En France et en Espagne, l’avenir de la lutte contre les incendies en question
par Juliette Jabkhiro, Elizabeth Pineau et Corina Pons
BORDEAUX, France/MADRID, 31 juillet (Reuters) – Les gigantesques incendies de forêt qui font rage en Europe, en France et en Espagne en particulier, mettent les pompiers à rude épreuve et soulèvent des questions quant à l’organisation future des services d’incendie et de secours.
En France, près de 80% des sapeurs-pompiers travaillent de façon volontaire, en plus de leur emploi principal, tandis que l’Espagne s’appuie sur des milliers de « bomberos forestales » (« pompiers forestiers ») souvent engagés par les autorités régionales via des contrats saisonniers.
Pompier volontaire depuis huit ans en Gironde, Pierre-Hadrien Lusignan, 44 ans, s’emploie depuis une semaine à combattre les feux qui ont menacé Bordeaux, agglomération d’environ 850.000 habitants.
« Les premières 24, 48 heures ont été difficiles. La virulence de l’incendie rendait les choses difficilement gérables, le vent était tournant et le feu progressait de façon anarchique », a-t-il raconté à Reuters. « Puis des renforts sont arrivés : des pompiers venus de toute la France et d’Europe ».
Quatre pompiers sont morts en France et les syndicats mettent en garde contre les pénuries de personnel et l’épuisement des équipes, alors qu’une surface record de plus de 117.000 hectares est partie en fumée dans l’Hexagone.
Pierre-Hadrien Lusignan dirige un centre social et culturel à Saint-Médard-en-Jalles (Gironde), où étaient basés les deux pompiers ayant trouvé la mort la semaine dernière en combattant un feu près de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac.
« Le décès de ces deux collègues a apporté une forte dimension émotionnelle et humaine », a-t-il dit. « Ce qui est remarquable aussi, c’est l’élan de solidarité. Des bénévoles nous ont nourris, des agriculteurs nous ont aidés à remplir les citernes, ça réchauffe le coeur. Il y a de la solidarité dans notre monde ».
Mercredi, trois pompiers grecs sont morts, pris au piège dans l’incendie qu’ils combattaient sur l’île de Crète.
RECONNAISSANCE, RÉMUNÉRATION
Affectée plus que les autres continents par le réchauffement climatique, l’Europe subit un été caniculaire émaillé d’incendies de grande ampleur qui poussent à envisager une refonte des systèmes de lutte contre ces fléaux.
Selon les chiffres de la protection civile, la France compte 256.400 pompiers, dont environ 200.000 sont volontaires, le reste se partageant entre professionnels et militaires.
« Nous avons besoin de 250.000 à 300.000 pompiers volontaires supplémentaires », estime Bruno Ménard, secrétaire général du Syndicat français des sapeurs-pompiers volontaires. « Ces 25 dernières années, nous avons professionnalisé les bénévoles qui effectuent aujourd’hui les mêmes tâches que les agents ».
Il demande notamment de faire appel aux anciens et une meilleure rémunération des pompiers volontaires, dont l’indemnité varie actuellement de 8,70€ de l’heure pour un pompier de base à 13,11€ pour un officier.
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Núñez, a mis en avant un quasi-doublement du budget de la Sécurité civile depuis l’entrée en fonction du président Emmanuel Macron en 2017, de 450 millions à 800 millions d’euros.
Le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu à une demande de commentaire sur les revendications spécifiques des pompiers.
Les inquiétudes exprimées en France trouvent un écho de l’autre côté des Pyrénées.
En raison d’un système décentralisé, il n’existe pas de décompte officiel du nombre de pompiers forestiers, chaque région ayant sa gestion propre et son système de recrutement.
Les deux principaux syndicats espagnols, la CCOO et l’UGT, estiment à environ 35.000 le nombre de pompiers forestiers en Espagne, dont la plupart ont un contrat temporaire de six mois.
Les effectifs grimpent à près de 40.000 pendant la saison estivale durant laquelle sont recrutées des équipes auxiliaires.
Pour Jorge Nieto, représentant du CCOO et coordinateur des agents forestiers et environnementaux de la région de Castille-et-León, au nord de Madrid, ce système n’est plus viable.
« Les pompiers forestiers de cette région sont les moins bien payés d’Espagne. Ils risquent leur vie pour à peine plus que le salaire minimum. La plupart ne gagnent pas plus de 1.400 € par mois », a-t-il fait valoir. « Ce qu’il faut, c’est une main-d’oeuvre professionnelle bénéficiant de conditions de travail décentes. »
ORGANISER DES TRAVAUX DE PRÉVENTION DES INCENDIES
Pompiers et représentants syndicaux préconisent une gestion continue des espaces naturels et de la prévention des incendies, notamment le débroussaillage et l’entretien des pare-feux autour des villes et des fermes dans les zones rurales peu peuplées.
La ministre espagnole de l’Énergie et de la Transition écologique, Sara Aagesen, a promis des fonds supplémentaires.
« Entre 2024 et 2026, le gouvernement a augmenté de 30% le financement alloué à la prévention des feux de forêt et de 34% celui des opérations de lutte contre les incendies », a-t-elle plaidé. « Nous avons également renforcé nos brigades spécialisées dans la lutte contre les feux de forêt en augmentant leur budget de 47% et en améliorant leurs conditions de travail. Nous poursuivrons dans cette voie. »
Les régions tentent aussi de répondre aux besoins.
D’ici la fin de l’année, 71 équipes – sur un total de 111 – de pompiers forestiers de l’entreprise publique TRAGSA — seront mobilisables toute l’année pour des travaux tels que le débroussaillage, l’élagage et le nettoyage en bord de route, a indiqué à Reuters le département de l’Environnement du gouvernement régional de Castille-et-León.
En France, le caporal-chef Sébastien Dephot, pompier professionnel et représentant syndical âgé de 35 ans basé à Bordeaux-Centre, juge que la crise actuelle appelle davantage d’investissements.
« Pour l’instant, la priorité est de combattre ce monstre, mais naturellement cela nous amène aussi à remettre sur la table nos demandes auprès du ministre de l’Intérieur – concernant les effectifs, les ressources, le financement et la reconnaissance », a-t-il dit à Reuters.
José Antonio Garcia Abarca, pompier dans la région de Madrid, met en avant la question du danger d’une extension des feux à des zones plus urbanisées.
« Des ensembles résidentiels entiers ont été touchés, et même des centres-villes ont été menacés », dit-il. « C’est déchirant de traverser des endroits que l’on connaît depuis toujours et de voir la dévastation. Mais nous devons continuer. Nous sommes encore en pleine saison des feux de forêt et il reste du travail à faire. »
(Reportage Elizabeth Pineau et Corina Pons, avec David Latona, Michael Gore, Violeta Santos Moura et Antoine Demaison)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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