Cécile Kohler et Jacques Paris attendus en France après plus de trois ans de détention en Iran
PARIS, 7 avril (Reuters) – Les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, libérés de prison en novembre dernier par le régime de Téhéran après trois ans et demi de détention, « sont libres et en chemin vers le territoire français », a annoncé mardi le président Emmanuel Macron.
Après une étape en Azerbaïdjan, les deux enseignants, qui sont « en bonne condition physique et mentale » sont attendus « dans la journée » de mercredi en France, a fait savoir l’Elysée.
Dans son message d’annonce de cette libération sur X, le chef de l’Etat remercie les autorités du sultanat d’Oman « pour leurs efforts de médiation ».
Le régime iranien a par la suite fait savoir, via l’agence de presse officielle Irna, que la libération des deux Français, arrêtés en Iran en 2022, était le fruit d’un accord entre Téhéran et Paris.
En échange du rapatriement des deux Français, la France s’est engagée à rendre sa liberté à la ressortissante iranienne Mahdieh Esfandiari, condamnée le 26 février par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans de prison, dont un ferme, pour avoir fait l’apologie des attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 sur les réseaux sociaux et appelé à des attentats contre la communauté juive en France.
Notoirement présentée comme une monnaie d’échange dans des tractations de longue haleine entre l’Iran et la France, Mahdieh Esfandiari, qui résidait précédemment à Lyon (Rhône), était assignée à résidence à Paris depuis le jugement.
« Selon cet accord entre Téhéran et Paris, le gouvernement français s’était engagé, en échange de la libération de ces deux citoyens français, à accorder la libération complète de Mme Mahdieh Esfandiari et à retirer la plainte déposée contre l’Iran devant la Cour internationale de Justice », peut-on lire sur Irna.
Cette version des faits n’a pas été confirmée par l’Elysée, qui a précisé que Mahdieh Esfandiari se trouvait toujours en France.
« Elle a fait appel, la procédure judiciaire se poursuit », a fait savoir la présidence française, repoussant tout « lien » ou « deal » lié à la libération des otages.
La France avait saisi en mai 2025 la Cour internationale de Justice (CIJ) contre l’Iran pour « violation de son obligation de donner droit à la protection consulaire » des deux Français.
« ESPIONNAGE »
« C’est une formidable nouvelle, je pense à leurs familles, à leurs proches, aux services de l’Etat », a déclaré Emmanuel Macron à des journalistes en marge d’un déplacement à Lyon pour le sommet « One Health ».
La nouvelle de leur retour en France a été applaudie par les députés réunis à l’Assemblée nationale pour la séance des questions au gouvernement.
« Au téléphone il y a quelques instants, ils m’ont exprimé leur émotion et leur joie de retrouver bientôt leur pays et leurs proches », a rapporté le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, sur le réseau X.
Le ministre français des Affaires étrangères s’était entretenu par téléphone avec son homologue iranien, Abbas Araqchi, de la libération du couple durant le week-end, avait-on appris de sources diplomatiques françaises.
Selon un proche de Jean-Noël Barrot, « les Iraniens ont considéré à juste titre que s’il arrivait quelque chose à nos compatriotes, les réactions auraient été extrêmement catastrophiques (…) ça a pu jouer dans la dernière phase de discussion ».
Les deux Français étaient sous la protection de l’ambassade de France à Téhéran depuis leur élargissement mais n’étaient pas libres de leurs mouvements.
Le déclenchement des bombardements israélo-américains sur l’Iran, le 28 février, avait compliqué encore leur situation, mais Jean-Noël Barrot avait assuré qu’ils étaient en sécurité.
Selon l’Elysée, la sortie des otages de l’ambassade de France à Téhéran mardi « s’est faite par voie routière, sans coordination particulière avec les forces israélo-américaines. »
Le couple avait été arrêté en mai 2022 lors d’un voyage touristique en Iran et condamné en 2025 à de lourdes peines de prison pour « espionnage » et « complot contre la sûreté de l’Etat », notamment.
Les autorités françaises avaient accusé le régime iranien de les détenir de manière arbitraire, de les maintenir dans des conditions proches de la torture à la prison d’Evin à Téhéran et de ne pas leur assurer une protection consulaire adéquate.
(Rédigé par Nicolas Delame et Sophie Louet, avec John Irish et Elizabeth Pineau, édité par Benoit Van Overstraeten)
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