Wall Street ébranlée par l’irruption du chinois DeepSeek dans l’IA
par Caroline Valetkevitch
NEW YORK (Reuters) – La Bourse de New York a subi lundi le choc de l’irruption de la start-up chinoise DeepSeek dans le monde de l’intelligence artificielle (IA), qui a fait naître des doutes sur le modèle, la valorisation et l’hégémonie des géants américains du secteur, notamment les fabricants de puces.
Le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, a été le plus pénalisé des trois grands indices avec un repli de 3,07% (612,47 points) à 19.341,834 points.
Le S&P-500, principale référence des investisseurs, a perdu 88,96 points, soit 1,46%, à 6.012,28 points.
L’indice Dow Jones a en revanche gagné 0,65%, ou 289,33 points, à 44.713,58 points.
Les grandes valeurs de la technologie, principaux moteurs depuis plusieurs mois du dynamisme de Wall Street avec l’engouement autour de l’IA, ont vu leurs perspectives s’assombrir avec le succès soudain d’un robot conversationnel développé par la start-up chinoise DeepSeek qui, selon cette dernière, utilise des puces moins chères et nécessite moins de données que l’actuelle référence américaine ChatGPT d’Open AI.
Nvidia, fabricant de puces pour IA qui a connu une ascension fulgurante en 2024, a plongé de 17% et a vu sa capitalisation boursière fondre d’environ 600 milliards de dollars, du jamais-vu sur une journée à Wall Street selon les données LSEG.
L’indice du secteur des semi-conducteurs s’est effondré de 9,15%, sa plus forte baisse en pourcentage sur une séance depuis mars 2020 et l’épidémie de COVID-19.
Oracle, l’un des piliers du projet de vaste investissement dans les infrastructures d’IA aux Etats-Unis présenté la semaine dernière par Donald Trump, a chuté de 13,8% et Dell Technologies, fabricant de serveurs pour IA, de 8,7%.
Parmi les autres grands noms du numérique, Microsoft a perdu 2,14% et Alphabet 4,20%.
A rebours de la tendance, AT&T a gagné 6,25%, ses chiffres trimestriels d’abonnés ayant dépassé les attentes.
(Avec Shashwat Chauhan et Sukriti Gupta à Bangalore, version française Bertrand Boucey)
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