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L’Europe finit en nette baisse, les affrontements USA-Iran jettent un froid

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par Diana Mandia

8 mai (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse vendredi, la recrudescence des tensions dans le détroit d’Ormuz faisant craindre une reprise du conflit et plongeant les investisseurs dans l’incertitude quant aux perspectives d’un accord de paix durable au Moyen-Orient.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,09% à 8.112,57 points. Le Footsie britannique a abandonné 0,43% et le Dax allemand a perdu 1,44%.

L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 1,14%, le FTSEurofirst 300 de 0,78% et le Stoxx 600 de 0,77%.

Sur la semaine, le CAC 40 a perdu 0,02% et le Stoxx a grappillé 0,02%.

L’armée américaine et l’armée iranienne se sont réciproquement accusées d’avoir enfreint leur trêve au cours des dernières heures, Washington ayant lancé des frappes de « représailles » contre des cibles en Iran en réponse à ce qu’il a dénoncé comme une attaque contre des navires de guerre américains ​dans le détroit d’Ormuz.

L’agence iranienne Fars News fait par ‌ailleurs état « d’affrontements sporadiques » depuis une heure environ entre les forces armées iraniennes et des bâtiments américains dans le détroit d’Ormuz, ce qui a encore ​accru l’aversion au risque des investisseurs vers la clôture de la ⁠séance boursière.

La séance s’achève en Europe sur de grandes incertitudes. Le président américain Donald Trump a affirmé que la trêve entre Washington et Iran, annoncée il y a un mois, est ‌toujours en vigueur, et le secrétaire d’État Marco Rubio a dit ‌vendredi que les États-Unis espèrent recevoir dans la journée une réponse de l’Iran à leur dernière proposition visant à mettre fin au conflit.

Contrairement aux marchés américains, les Bourses européennes restent extrêmement sensibles à l’actualité géopolitique, la région étant très dépendante des importations énergétiques, ce qui suscite des inquiétudes quant à l’évolution des prix et de la croissance économique.

Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a mis en garde jeudi contre le risque croissant d’une inflation élevée, ajoutant qu’il faudrait relever les taux d’intérêt si la ​crise énergétique venait à s’étendre.

VALEURS

À Paris, Stellantis a pris 1,69% après avoir annoncé son intention d’étendre son partenariat avec le chinois Leapmotor en Espagne, reléguant au second plan les nouvelles inquiétudes commerciales et les perspectives peu réjouissantes de Toyota, premier constructeur automobile mondial.

IAG a perdu 2,83%, le propriétaire de British Airways ayant annoncé vendredi que son bénéfice annuel serait inférieur aux prévisions en raison de la flambée des coûts du kérosène et les perturbations de l’approvisionnement.

À Milan, le fabricant italien de pneus Pirelli a gagné 1,38% à la faveur d’un léger relèvement de sa prévision de chiffre d’affaires pour cette année.

La quasi-totalité des secteurs du Stoxx 600 ont clôturé dans le rouge, et le secteur de la défense a été particulièrement touché (-3,79%), entraîné par Rheinmetall (-9,9%), après que JP Morgan a abaissé sa recommandation sur le titre. Les résultats publiés par le groupe allemand de défense avaient déjà pesé sur le cours jeudi.

A WALL STREET

À l’heure de ⁠la clôture en Europe, le Dow Jones est en légère hausse(+0,1%), le Standard & Poor’s 500 gagne 0,79% et le Nasdaq Composite avance de 1,39%, ces deux derniers indices touchant à nouveau des niveaux records vendredi.

Les valeurs du secteur des semi-conducteurs rebondissent après les pertes enregistrées jeudi, Qualcomm grimpant de ⁠11% et Nvidia progressant de 2,2%.

LES INDICATEURS DU JOUR

L’économie américaine a créé plus d’emplois que prévu en avril et le taux de chômage est resté stable à 4,3%, ce qui renforce les anticipations selon lesquelles la Réserve fédérale (Fed) maintiendra ses taux d’intérêt inchangés pendant un certain temps.

