Thales envisage un rachat de la branche cybersécurité d’Atos, selon des sources
par Pamela Barbaglia
LONDRES (Reuters) – Thales travaille à un projet de rachat des activités de cybersécurité d’Atos dont le montant pourrait avoisiner 2,7 milliards d’euros, même s’il risque de se heurter à l’opposition du gouvernement français, a-t-on appris de sources proches du dossier.
Réagissant à cette information qui a fait bondir le titre d’Atos (+8,16%) et chuter celui de Thales (-3,09%) à la Bourse de Paris, Thales a dit mercredi ne pas être en discussion avec Atos à ce sujet.
Il a toutefois ajouté dans un communiqué qu’il était « potentiellement intéressé par tout actif de cybersécurité qui serait disponible à la vente ».
Les sources ont déclaré à Reuters que Thales et son conseil Centerview Partners avaient approché plusieurs fonds de capital-investissement, dont Bain Capital, en vue d’étudier la possibilité d’une offre commune sur Atos préalable à la scission de ses activités.
Le groupe de défense, sécurité, aéronautique et services de hautes technologies souhaiterait racheter Big Data & Cybersecurity (BDS), la division de cybersécurité d’Atos, ont ajouté les sources, qui ont requis l’anonymat.
La chute de la valorisation boursière d’Atos, tombée le mois dernier à son plus bas niveau depuis la mi-2012 après deux avertissements sur résultats en sept mois, a fait du groupe une cible potentielle pour des investisseurs financiers.
Mais le succès d’une tentative de rachat par Thales et des alliés n’est pas acquis d’avance car le gouvernement français est réticent à l’idée de voir des « champions nationaux » comme Atos passer sous le contrôle d’investisseurs étrangers, a fortiori à l’approche de l’élection présidentielle d’avril.
ATOS A DÉJÀ REJETÉ PLUSIEURS APPROCHES
« Le gouvernement français s’opposerait fermement à un démantèlement d’Atos à l’heure actuelle », a dit l’une des sources.
Les conseils de Thales ont aussi entamé des discussions avec CVC Capital Partners et PAI Partners en vue d’une possible offre commune mais le calendrier d’un éventuel projet n’est pas arrêté, a-t-on appris d’une autre source.
Atos, Centerview, Bain et PAI ont refusé de commenter ces informations tandis que CVC n’était pas immédiatement joignable.
Le ministère de l’Economie français n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire.
Atos, dont la capitalisation boursière avoisine actuellement 3,5 milliards d’euros, a été dirigé pendant plusieurs années par l’ancien ministre de l’Economie Thierry Breton, aujourd’hui commissaire européen, et compte depuis 2020 l’ex-Premier ministre Edouard Philippe parmi ses administrateurs.
Conseillé par Rothschild, le groupe a déjà rejeté plusieurs approches de Thales visant BDS et considérerait tout projet impliquant des fonds visant à lancer une offre publique d’achat pour le retirer de la cote comme hostile et indésirable, a dit l’une des sources.
BDS, valorisé entre deux et trois milliards d’euros, génère la moitié environ du chiffre d’affaires global d’Atos, a précisé cette source.
Thales et Atos sont associés depuis peu au sein d’une coentreprise dénommée Athea dans le but de développer une plate-forme franco-française dédiée au « big data » et à l’intelligence artificielle pour les secteurs public et privé, notamment dans les domaines de la défense, du renseignement et de la sécurité intérieure.
Thales a déjà renforcé sa présence dans le domaine de la cybersécurité en rachetant Gemalto pour 4,8 milliards d’euros en 2019.
De son côté, Bain a racheté en janvier le groupe français de services de hautes technologies Inetum pour quelque deux milliards d’euros et contrôle aussi l’italien Engineering Group.
(Reportage Pamela Barbaglia, avec la contribution de Mathieu Rosemain, Tim Hepher, Julien Ponthus et Michel Rose; version française Tangi Salaün et Marc Angrand)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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