Voile-Barrier, première femme en solitaire sur un géant des mers
par Vincent Daheron
BREST, Finistère, 10 octobre (Reuters) – Alexia Barrier paraît toute petite à la barre d’Idec Sport-CIC, un trimaran de 32 mètres capable de filer à plus de 40 nœuds. Bientôt, elle sera seule à bord.
Le 1er novembre, la skippeuse française de 46 ans embarquera à Saint-Malo sur ce géant des mers pour tenter ce qu’aucune femme n’a encore fait : naviguer en solitaire en Ultim sur la Route du Rhum.
« C’est la plus grosse machine engagée en course au large dans le monde », a-t-elle expliqué à Reuters. « Il n’en existe que huit sur la planète. Donc je suis heureuse, fière et privilégiée d’en être la skippeuse. »
Par une lumineuse matinée d’octobre, Alexia Barrier sort dans la rade de Brest son immense trimaran rouge, 23 mètres de large, surmonté d’un mât qui culmine à 34 mètres au-dessus de la mer.
Elle hisse la grand-voile au rythme de « Meet Me Halfway » des Black Eyed Peas, répétant les manœuvres qu’elle devra bientôt effectuer seule. Même dans une brise légère, le bateau accélère rapidement jusqu’à 23 nœuds.
« Les voiles sont énormes. C’est vraiment puissant. Une voile pèse plus de 100 kilos. J’en pèse 55 », relève-t-elle.
« Ça va tellement vite que si vous faites une erreur, ça peut très mal finir, parce que vous pouvez abîmer le bateau et vous blesser. Je suis super heureuse, mais je n’ai jamais été aussi concentrée. »
Le trimaran a déjà vogué sur l’eau à près de 46 nœuds, son record. Ce jour-là, ce n’était pas la Niçoise qui tenait la barre.
« C’était un sans-cerveau », rigole-t-elle.
« UNE ÉVIDENCE »
Il y a neuf mois, Alexia Barrier a établi avec sept équipières le premier temps de référence d’un équipage 100% féminin sur le Trophée Jules-Verne, un tour du monde sans escale et sans assistance en multicoque.
Dans quelques semaines, elle devra troquer cette camaraderie pour la solitude si particulière de la course au large en solitaire.
« En rentrant du Trophée Jules-Verne, c’était une évidence », dit-elle à propos de sa décision de s’aligner sur la Route du Rhum.
« J’ai l’impression que c’était une autre vie. Quand je navigue en solitaire, mes équipières me manquent. Parfois, je me surprends à chercher l’une d’entre elles à son poste habituel et elle n’est pas là. »
La Française peaufine encore la playlist qui l’accompagnera pendant environ une semaine en mer. La musique sera l’une de ses rares compagnes à bord, tandis que son labrador restera à la maison.
Mais il y aura peu de place pour la distraction à bord d’une machine aussi puissante, rapide et exigeante physiquement.
Alexia Barrier sait aussi que ce voyage dépasse largement le simple enjeu du résultat sportif.
Elle a pris l’habitude d’ouvrir les portes longtemps restées fermées aux femmes après avoir été l’une des 13 navigatrices à boucler le Vendée Globe et, donc, d’avoir dirigé le premier équipage 100% féminin à terminer le Trophée Jules-Verne.
« OUVRIR UNE VOIE »
« Ça fait partie de ma carrière. Je fais de la course au large depuis 20 ans maintenant, c’est ma vie. Pour moi, c’est une nouvelle étape », résume-t-elle.
« D’une certaine façon, c’est cool d’être la première. Je peux ouvrir une voie pour d’autres femmes, ou des petites filles qui se demandent encore : ‘Est-ce que j’essaie, est-ce que je me lance ?' »
Afin d’intégrer la classe Ultim, « l’élite de la voile » créée en 2018, Alexia Barrier a dû non seulement engranger de l’expérience mais aussi réunir les financements et l’équipe nécessaires pour porter un tel projet.
Encore aujourd’hui, elle peine à y croire. « J’ai rêvé trop grand », sourit-elle sur le pont du port du Moulin Blanc, à Brest.
Ce rêve est devenu réalité et, à l’approche du départ, Alexia Barrier rêve encore un peu plus grand quand on lui parle de son objectif.
« Dans mes rêves, si la magie opère, accéder au podium serait incroyable », confie-t-elle. « C’est important de se donner le droit de rêver grand. »
Personne ne le sait mieux qu’Alexia Barrier.
(Reportage de Vincent Daheron et Stéphane Mahé, édité par Zhifan Liu)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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