Le rapport fait toutefois état de certaines tensions, notamment en raison de la forte augmentation du nombre de personnes travaillant à temps partiel, qui a bondi de 445.000 le mois dernier pour atteindre 4,9 millions.

« L’enquête auprès des entreprises tend à montrer une stabilisation mais l’enquête auprès des ménages est mauvaise », souligne Bastien Drut, responsable stratégie et analyse de CPRAM, ajoutant qu’il s’agit du quatrième mois consécutif de baisse du nombre de personnes se disant employées et notant la hausse du taux de sous-emploi).

« Le fait que le doute soit permis sur la direction du marché du travail est un argument pour ⁠que la Fed ‌campe sur son statu quo un bon moment », dit-il.

Le moral des ménages américains a par ailleurs atteint en mai son plus bas niveau jamais enregistré, la hausse des prix de l’essence affectant le pouvoir d’achat des ⁠consommateurs, montrent les données préliminaires de l’enquête mensuelle de l’université du Michigan publiées ce vendredi.

Dans la zone euro, les exportations allemandes ont, contre toute attente, augmenté en mars, de 0,5% par rapport au ​mois précédent, selon les données de l’Office ​fédéral de la statistique publiées vendredi, tandis que la production industrielle a enregistré un recul surprise au cours du même mois.

CHANGES

Le dollar recule vendredi (-0,15%) face à un panier de devises de référence et est en passe d’enregistrer une deuxième baisse hebdomadaire consécutive, les investisseurs restant prudemment optimistes quant ​à une issue du conflit au Moyen-Orient malgré le récent regain de tension.

Le yen reste par ailleurs au centre de l’attention après que, selon certaines sources, le Japon est intervenu sur les marchés des changes début mai pour enrayer la chute de la devise nippone.

L’euro gagne 0,40% à 1,1773 dollar.

La livre sterling s’apprécie quant à elle de 0,53% face au dollar, soutenue par la promesse ‌de Keir Starmer de rester Premier ministre britannique malgré la défaite électorale ​de son parti aux élections locales.

TAUX

Les rendements obligataires de la zone euro ont fini sur de faibles variations vendredi, les investisseurs suivant de près l’impact de la reprise des affrontements entre les États-Unis et l’Iran sur les perspectives.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a gagné ​0,8 point de base à 3,0059%. Celui de l’obligation à deux ans a pris 2 points de base à 2,5933%.

Au Royaume-Uni, les rendements du Gilt ont fortement reculé, le Premier ministre travailliste Keir Starmer ayant soulagé le marché en déclarant qu’il ne démissionnerait pas malgré les lourdes défaites essuyées par son parti lors des élections locales.

Le rendement du Gilt à 30 ans, qui avait atteint cette semaine son plus haut niveau depuis 1998 en raison des inquiétudes sur un éventuel changement à la tête du gouvernement ou à ses projets d’emprunt, ainsi qu’à l’impact de la guerre en Iran, a perdu vendredi près de 6 points de base à 5,575%.

Son homologue de l’obligation à 10 ans à quant à lui abandonné 3,2 points de base pour finir la séance à 4,911%

Aux Etats-Unis, les rendements des bons du Trésor américain reculent, le rapport sur l’emploi rassurant les investisseurs sur un statu quo de la Fed cette année.

Le rendement des Treasuries à dix ans perd 2,8 points de base à ⁠4,3662% et celui du titre à deux ans perd 2,6 points de base à 3,8929%.

PÉTROLE

Le pétrole connaît une séance hésitante vendredi, tiraillé entre les craintes suscitées par les derniers événements au Moyen-Orient et les déclarations de Donald Trump, qui dit que la trêve reste en vigueur.

Le Brent prend 1,75% à 101,68 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) CLc1 gagne 0,92% à 95,72 dollars.

Le Brent, référence mondiale du marché, s’achemine vers une baisse hebdomadaire d’environ 6% ​après être passé sous la barre des 100 dollars cette semaine pour la première fois depuis le 22 avril, grâce aux espoirs d’un accord de paix imminent.

A ​SUIVRE LE 11 MAI :

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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