Rechercher sur le site

Entrez les mots-clés dans la boîte ci-dessous :

Le Journal Chrétien

Un média d’espérance

Inscription à la newsletter

Le RN veut faire de Perpignan la vitrine de son programme sécuritaire

PARTAGER SUR :

par Leigh Thomas

PERPIGNAN, Pyrénées-Orientales, 7 mars (Reuters) – Dans les rues de Perpignan, Louis Aliot, le maire Rassemblement national sortant, martèle à l’envi un message simple aux électeurs pour obtenir un nouveau mandat : davantage de policiers, de caméras et de d’ordre dans la cité méditerranéenne, située non loin de la frontière espagnole.

L’élu d’extrême-droite a fait de la sécurité le thème central de son administration et le RN présente cette ville de 122.000 habitants, la plus grande que le parti administre, comme une vitrine de sa gestion sécuritaire dans l’espoir que cela pourra lui faire ​gagner d’autres villes dans huit ‌jours.

Malgré le possible risque d’inéligibilité qui le menace dans le cadre du procès des assistants parlementaires ​du Front national (FN), qui devrait connaître son ⁠épilogue cet été, Louis Aliot est largement en tête dans les sondages avant le premier tour de scrutin le 15 mars.

A ‌l’issue du procès en appel dans cette ‌affaire, il a été requis contre Louis Aliot 18 mois de prison avec sursis, 8.000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité.

« Quand le Rassemblement National est aux affaires (…) nous gérons bien puisque la population a l’air satisfaite », a-t-il dit lors d’un interview accordée à Reuters.

« Si la gauche avait défendu les pauvres, on n’en serait pas là aujourd’hui. ​Si la droite avait défendu l’ordre, on n’en serait pas là aujourd’hui. Les deux n’ont rien fait. Eh bien, c’est la troisième force politique aujourd’hui qui va le faire. »

Si le RN réussissait à remporter d’autres villes – d’après les sondages, le parti a des chances de succès dans des villes comme Toulon, Lens ou encore Marseille – le scrutin municipal serait un excellent tremplin pour la présidentielle de 2027, pour laquelle le président du RN Jordan Bardella figure en tête des enquêtes d’opinion.

MESURES SÉCURITAIRES

Le message sécuritaire du RN semble faire écho aux attentes de nombreux habitants de Perpignan, où, à quelques rues ⁠du centre historique empreint de culture catalane, se trouvent des quartiers délabrés qui comptent parmi les plus pauvres de France.

« Face à la violence dans laquelle notre pays s’enfonce année après année, ⁠nous entendons faire de l’ordre public une priorité absolue. Et je crois pouvoir dire que la France est, de ce point de vue, un point de bascule, » a déclaré Jordan Bardella lors d’un récent meeting de soutien à Louis Aliot.

Ce dernier a promis 50 policiers supplémentaires et 200 caméras de surveillance, en particulier dans les banlieues éloignées où la classe moyenne s’est installée pour fuir les quartiers pauvres du centre-ville.

Perpignan a déjà augmenté ses effectifs de policiers municipaux de 161 agents en 2020 à 199 aujourd’hui, soit un ratio de 1,6 policier municipal pour ⁠1.000 ‌habitants, le plus élevé parmi les villes françaises de plus de 100.000 habitants, près de trois fois supérieur à celui de Paris (0,6), selon les ⁠données du ministère de l’Intérieur examinées par Reuters.

Le renforcement des contrôles policiers a entraîné une forte augmentation des dossiers de trafic ​de drogue. En la matière, ​Perpignan occupe désormais la septième place parmi plus de 50 grandes villes françaises, alors qu’elle était 18e en 2020.

Le nombre total de ce type de dossiers traité par la police ​a plus que doublé, tandis que les amendes forfaitaires pour possession de faibles quantités de stupéfiants ont été multipliées par quatre.

LA SÉCURITÉ A UN COÛT

Cette priorité accordée à la sécurité a cependant un coût. La dette municipale s’élève à 1.600 euros par ‌habitant, bien au-dessus de la moyenne de ​1.200 euros dans les villes de taille similaire, selon les données du ministère des Finances.

Les taux de taxe foncière sont plus élevés que dans 71% des villes comparables, et 98% des ​villes similaires ont des taxes professionnelles locales moins élevées.

Louis Aliot arriverait en tête avec 44% des voix au premier tour selon un sondage Ifop réalisé début décembre, profitant d’une opposition fragmentée entre cinq rivaux.

Marie Nivet, une retraitée interrogée par Reuters sur un marché du centre-ville de Perpignan, s’est dite satisfaite de la propreté des rues et de la présence policière visible, tout en souhaitant encore davantage de mesures contre la drogue.

En revanche, elle hésite à soutenir le maire sortant en raison du verdict à venir de la cour d’appel concernant le détournement de fonds européens, procès qui menace également la survie politique de Marine Le Pen, dont ⁠Louis Aliot fut longtemps le compagnon.

De son côté, Christian Pyguillem, un gestionnaire immobilier à la retraite, reconnaît également que Louis Aliot a contribué à rendre les rues plus propres et à améliorer la sécurité, mais trouve qu’il n’en a pas fait assez pour juguler la pauvreté endémique dans certains quartiers.

« On va ​le laisser encore six ans. Mais c’est un vote local, je ne suis pas d’accord avec leurs autres ​idées », a-t-il dit.

(Version française Benoit Van Overstraeten; édité par Jean-Stéphane Brosse)

tagreuters.com2026binary_LYNXMPEM2605W-FILEDIMAGE

Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.

Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.   

Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.

Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.

Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.

Je soutiens le Journal Chrétien !

Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.

La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?

Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.

Faites partie des donateurs mensuels du Journal Chrétien. Aidez-nous à franchir un cap décisif et permettez à une voix indépendante de continuer à grandir dans le paysage médiatique francophone.

JE FAIS UN DON MAINTENANT

Les commentaires sont fermés.

LES ARTICLES LES PLUS LUS