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Stellantis et CATL envisagent une gigafactory européenne de batteries LFP abordables

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par Giulio Piovaccari

MILAN (Reuters) – Stellantis envisage de construire une nouvelle gigafactory en Europe pour produire cette fois des batteries de technologie plus abordable au lithium fer phosphate (LFP) dans le cadre d’une possible co-entreprise avec le chinois CATL, a annoncé mardi le directeur des achats et de l’approvisionnement du constructeur automobile.

Cette quatrième gigafactory européenne du groupe né de la fusion entre PSA et FCA permettrait d’accélérer le déploiement de véhicules électriques meilleur marché face à l’arrivée prochaine sur le continent d’une offre très compétitive de modèles chinois.

Stellantis et le fournisseur de batteries chinois ont annoncé un peu plus tôt mardi avoir signé un accord non engageant pour l’approvisionnement local de cellules et de modules de batteries LFP destinés à la production de véhicules électriques du constructeur automobile franco-italien en Europe.

Ils ont également annoncé envisager la création d’une co-entreprise à parité. Interrogé sur le choix du site européen pour la nouvelle gigafactory, Maxime Picat a refusé de faire un commentaire.

Stellantis projette déjà trois gigafactories de batteries en Europe, dont la première, détenue avec TotalEnergies et Mercedes, entre en production cette année dans le Nord de la France. Ce site produit lui aussi des batteries lithium-ion, mais avec une autre technologie de cathode que le LFP, le nickel manganèse cobalt (NMC), plus puissante et destinée à des véhicules plus chers et à plus longue autonomie.

Les détails financiers de l’accord entre Stellantis et CATL n’ont pas été communiqués.

« Ce partenariat entre nos marques emblématiques et CATL, leader de l’industrie dans ce secteur, nous permettra de proposer une technologie de batterie innovante et accessible à nos clients tout en nous aidant à atteindre la neutralité carbone d’ici 2038 », a déclaré le directeur général de Stellantis Carlos Tavares, cité dans le communiqué.

Grâce à la technologie LFP, Stellantis sera capable de proposer l’an prochain une nouvelle Citroën C3 électrique à partir de 23.300 euros, ainsi probablement que la nouvelle Panda électrique.

Pour CATL, il s’agirait du dernier investissement en date dans le cadre de son expansion hors de son marché national, après les projets déjà annoncés en Hongrie (7,3 milliards d’euros pour une capacité de 100 GWh) ou en Allemagne, où il compte porter de 8 à 14 GWh la capacité de production de son usine près d’Erfurt.

Les constructeurs automobiles et les gouvernements européens injectent actuellement des milliards d’euros pour construire des sites de production de batteries sur leur sol afin de réduire leur dépendance extrême aux importations d’Asie, tandis que les fabricants de batteries chinois investissent parallèlement pour produire en Europe des batteries pour les véhicules assemblés sur le continent.

Maxime Picat a précisé que les accords avec CATL, qui va également livrer dans un premier temps des batteries à des véhicules Stellantis, allaient compléter la stratégie d’électrification du groupe aux 14 marques, le LFP aidant à réduire le coûts de production en Europe tout en maintenant la production de NMC pour les véhicules plus chers.

« Ce que nous cherchons à faire, c’est faire croître ces batteries LFP sur plusieurs segments, parce que la notion de prix abordable est importante sur beaucoup de segments différents », a-t-il ajouté.

« Le LFP aujourd’hui est la meilleure technologie qu’on puisse trouver sur le marché dans ce compromis entre l’autonomie et le coût. C’est là qu’intervient ce deuxième très important volet de notre stratégie en Europe. »

(Reportage Giulio Piovaccari ; version française Gaëlle Sheehan, avec Gilles Guillaume à Paris, édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)

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