L’Europe finit en ordre dispersé une séance hésitante
par Claude Chendjou
PARIS, 19 mai (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé dans le désordre mardi, les investisseurs ayant salué dans un premier temps la perspective d’un accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran avant de se montrer par la suite plus prudents alors que les rendements obligataires repartaient à la hausse, dans la crainte d’une envolée de l’inflation, faisant ainsi pression sur les actions.
À Paris, le CAC 40 a fini sur une perte de 0,07% à 7.981,76 points. Le Footsie britannique a grignoté 0,05% et le Dax allemand a progressé de 0,49%.
L’indice EuroStoxx 50 a avancé de 0,16%, le FTSEurofirst 300 de 0,29% et le Stoxx 600 0,27%, soutenu en premier par le compartiment défensif de la santé (+1,57%), tandis que celui des ressources de base (-2,12%) a pesé.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,40%, le Standard & Poor’s 500 de 0,67% et le Nasdaq de 1,01%, les grands indices américains étant affectés par les valeurs de la consommation, tandis que le rendement des bons du Trésor à dix ans a touché un sommet de plus d’un an.
Sept des onze principaux secteurs du S&P 500 étaient dans le rouge, le compartiment des matériaux (-2,08%) affichant la plus forte baisse, tandis que le repli de celui des biens de consommation discrétionnaire (-2,02%) pesait sur l’indice de référence. Le secteur technologique (-0,76%) souffrait également à la veille des résultats de Nvidia (-0,20%).
Les marchés actions tournent au ralenti depuis vendredi après une vague de ventes dans l’obligataire, ravivée par les craintes d’un resserrement de la politique monétaire des grandes banques centrales pour contenir une envolée de l’inflation due à la flambée des cours pétroliers sur fond de guerre au Moyen-Orient.
La dernière proposition de paix de transmise par l’Iran aux Etats-Unis prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, le retrait des forces américaines des zones proches du pays et le versement de réparations pour les destructions causées par la guerre américano-israélienne, ont rapporté mardi les médias d’État. Le président américain Donald Trump s’est montré optimiste sur un accord avec Téhéran et a dit avoir renoncé à bombarder l’Iran ce mardi.
Les nouveaux développements signalés au Moyen-Orient ont fait refluer momentanément les cours pétroliers, qui restent cependant au-dessus de la barre des 100 dollars le baril, mais l’indice de la volatilité sur l’EuroStoxx 50 n’a guère varié, signe d’un marché toujours sur la réserve.
« Nous en revenons maintenant aux fondamentaux, c’est-à-dire à l’évolution de l’inflation, à ses conséquences sur les obligations et à la position de la Fed « , a résumé Eric Theoret, stratégiste chez Scotiabank, faisant référence à l’incertitude quant à la réaction du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, qui doit prêter serment vendredi, sur une éventuelle accélération des prix.
VALEURS EN EUROPE
Vallourec a chuté de près de 8% après la cession par ArcelorMittal d’une participation d’environ 10% dans le fabricant français de tubes en acier.
Dr Martens a pris plus de 3%, le fabricant britannique de bottes ayant fait état d’une hausse de 61,3% de son bénéfice avant impôts ajusté pour l’ensemble de l’exercice.
Standard Chartered, qui a annoncé prévoir de supprimer plus de 7.000 emplois au cours des quatre prochaines années avec le recours à l’IA, a abandonné un peu plus de 2%.
Evolution a bondi d’environ 7%, le spécialiste suédois des casinos en ligne ayant lancé un programme de rachat d’actions de deux milliards d’euros.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les entreprises britanniques ont ralenti leurs embauches et publié moins d’offres d’emploi en avril, ce qui vient s’ajouter aux récents signes de l’impact de la guerre en Iran sur l’économie.
La croissance économique du Japon a été plus élevée qu’attendu au premier trimestre, le PIB ayant progressé de 2,1% en rythme annuel, signe d’un redressement du pays en début d’année avant que le choc énergétique causé par le conflit au Moyen-Orient ne jette une ombre sur les perspectives.
CHANGES
Le dollar s’affermit de 0,21% face à un panier de devises de référence alors que les cambistes évaluent les perspectives de la Fed et l’incertitude au Moyen-Orient.
L’euro recule de 0,52%, à 1,1595 dollar, tandis que la livre sterling s’échange à 1,3393 dollar, en baisse de 0,31%.
Réunis à Paris pour examiner les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient et la volatilité des marchés obligataires mondiaux, les ministres des Finances du G7 sont convenus mardi de la nécessité d’agir pour remédier aux déséquilibres commerciaux dans une économie mondiale fragmentée.
TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans monte de 5,2 points de base, à 4,675%, dans un contexte de craintes inflationnistes.
Celui du Bund allemand de même échéance a fini en hausse de 2,7 points de base, à 3,188%.
Les marchés estiment actuellement à environ 80% la probabilité d’une hausse des taux de la BCE de 25 points de base le mois prochain et anticipent deux autres hausses de cette ampleur d’ici la fin de l’année.
PÉTROLE
Le marché pétrolier est en repli mardi après que Donald Trump a suspendu ses projets de frappes contre l’Iran. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, de son côté a annoncé prolonger de 30 jours une dérogation aux sanctions afin de permettre aux pays « vulnérables sur le plan énergétique » de continuer à acheter du pétrole russe transporté par voie maritime.
Le Brent reflue de 1,22% à 110,74 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 0,41% à 108,21 dollars, après avoir atteint lundi leurs plus hauts niveaux depuis respectivement le 5 mai et le 30 avril.
A SUIVRE MERCREDI :
LA SITUATION SUR LES MARCHÉS
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)
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