Société Générale se retire de Russie en limitant le coût de l’opération
PARIS (Reuters) – Société Générale a annoncé lundi son retrait de Russie avec la cession de sa participation dans Rosbank et ses filiales d’assurance à Interros Capital, un groupe lié à l’oligarque Vladimir Potanine, une décision saluée par un bond de son cours de Bourse.
La banque dirigée par Frédéric Oudéa était avec TotalEnergies et Auchan l’une des dernières grandes entreprises françaises à ne pas avoir cédé aux appels en faveur d’un retrait du marché russe après les sanctions occidentales liées à l’invasion de l’Ukraine mais elle avait averti début mars qu’elle risquait de perdre la totalité de ses actifs bancaires en Russie.
Elle a finalement limité les pertes en concluant la cession de la totalité de sa participation dans Rosbank et des filiales d’assurance à Interros Capital, ce qui lui permettra, explique-t-elle dans un communiqué, de se retirer « de manière effective et ordonnée de Russie en assurant une continuité pour ses collaborateurs et ses clients ».
SocGen ne précise toutefois pas le montant de la cession.
Interros, qui avait déjà été actionnaire de Rosbank avant l’entrée de Société Générale au capital de cette dernière en 2006, est contrôlé par Vladimir Potanine, premier actionnaire de Norilsk Nickel, le numéro un mondial du palladium et du nickel raffiné.
Vladimir Potanine n’est pas visé à ce jour par les sanctions européennes mais il l’est par celles décidées par le Canada.
En Bourse de Paris, l’action Société Générale gagnait 5,92% à 23,16 euros vers 09h00 GMT, la plus forte hausse de l’indice CAC 40, qui progressait alors de 0,32%.
La troisième banque française par la capitalisation a précisé que l’impact de la cession de ses activités russes sur son ratio de solvabilité CET1 devrait s’établir à environ 20 points de base, sur la base de la valeur patrimoniale au 31 décembre 2021.
Le groupe devrait inscrire dans ses comptes des charges exceptionnelles d’environ 3,1 milliards d’euros, qui intègrent la dépréciation des activités cédées. Il pourra en revanche déconsolider son exposition au marché russe, évalué à 15,4 milliards d’euros.
Société Générale confirme en outre l’ensemble de sa politique de distribution au titre de l’exercice 2021, soit un dividende de 1,65 euro par action et un programme de rachat d’actions d’environ 915 millions d’euros.
Plusieurs analystes soulignent que l’impact de ce désengagement est moins lourd qu’anticipé pour la banque française, en rappelant que SocGen avait évoqué un impact potentiel de 50 points de base sur son ratio de solvabilité.
KBW estime pour sa part qu’après les annonces de lundi, « la sous-performance de 27% (de l’action Société Générale) par rapport au secteur dans son ensemble depuis le début de la guerre Russie-Ukraine devrait être partiellement comblé ».
(Rédigé par Myriam Rivet et Marc Angrand, édité par Bertrand Boucey)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.



