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Stellantis: Une première année solide, de bon augure face au spectre de l’inflation

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Stellantis a dépassé son objectif de rentabilité dès sa première année d’existence, renforçant sa capacité à faire face à la hausse des prix des matières premières, aux surcoûts liés à l’électrification et aux pénuries persistantes de puces.

Vers 16h30, l’action du quatrième constructeur automobile mondial gagne plus de 5% à la Bourse de Milan.

Le groupe, né en janvier 2021 de la fusion entre PSA et FCA, a fait état d’une marge opérationnelle courante de 11,8% l’an dernier, supérieure à son objectif d’environ 10%. Ce nouveau record a été rendu possible grâce aux ventes des très rentables SUV Jeep et Peugeot, ou des pick-ups Jeep et Ram, ainsi qu’à pas moins de 3,2 milliards d’euros de synergies nettes tirées de la fusion, en avance sur les 80% de l’objectif annuel de cinq milliards visés d’ici 2024.

Au cours d’une téléconférence avec les analystes financiers, le directeur général Carlos Tavares a déclaré que cette performance démontrait que « (le groupe) allait honorer ses engagements. »

Cette publication intervient moins d’une semaine avant la présentation, le 1er mars, du plan stratégique de Stellantis pour la décennie, au cours duquel il abordera la question du redressement de ses activités en Chine, son principal point faible.

Carlos Tavares a indiqué s’attendre à ce que les autorités chinoises approuvent son projet d’augmenter sa participation dans la JV avec Guangzhou Automobile Group (GAC), spécialisée dans la marque Jeep, afin d’en prendre le contrôle.

ENCORE UNE MARGE A DEUX CHIFFRES

En 2022, Stellantis vise une marge opérationnelle courante à deux chiffres, après un quasi-doublement l’an dernier puisque la marge proforma de 2020 s’était située à 6,9%.

Cette prévision « est très vague, mais elle laisse une marge » au groupe pour faire mieux que prévu, commente Gabriele Gambarova, analyste chez Banca Akros, dans une note.

Au cours d’une téléconférence de presse, le directeur financier Richard Palmer a souligné pour sa part que la hausse des prix des matières premières, métaux en tête, resterait un problème pour le secteur cette année, tout comme la pénurie de semi-conducteurs, bien que celle-ci ait atteint son pic au troisième trimestre 2021.

« Nous pensons que (les prévisions de Stellantis pour 2022) sont sensées vu la difficulté à évaluer les volumes, les prix ou le mix durant cet exercice-ci, avec des vents contraires comme les matières premières », a indiqué de son côté Morgan Stanley dans une note.

En Amérique du Nord, la marge de Stellantis a atteint un record de 16,3% l’an dernier, un chiffre nettement supérieur aux 10,2% de General Motors.

Concernant la crise en Ukraine, Richard Palmer a indiqué que Stellantis n’avait pas d’exposition directe significative à la Russie, soumise à des sanctions économiques internationales, mais que le groupe avait la flexibilité nécessaire dans sa production.

Les fourgons qu’il assemble dans son usine russe de Kaluga sont également fabriqués au Royaume-Uni et en France.

Interrogé sur la possibilité de scinder en deux entités séparées ses activités électriques et thermiques, comme l’envisagent Renault et Ford, Richard Palmer a répondu que Stellantis n’avait pas à l’heure actuelle un tel projet.

« Nous venons juste de créer une nouvelle entreprise et cela devrait suffire pour commencer, tant que nous réussissons à gérer la complexité et la diversité », a-t-il dit.

Fort de ses résultats 2021, Stellantis a annoncé le versement d’un dividende ordinaire de 1,05 euro par action à ses actionnaires, soit un montant total de 3,2 milliards d’euros, et la redistribution de 1,9 milliard d’euros à ses salariés.

En France, cela équivaut au versement d’un montant minimal de 4.000 euros par personne au titre de la participation et de l’intéressement. En parallèle, la direction du groupe en France a proposé une augmentation de salaire de 3,2%.

(Gilles Guillaume, avec Giulio Piovaccari à Milan, édité par Jean-Michel Bélot)

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