Dati, renvoyée en procès pour corruption, exclut de démissionner du gouvernement
PARIS (Reuters) – La ministre de la Culture, Rachida Dati, renvoyée en procès pour des faits présumés de corruption et de trafic d’influence dans une affaire de commissions pour des activités de consultante impliquant l’ancien patron de Renault Carlos Ghosn, a nié mardi toute inconduite et promis qu’elle ne « renoncerait sur rien ».
Une source judiciaire a déclaré dans la journée à Reuters que les juges d’instruction ont ordonné le renvoi de Rachida Dati pour recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance ainsi que corruption et trafic d’influence passifs par personne investie d’un mandat électif public, en l’occurrence lorsqu’elle était députée européenne.
La date du procès devrait être fixée le 29 septembre par le tribunal correctionnel, a-t-on appris de même source.
« Les objets de ma corruption supposée, ce sont deux questions au Parlement européen », a réagi mardi soir Rachida Dati au cours d’une interview sur LCI.
« J’ai toujours eu la tête froide sur le sujet (…) Je ne renoncerai sur rien (…) Je ne suis pas résignée », a-t-elle dit, excluant de démissionner du gouvernement en rappelant le principe de présomption d’innocence.
Matignon n’a pas répondu aux sollicitations de Reuters.
La ministre de la Culture, qui nourrit l’ambition d’être élue maire de Paris lors des élections municipales de mars 2026, a déploré par ailleurs que « certains adversaires instrumentalisent, un peu de manière honteuse », cette affaire.
Elle a dit noter une « coïncidence » s’agissant du calendrier, à quelques jours de la commission d’investiture du parti Les Républicains (LR) pour l’élection législative partielle dans la 2e circonscription de Paris, qui concerne notamment le VIIe arrondissement dont Rachida Dati est maire.
Ancien PDG de l’alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, qui vit au Liban depuis 2019 après avoir fui le Japon où il était poursuivi pour des malversations financières, est pour sa part renvoyé en procès pour abus de pouvoirs par dirigeant de société, abus de confiance, corruption et trafic d’influence actifs.
Il n’a pas été possible de joindre dans l’immédiat de représentants de Carlos Ghosn, qui a rejeté par le passé les accusations à son encontre.
Rachida Dati a été mise en examen en 2021 dans cette affaire pour laquelle elle est soupçonnée d’avoir perçu 900.000 euros de la part de la société RNBV, filiale de Renault-Nissan, sans contrepartie d’un travail réel, lorsqu’elle était eurodéputée à partir de 2009.
L’ancienne garde des Sceaux a constamment démenti toute irrégularité dans le versement de ces commissions.
(Dominique Vidalon, avec Gilles Guillaume, Elizabeth Pineau et Jean Terzian)
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