Le G20 convient de travailler au projet brésilien d' »impôt sur les milliardaires »
par Marcela Ayres
RIO DE JANEIRO (Reuters) – Les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G20 sont convenus jeudi de travailler ensemble pour faire en sorte que les grandes fortunes soient imposées efficacement, montre un projet de déclaration commune.
La déclaration, qui sera publiée vendredi, cherche à trouver un équilibre entre souveraineté nationale et coopération dans la lutte contre l’évasion fiscale.
« Nous chercherons à coopérer afin de faire en sorte que les individus possédant un patrimoine net très important soient imposés efficacement, tout en respectant la souveraineté en matière d’impôt », est-il dit dans la déclaration, que Reuters a pu consulter.
Le Brésil, qui assure la présidence du G20, a proposé des débats sur la mise en place d’un impôt minimum mondial sur les milliardaires, qui pourrait rapporter 250 milliards de dollars par an. Si cette somme était prélevée, elle n’équivaudrait qu’à 2% des richesses détenues par 3.000 milliardaires.
« Le processus engagé aujourd’hui nécessitera la participation d’universitaires, de chercheurs et d’organisations internationales (…) comme l’OCDE et l’Onu », a déclaré le ministre brésilien des Finances, Fernando Haddad.
Bien qu’ayant montré leur soutien, les participants au sommet ont noté que la mise en place de l’accord serait vraisemblablement difficile.
« Nous savons tous que nous entamons un processus qui est très, très difficile », a déclaré le commissaire européen à l’Economie, Paolo Gentiloni en marge des réunions.
« La première étape sera de travailler à l’échange d’informations entre les différents pays. »
La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a salué l’esprit des discussions, estimant toutefois qu’un impôt mondial sur les milliardaires serait difficile à mettre en oeuvre et que « les pays devraient s’assurer que leurs systèmes d’imposition sont équitables et progressifs ».
(Avec Jan Strupczewski; version française Camille Raynaud)
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