et Bayonne, selon Vinci Autoroutes.

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a appelé à privilégier la raison sur l’émotion, qu’elle dit toutefois comprendre.

« LA FRANCE SOUS CLOCHE »

« Nous sommes aujourd’hui engagés dans une véritable course contre la montre contre le virus. Deux nouveaux foyers, éloignés des précédents, montrent qu’il circule. Le risque, c’est le débordement », a-t-elle souligné sur X.

« L’abattage est la seule solution », ajoute-t-elle dans Le Parisien, alors que des éleveurs, notamment au sein de la Coordination rurale, dénoncent un protocole aveugle.

« Si on n’applique pas ce protocole, l’Europe mettra la France sous cloche et plus rien ne sortira du pays. Ni animaux, ni fromage, ni lait. Déjà, aujourd’hui, alors qu’on maîtrise la situation, on ne peut plus exporter un seul fromage au lait cru au Canada et en Grande-Bretagne », rappelle la ministre.

Annie Genevard estime que si la maladie continue à s’étendre dans les élevages, « le virus pourrait même tuer, au bas mot, 1,5 million de bovins ».

A ce jour, 3.000 bovins ont été abattus en France. « Soit 0,02% du cheptel. Cela permet de relativiser », plaide la ministre.

Le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Arnaud Rousseau, soutient la politique gouvernementale en jugeant que « la seule solution à court terme est l’abattage ».

Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, dénonce à l’inverse dans un communiqué « l’obstination de l’Etat à maintenir une politique d’abattage total » qui selon lui « n’est pas efficace ».

Il a appelé vendredi à poursuivre les manifestations à la suite d’un entretien avec la ministre à Paris. Bertrand Venteau souhaite que la vaccination prime sur l’abattage afin de « défendre un maximum d’animaux ».

Outre le « dépeuplement » des élevages affectés, avec la mise en place de zones de protection autour des foyers, l’Etat mène une campagne de vaccination qui a été étendue vendredi à huit départements : Ariège, Aude, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Gers, Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales, Landes.

Il n’existe pas de traitement spécifique contre la dermatose nodulaire contagieuse.

(Rédigé par Sybille de la Hamaide et Sophie Louet, édité par Kate Entringer)

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