Richemont déçoit les attentes au S1, le titre chute et plombe le luxe européen
ZURICH (Reuters) -Richemont, propriétaire de la marque Cartier, recule en Bourse vendredi après avoir annoncé des résultats semestriels inférieurs aux prévisions et exprimé sa prudence quant à une reprise en Chine.
A 11h30 GMT, Richemont perd 4,97%, entraînant dans son sillage d’autres valeurs du secteur du luxe européen dont LVMH (-3,18%), Swatch (-5,98%), Kering (-6,16%), Burberry (-6,55%) et Hermes (-3,99%).
Les investisseurs ont été déçus par un bénéfice d’exploitation plus faible que prévu dans toutes les divisions de Richemont, notamment dans son unité spécialisée dans l’horlogerie, qui a continué à éprouver des difficultés.
« L’Ebit a été plus faible que prévu dans toutes les divisions, en particulier dans l’horlogerie spécialisée », a déclaré Jean-Philippe Bertschy, analyste à la Banque Vontobel, tout en notant que Richemont avait été touché par des éléments non récurrents et des effets de change négatifs.
« Les résultats dans l’horlogerie spécialisée se sont révélés nettement moins bons que prévu par les vendeurs », a commenté Bernstein.
« Les résultats du premier semestre ont été globalement faibles, avec un manque de 9% au niveau de l’Ebit en raison de la pression exercée par les taux de change et l’or, ainsi que de la réduction de l’effet de levier dans le secteur des montres », indique J.P.Morgan dans une note.
Le résultat d’exploitation au premier semestre a chuté de 17% à 2,21 milliards d’euros, manquant les prévisions des analystes qui tablaient sur 2,45 milliards d’euros, selon un consensus fournie par Visible Alpha.
Richemont, propriétaire des horlogers suisses, dont IWC, Jaeger-LeCoultre et Piaget, a également été touché par un ralentissement continu en Asie-Pacifique, sa plus grande région, qui génère un tiers de ses revenus et a affiché un chiffre d’affaires de 10,08 milliards d’euros, soit en baisse de 1% sur un an, en dessous des attentes de 10,21 milliards d’euros sur la période.
Les fortes augmentations des ventes dans les régions Amériques, au Japon et au Moyen-Orient ont permis de compenser le ralentissement en Asie-Pacifique, où les ventes de Richemont ont chuté de 18%.
Nicolas Bos, directeur général de Richemont, qui a pris ses fonctions au début de l’année, a déclaré que la Chine restait un marché difficile.
Il a déclaré aux journalistes que la confiance en Chine était faible et qu’il ne savait pas combien de temps durerait le ralentissement. « Nous n’avons aucune idée de la durée de la crise ni si nous avons atteint le creux », a-t-il ajouté.
Nicolas Bos a expliqué que plusieurs facteurs étaient liés à l’économie chinoise, soulignant que la confiance, était un élément crucial pour la clientèle de Richemont.
REPRISE ATTENDUE AUX USA
À l’instar d’autres entreprises du secteur du luxe, Richemont a dû faire face à une demande plus faible en Chine en raison du ralentissement économique de la deuxième économie mondiale, touchée par une baisse du marché de l’immobilier et un taux de chômage élevé chez les jeunes.
Les concurrents de Richemont dans le secteur ont récemment connu des fortunes diverses. LVMH, par exemple, a affiché des ventes trimestrielles en-deçà des attentes au troisième trimestre, indiquant que la confiance des consommateurs en Chine était tombée à un niveau plancher dû à la pandémie.
Le groupe a déclaré s’attendre à une reprise à court terme aux États-Unis après la levée des incertitudes sur le résultat de l’élection présidentielle américaine, tout en surveillant l’impact potentiel sur ses activités d’une éventuelle hausse des droits de douane proposée par Donald Trump.
Richemont n’a pas encore prévu d’augmentation de prix de joailleries pour les mois à venir, malgré la flambée du prix de l’or ces derniers mois, selon les responsables du groupe.
(Reportage de John Revill ; version française Mara Vîlcu et Elena Smirnova, édité par Kate Entringer et Augustin Turpin)
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