Le FMI appelle le G20 à résister à la tentation protectionniste
par David Lawder
NUSA DUA, Indonésie (Reuters) – La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a mis en garde mardi les dirigeants du G20 contre la tentation de laisser le protectionnisme « prendre racine » et averti qu’une fragmentation de l’économie mondiale en blocs géopolitiques freinerait la croissance.
Dans un discours qu’elle devait prononcer devant les chefs d’Etat et de gouvernement du Groupe des 20 réunis en Indonésie, Kristalina Georgieva a souligné que 345 millions de personnes dans le monde souffraient d’une crise alimentaire provoquée par la guerre en Ukraine, une inflation élevée et des désastres climatiques.
Elle a ajouté que les pays du G20 devaient « permettre au commerce international de faire son travail ».
« La suppression de barrières douanières, notamment pour les produits alimentaires et les engrais, peut faire beaucoup pour soulager la souffrance de centaines de millions de personnes », a-t-elle dit.
« Nous ne devons pas permettre au protectionnisme de prendre racine et au monde de s’acheminer vers des blocs séparés. »
Selon le FMI, la division du monde en « blocs » économiques, avec par exemple d’un côté les Etats-Unis et leurs alliés et d’un autre la Chine et d’autres économies dirigistes, pourrait amputer la croissance annuelle moyenne de l’économie mondiale de 1,5 point de pourcentage.
« Et le prix à payer serait bien plus élevé, deux fois plus élevé ou davantage, pour les économies ouvertes, celles qui dépendent de la coopération internationale », a souligné Kristalina Georgieva.
Cette évolution néfaste peut encore être évitée afin de prévenir « une marche à l’aveuglette vers un monde plus pauvre et moins sûr », a-t-elle poursuivi.
La directrice générale du FMI a aussi renouvelé son appel aux puissances du G20 en faveur d’un allègement de la dette des pays plus pauvres affectés par les retombées de la pandémie de COVID-19, de la guerre en Ukraine et de l’inflation.
(Reportage David Lawder, version française Marc Angrand, édité par Matthieu Protard)
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