Royaume-Uni: Reeves annonce une réduction des dépenses face au ralentissement économique
LONDRES (Reuters) – La ministre britannique des Finances, Rachel Reeves, a annoncé mercredi une révision à la baisse des projets de dépenses du gouvernement et des coupes budgétaires mais l’incertitude économique mondiale pourrait pousser le Royaume-Uni à augmenter ses impôts cette année.
Le plus grand organisme de contrôle du budget du pays, l’Office for Budget Responsibility (OBR), a réduit de moitié ses prévisions de croissance économique pour 2025 et estime qu’un rattrapage vers la fin de la décennie ne permettra pas de compenser entièrement la différence.
Selon l’OBR, l’économie britannique devrait croître de 1% cette année, alors qu’il visait 2% lorsque Rachel Reeves a présenté son premier budget en octobre.
Il vise également une hausse du produit intérieur brut (PIB)de 1,9% en 2026 et de 1,75% sur le reste de la décennie, a ajouté la ministre, lors de la présentation d’une mise à jour budgétaire semestrielle. L’organisme tablait précédemment sur une croissance de 1,8% en 2026 et de 1,5% en 2027.
Les coupes budgétaires toucheront en particulier les dépenses sociales, qui seront réduites à 0,3% du PIB, permettant au gouvernement travailliste d’économiser 3,4 milliards de livres selon les prévisions de l’OBR.
« L’économie mondiale est devenue plus incertaine, ce qui engendre de l’insécurité au niveau national, car les modèles commerciaux deviennent plus instables et les coûts d’emprunt augmentent pour de nombreuses grandes économies », a déclaré Rachel Reeves.
Alors que l’OBR a revu à la hausse ses prévisions d’emprunts publics, Rachel Reeves a promis de s’en tenir aux règles dans ce domaine et a déclaré avoir restauré une réserve fiscale de 9,9 milliards de livres (11,83 milliards d’euros).
« Grâce aux mesures que j’ai prises aujourd’hui, je peux confirmer que j’ai complètement restauré notre réserve fiscale », a-t-elle déclaré lors de la traditionnelle « déclaration de printemps » sur la situation économique.
Rachel Reeves entend équilibrer les dépenses publiques quotidiennes avec les recettes fiscales d’ici 2030.
Les rendements des obligations souveraines britanniques ont quelque peu augmenté après les annonces de Rachel Reeves avant de reculer alors que le Bureau britannique de gestion de la dette (DMO) a indiqué qu’il émettrait moins d’obligations que prévu en 2025 et 2026.
Vers 15h20 GMT, le Gilt britannique à 30 ans perdait 5,5 points de base à 5,313% après avoir augmenté de 3 points de base immédiatement après les déclarations de Rachel Reeves.
UNE RÉSERVE FRAGILE
La réserve fiscale de 9,9 milliards de livres est à un niveau historiquement bas et demeure vulnérable au ralentissement de l’économie et à la croissance des coûts d’emprunt, en particulier face aux risques que représentent les droits de douane américains.
Si les États-Unis augmentent de 20 points de pourcentage les droits de douane dits « réciproques » sur leurs partenaires commerciaux, la croissance britannique pourrait être inférieure de 1% à son pic attendu en 2026-2027.
Le président américain Donald Trump devrait annoncer sa décision le 2 avril.
Selon l’OBR, le gouvernement britannique devra emprunter 47,6 milliards de livres de plus d’ici la fin de la décennie que ce qui avait été estimé il y a cinq mois.
« Si les choses se corsent pour l’économie et les finances publiques, alors (Rachel Reeves) sera de retour à la case départ et devra peut-être à nouveau réduire ses dépenses, augmenter les impôts ou les deux », a déclaré Philip Shaw, économiste en chef auprès de la banque Investec.
L’année dernière, Rachel Reeves et le Premier ministre Keir Starmer ont promis aux électeurs qu’ils n’augmenteraient pas l’impôt sur le revenu et ceux visant les « gens qui travaillent ».
L’OBR a également révisé à la hausse ses prévisions d’inflation, anticipant une augmentation des prix moyenne de 3,2% en 2025, contre une estimation de 2,6% précédemment.
L’inflation devrait augmenter de 2,1% en 2026 et de 2% en 2027, selon les données du bureau.
(Reportage David Milliken, Andy Bruce et Andrew MacAskill, avec Harry Roberton, rédigé par William Shomberg; version française Pauline Foret, édité par Kate Entringer)
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