Grèves contre la réforme des retraites : « C’est un choc d’une grande ampleur »
Quelque 250 rassemblements et défilés sont prévus en France. Le gouvernement prend très au sérieux le risque de violences, avec la mobilisation probable de « gilets jaunes radicaux » et de « black blocs », notamment dans la manifestation parisienne qui débute à 14h00.
Un vaste mouvement de grèves et manifestations dans les secteurs public et privé a débuté jeudi en France contre le projet gouvernemental de réforme des retraites, un nouvel acte social du quinquennat après les « Gilets jaunes » dont l’exécutif redoute qu’il n’égale la lame de fond de 1995.
Les syndicats, qui ne sont pas parvenus depuis 2017 à faire plier Emmanuel Macron, espèrent s’imposer dans ce bras de fer sur une réforme déterminante dont le principe est posé, mais qui reste à écrire.
L’exécutif, confronté à une agrégation des mécontentements, affiche sa fermeté sur l’objectif d’un système universel de retraites par points supprimant les régimes spéciaux, mais se ménage une marge de négociation, sur l’entrée en vigueur de la réforme particulièrement, mais aussi la pénibilité et les droits familiaux.
Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye livrera les conclusions de ses discussions avec les partenaires sociaux « le 9 ou le 10 décembre », notamment sur le mode de transition des régimes spéciaux vers le système unique, le Premier ministre, Edouard Philippe, dévoilant ensuite les grandes lignes du projet de loi pour un examen au Parlement début 2020.
La capacité d’action de l’exécutif se mesurera à l’aune de la contestation de jeudi et des jours, voire des semaines, qui suivent, avec la menace d’une grève « illimitée » dans les transports à l’approche des vacances de Noël.
« Les transports vont être très compliqués aujourd’hui (jeudi) comme demain et probablement ce week-end », a averti le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari sur RTL. « Nous pensons que la grève peut encore durer quelques jours. »
« JE N’AI JAMAIS VU AUTANT DE TROTTINETTES »
Entre télétravail, covoiturage et « mobilités douces » comme vélos, rollers et trottinettes, les Français, particulièrement en Ile-de-France, s’étaient organisés en amont, a confirmé la ministre des Transports, Elisabeth Borne. « Le trafic routier est même inférieur à la normale ».
« Je n’ai jamais vu autant de trottinettes, de vélos, électriques ou normaux, de Vélib », témoigne Isabelle Guibal, gérante d’un café, qui a effectué un trajet de 50 minutes à vélo pour se rendre à son travail. « Tout le monde s’est organisé aujourd’hui et demain, mais la semaine prochaine les gens risquent d’être énervés. »
« Il faut prendre son mal en patience, on est tous dans la même galère. (…) C’est typiquement français, on est contre, c’est tout », déclare Florence Nunes, contrainte de dormir à Paris.
Les perturbations sont importantes, particulièrement dans les transports et l’Education nationale. Dix pour cent seulement des trains de la SNCF circulent, une dizaine de stations du métro parisien ont été fermées.
Personnels des transports, enseignants, étudiants, policiers, avocats, personnels hospitaliers, dans les raffineries, les universités, la collecte des ordures… : nombre de secteurs sont affectés. La tour Eiffel devait rester fermée jeudi. Le dépôt pétrolier de Puget-sur-Argens (Var) était bloqué par des manifestants, a indiqué la préfecture.
« Plus du tiers des écoles » sont fermées, selon le SNUipp-FSU, syndicat majoritaire dans les écoles primaires. Le ministère s’attend à 55% de grévistes dans le premier degré, dont 78% à Paris. Dans le second degré, « environ 50% des enseignants » devaient être en grève.
« C’EST UN CHOC D’UNE GRANDE AMPLEUR »
Quelque 250 rassemblements et défilés étaient prévus dans le pays. Le gouvernement prend très au sérieux le risque de violences, avec la mobilisation probable de « gilets jaunes radicaux » et de « black blocs », notamment dans la manifestation parisienne qui débute à 14h00.
La préfecture de police de Paris faisait état à 10h30 de près de 2.800 contrôles préventifs et huit interpellations.
La CGT, FO, la FSU et Solidaires sont à l’origine de cette grève interprofessionnelle, rejoints par la CFE-CGC et la CFTC qui a laissé ses branches libres de rallier le mouvement. La CFDT, dont le soutien à la réforme gouvernementale s’érode, reste à l’écart mais sa branche Cheminots a déposé un préavis de grève.
La grève sera reconduite « si les trois points » du projet gouvernemental (régime par points, allongement de la durée de cotisation, calcul sur l’ensemble de la carrière) « ne sont pas enlevés », a prévenu le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, sur BFM TV.
« Je ne veux pas que la grève dure, parce que je veux que nous soyons entendus », a pour sa part déclaré sur Europe 1 le secrétaire général de FO, Yves Veyrier.
Pour Jean-Luc Mélenchon, qui devait manifester à Marseille, « c’est le début d’un mouvement social de forte intensité ». « Le régime macroniste a fait le choix de cette confrontation, il a voulu ce choc et il est en train de réaliser que c’est un choc d’une grande ampleur », a-t-il dit à la presse.
Le mouvement social de l’automne 1995 contre le « plan Juppé » avait duré du 24 novembre au 15 décembre. Alain Juppé, mentor d’Edouard Philippe, avait alors cédé sur la réforme des retraites, pas sur la refonte de la Sécurité sociale.
(Sophie Louet avec Jean-Stéphane Brosse, Bertrand Boucey, Marine Pennetier, Sybille de La Hamaide, Matthias Galante à Nice, édité par Jean-Michel Bélot)
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