Zone euro: L’inflation s’accélère à 2,5% en mars, les prix de l’énergie d’envolent
FRANCFORT, 31 mars (Reuters) – L’inflation dans la zone euro a largement dépassé en mars l’objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE), en raison de la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, montrent les données préliminaires publiées mardi par Eurostat.
L’inflation dans les 21 pays qui partagent l’euro s’est établie à 2,5% en février sur un an, après 1,9% en février, alors que les analystes tablaient sur une progression de 2,6%.
Comme prévu, cette hausse est imputable à la hausse des prix de l’énergie, qui ont grimpé de 4,9% en mars après un recul de 3,1 en févier.
Les prix du pétrole ont presque doublé en raison de la guerre en Iran, et la BCE est actuellement confrontée au dilemme de savoir s’il convient de relever les taux d’intérêt pour éviter que cette flambée n’ait des répercussions durables sur les prix d’autres biens et services.
L’indicateur des prix sous-jacents, qui exclut les coûts volatils de l’alimentation et de l’énergie, ressort à 2,2% contre 2,3% en février, alors que les analystes tablaient sur un pourcentage de 2,4%.
La théorie économique soutient que les banques centrales devraient ne pas tenir compte des chocs ponctuels sur les prix provoqués par des perturbations de l’offre, notamment parce que la politique monétaire agit avec un fort décalage.
Cependant, une hausse des cours l’énergie peut facilement se répercuter sur l’inflation globale si les entreprises commencent à la répercuter sur leurs prix de vente et si les travailleurs réclament des salaires plus élevés pour compenser la perte de pouvoir d’achat
La guerre au Moyen-Orient, qui vient de rentrer dans son deuxième mois, a bouleversé les prévisions de politique monétaire dans le monde entier, y compris celles concernant les taux de la BCE.
Les marchés financiers tablent désormais sur trois hausses de taux cette année dans la zone euro, la première anticipée soit en avril, soit en juin.
(Reportage Balazs Koranyi; version française Diana Mandiá; édité par Benoit Van Overstraeten)
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